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Zones humides : les ornithologues auront à l'œil les oiseaux aujourd'hui


Mardi 15 Janvier 2013


En dépit de la pluie ou de la neige, des centaines d’ornithologues auront aujourd’hui bon pied bon œil dans les zones humides européennes. Jumelles, lunettes ou coups d’œil avertis, ils vont compter les centaines d’oiseaux d’eau qui hivernent près des lacs, des estuaires, des marais... dans toute l’Europe.




Zones humides : les ornithologues auront à l'œil les oiseaux aujourd'hui
C’est une tradition qui a déjà roulé sa bosse. En fait l’initiative a été lancée en 1967 et est coordonnée par l’association Wetlands International installée aux Pays-Bas. Wetlands pour zones humides en Anglais. Chaque année, des milliers d'ornithologues font le pied de grue dans les zones humides. Ils comptent et recomptent les oiseaux d'eau qui y trouvent accueil. Sur tous les continents.

Plus de cent espèces d'oiseaux d'eau seront observées en Europe

Les cormorans, les hérons, les aigrettes... les ornithologues s'attachent à compter toutes les espèces d'oiseaux d'eau ©V.B
Les cormorans, les hérons, les aigrettes... les ornithologues s'attachent à compter toutes les espèces d'oiseaux d'eau ©V.B
Ces comptages permettent de suivre les populations de ces oiseaux migrateurs sur court, moyen et long terme. Et de tirer des analyses sur leur état de conservation par le grand bout de la lorgnette. L’opération est appelée dénombrement international des oiseaux d’eau hivernants dans les zones humides (comptage Wetlands International). Elle se déroule chaque année à ma mi-janvier en Europe.

La Convention de Ramsar, signée en 1971 par 163 pays, définit une zone humide comme d’importance internationale si elle dépasse un seuil de 20 000 oiseaux d’eau dénombrés chaque année lors de ce comptage.

Au tout début de son histoire, les ornithologues ne se sont intéressés qu’aux canards, aux foulques et aux oies. Très vite, leurs observations se sont ouvertes aux autres oiseaux d’eau : les limicoles, les grèbes, les cormorans, les ardéidés (hérons, aigrettes), les grues, les cigognes, les laridés (goélands, mouettes)… Pas moins d’une centaine d’espèces sont désormais concernées.

En France, c’est la Lpo qui organise ce suivi depuis 1987. La Ligue de protection des oiseaux gère ou cogère plus de 21 000 hectares dont plus de 10 000 ha de zones humides classées réserves naturelles. L’association compte sur plus de mille personnes membres, bénévoles pour la plupart, d’ong pour assurer ce comptage.

La réserve de la baie d’Aiguillon accueille près de 90 000 oiseaux chaque hiver

Plus d'un million de canards ont été observés l'an dernier ©V.B
Plus d'un million de canards ont été observés l'an dernier ©V.B
« En 2012 en France, c’est donc 1,3 million de canards et de foulques ainsi que près de 900 000 limicoles qui étaient dénombrés. Soit une légère tendance à l’augmentation sur les dernières années notamment grâce à la mise en réserve des zones de repos et de nourrissage (Moëze, Ré, cours du Rhin etc.), explique la LPO à la veille du comptage. Toutefois, si le nombre global des anatidés augmente certaines populations, telles que les canards marins et plongeurs (la Macreuse brune, le Fuligule milouinan et le Fuligule morillon), marquent un très sérieux recul en France (-60% sur les 12 dernières années) probablement dû aux changements climatiques qui affecteraient leur succès reproducteur et les obligeraient à nicher beaucoup plus au Nord. »

Et l’association de préciser : « Les oiseaux d’eau qui hivernent en France proviennent de toute la voie dite de migration « Est-Atlantique » qui draine les populations d’oiseaux de l’Arctique sibérien à l’Afrique tropicale. »

La France abrite 35 sites où au moins 20 000 oiseaux d’eau trouvent refuge en hiver. Parmi ces trente-cinq sites, 25 sont classés zones humides. Les réserves de la baie d’Aiguillon ou de Moëze-Oléron, que cogèrent la Lpo et l’Oncfs, accueillent près de 90 000 oiseaux chaque hiver. Les ornithologues vont devoir travailler d’arrache-pied pour garder un œil de lynx sur ces populations !

Virginie Bhat


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