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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Union européenne : les vautours ne mourront plus de faim


Lundi 14 Mars 2011


L’Union européenne ne veut pas la mort de ses rapaces nécrophages. Aussi a-t-elle maintenu, et assoupli même, sa législation sur les placettes de nourrissage destinées à ces oiseaux-là. En France, le gypaète barbu, le vautour moine, le vautour percnoptère, le vautour fauve, le milan noir, le milan royal, ainsi que l’aigle royal et le pygargue à queue blanche vont en profiter. Pour autant, l'UE ne permet pas tout et n’importe quoi.




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L’Union européenne est donc revenue sur sa législation sur les placettes de nourrissage destinées à ces oiseaux-là. Elle les autorise toujours et les a même ouvertes à d'autres espèces. Pour autant, elle ne donne pas quitus à tout, mais encadre leur développement. Ainsi dans le règlement No 142/2011 de la Commission du 25 février dernier, elle liste les pays autorisés à poursuivre le ravitaillement de ces placettes d’équarrissage et les rapaces concernés, menacés d’extinction et protégés.

La Bulgarie, Chypre, la Grèce, l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal peuvent donc entretenir des placettes de nourrissage à partir d’animaux d’élevage. En France, ce sont le gypaète barbu, le vautour moine, le vautour percnoptère, le vautour fauve, le milan noir, le milan royal, ainsi que l’aigle royal et le pygargue à queue blanche qui bénéficient de cette autorisation. L’aigle royal et le pygargue à queue blanche sont deux espèces ajoutées aux listes antérieures. En Espagne, la liste est quasi identique à l’exception du pygargue à queue blanche qui ne niche pas dans ce pays. Par contre, la liste espagnole a été ouverte à l’aigle ibérique, en voie de disparition aussi.

Les pays membres de l’UE peuvent aussi instaurer des placettes pour des carnivores ou une des espèces appartenant à l’ordre des falconiformes (faucons et caracaras) ou des strigiformes (effraies) dans des zones spéciales de conservation créées. Enfin les pays peuvent autoriser l’utilisation de cadavres entiers ou parties d’animaux morts en dehors de placettes de nourrissage. Dans des conditions bien précises, dont en l’absence de collecte préalable des animaux morts. Une mesure qui tient compte là de la difficulté de l’équarrissage en haute montagne. Placettes ou pas, le nourrissage des espèces concernées restera sous étroite surveillance sanitaire. Spectre de la vache folle oblige.

Car c’est la crise de la vache folle qui a rendu l’équarrissage obligatoire dans toute l’Union européenne la décennie dernière. Une obligation qui avait affamé les vautours en Aragon et en Navarre, outre Pyrénées. « En 2003-2005, l’Aragon disposait d’environ 200 charniers qui apportaient 10 tonnes de produits carnés par jour, à plus de 5 000 couples de vautours fauves, rappelle la LPO qui se félicite du retour vers l'équarrissage naturel pour ces rapaces. Après la fermeture de près de 180 d’entre eux, les installations restantes ne satisfaisaient plus que10 % des besoins alimentaires de ces oiseaux. Conséquences : une très nette diminution du nombre de couples reproducteurs (chute de 30 à 40 % de 2002 à 2007) et du succès de la reproduction (baisse de 25 à 40 % de 2006 à 2007), et la dispersion des colonies, notamment sur notre territoire. »

Le versent nord des Pyrénées se souvient encore de la migration des vautours fauves espagnols et la peur qu’elle avait distillé dans les estives. Les rapaces étaient alors accusés de s’abattre affamés sur les ovins, bovins et équidés encore vivants.

Et l’association de préciser : « En France, en jouant le rôle d’équarrisseur naturel, ces oiseaux génèrent une économie de plus de 440 000 euros par an et permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en évitant le transport des carcasses domestiques vers des usines de traitement. En recyclant les animaux morts, ils réduisent les risques d’émergence et de dispersion de souches pathogènes. » Sans oublier leur rôle économique : « Ils contribuent également au développement des territoires ruraux et montagnards par la création de produits et de structures touristiques qui génèrent des emplois locaux et des retombées financières estimées à plusieurs dizaines de millions d'euros. » Une allusion sans doute à l’éco-tourisme.

Virginie Bhat


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