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Uhabia : les anguilles fileront par la petite porte (3/3)


Samedi 3 Décembre 2011


Pour respecter leur patrimoine naturel, les collectivités ont donc dû composer avec l’anguille. Plus question d’entraver sa libre circulation dans l’Uhabia. Encore moins lorsque civelle, elle quitte les eaux salées pour remonter l’embouchure du fleuve. Ou lorsque anguille argentée elle quitte les eaux douces pour regagner la mer des Sargasses.




Les anguilles fileront par les deux passes à poissons prévues sur le côté de la porte à clapet ©DR
Les anguilles fileront par les deux passes à poissons prévues sur le côté de la porte à clapet ©DR
Force à la loi, l'Uhabia doit ménager ses anguilles. C’est la raison pour laquelle la porte à clapet possèdera sur son côté droit deux passes à poissons. Les civelles pourront les emprunter lorsque la porte à clapet se fermera. De la mi-septembre à la mi-mai, cette porte restera toujours ouverte. Aucun impact donc sur les migrations piscicoles. En été, par temps sec, même scenario.

Ce sont les précipitations qui changeront la donne en été. Et leur intensité. « Par temps de pluie d’occurrence inférieur à la pluie mensuelle, la porte se ferme à marée descendante. Le flux de l’Uhabia est alors dirigé vers l’émissaire, explique-t-on dans le dossier de presse sur l’aménagement. L’ouvrage est équipé de grilles empêchant les poissons d’entrer dans le dispositif. » Et pas simplement l’anguille.

L'Uhabia doit rétablir la continuité écologique de son lit

Car, outre cette espèce migratrice, l’Uhabia abrite d’autres poissons, des sédentaires cette fois-ci : muges, goujons, loches franches, truites de rivière, vairons ou des lamproies de planer. Pour ne citer qu’eux. Le patrimoine naturel de l’Uhabia n’a pas encore fait l’objet d’un inventaire exhaustif. Le lit de l’Uhabia ne permet pas toujours à ces espèces de nager librement. Cinq seuils existent qui entravent leur libre circulation. Dans ses actions, le contrat de gestion de bassin a prévu de rétablir la continuité écologique de son cours d’eau. Des passes à poissons et l’effacement des ouvrages sont ainsi évoqués.

Lors de fortes pluies en été, la porte à clapet se fermera. Pour éviter que l’Uhabia ne déborde de son lit, un bassin stockage de 35 000 m3 sera construit en amont, entre la chapelle Ur Onea et la gare - cette dernière est désaffectée depuis longtemps Une vanne s’ouvrira sur ce bassin avant que les eaux de l’Uhabia atteignent le haut de la porte à clapet. Il recueillera ainsi les eaux du fleuve prêtes à inonder la vallée.

Un peu plus tard, l’émissaire permettra au lit de recouvrer son niveau normal. Il rejettera, à débit modéré, le trop-plein d'eau douce, à 500 mètres de la côte basque. Trop-plein chargé d’Eschiria coli et d’entérocopes. A l’océan d'épurer ces eaux douces. La plage de l’Uhabia pourra rester ouverte à la baignade.

« Pour éviter le risque d’inondation, lors de pluies exceptionnelles, la porte est ouverte et la plage est fermée à la baignade de façon préventive » détaille le dossier de presse sur l’aménagement.

La porte à clapet ne résout en rien les problèmes de pollution. Les collectivités en sont bien conscientes. C’est le contrat de gestion de bassin qu’elles ont signé en juillet denier qui doit les attaquer de front. Dossier à suivre.

Virginie Bhat


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