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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Trafic des espèces : les Etats s'attaquent au crime organisé


Mardi 11 Février 2014


Destruction d’ivoire saisi aux Etats-Unis, en Chine, en France... Les Etats multiplient leurs actions contre le trafic des espèces protégées. Un trafic aux mains du crime organisé évalué à 7,22 milliards d’euros chaque année. Demain, Londres accueille le sommet contre le trafic des espèces.




Les rhinocéros sont l'une des espèces emblématiques convoitées par les braconniers
Les rhinocéros sont l'une des espèces emblématiques convoitées par les braconniers
Plus de sept milliards d’euros par an ! Le trafic des espèces animales sauvages rapporte gros. Et il tue. Des animaux et des hommes. Au cours de la dernière décennie, plus de mille gardes de parcs naturels ont laissé leur vie dans le monde. Abattus par des braconniers !

Les braconniers ont tué 22 000 éléphants en 2012

Depuis quelques années, ce trafic ne cesse d’enfler. Entre 2007 et 2012, le braconnage des rhinocéros a été multiplié par 5000%, toute les deux heures, un individu de cette espèce disparait, tué par les trafiquants. Une corne se négocie autour de 40 000 euros le kilo. Elle a aujourd’hui plus de valeur que l’or ou le platine et au marché noir que les diamants ou la cocaïne.

Le tableau est aussi lugubre du côté des éléphants. Leur braconnage a doublé la dernière décade. En 2012 les braconniers en ont abattu pas moins de 22 000. Et le tigre ? 78% des tigres de Sumatra ont disparu braconnés ! Pas simplement pour leurs trophées mais leurs os qui se négocient autour de 900 euros le kilo !

Rhinocéros, éléphants ou tigres sont les espèces emblématiques de cette hécatombe organisée, parties émergées de l’iceberg. Car il y a toutes les autres. En fait, selon l’organisation Traffic (1), chaque année le commerce illicite s’empare de 500 à 600 millions de poissons tropicaux, 15 millions d’animaux à fourrures, 5 millions d’oiseaux, 2 millions de reptiles et 30 000 primates. Un gouffre !


La France vient de détruire six tonnes d'ivoire saisi

Alors depuis quelques mois, les Etats ont décidé de mettre les bouchées doubles pour lutter contre ce fléau aux mains du crime organisé. Demain, Londres accueille une conférence internationale sur le trafic des espèces sauvages pour organiser une riposte internationale à un commerce qui dépasse toutes les frontières.

Les pays qui y participeront se focaliseront sur les trois espèces que sont l’éléphant, le rhinocéros et le tigre. Leurs représentants s’attaqueront à trois thèmes indissociables du trafic : renforcement des sanctions et du système judiciaire, réduction de la demande, aide au développement durable des communautés directement affectés par ce commerce souterrain.


De leur côté, les Etats-Unis, puis la Chine et la France, demain Hong-Kong, ont détruit en grandes pompes de l’ivoire saisi. La France a annoncé qu’elle renforceraient ses moyens de répression sur son territoire : relèvement du montant des amendes, extension des pouvoirs des officiers de police judiciaire, recours accru aux juridictions interrégionales spécialisées. Au niveau international : une coordination renforcée des services et ministères chargés de la mise en œuvre de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore menacées d’extinction) et enfin la définition de lignes directrices pour le devenir de l’ivoire confisqué.

L’Union européenne n’a pas été en reste. La semaine dernière, la Commission a annoncé qu’elle lançait une consultation publique (2) sur la manière dont l’UE pourrait lutter plus efficacement contre le trafic des espèces sauvages. Elle veut ainsi « recueillir le point de vue des citoyens sur dix questions liées au trafic des espèces sauvages, dont notamment l’adéquation du cadre actuel, les instruments qui pourraient renforcer les efforts consentis pour faire face au problème, la manière dont l’UE en particulier peut contribuer à cette lutte, en améliorant ses connaissances et les données à sa disposition, ainsi que la possibilité de renforcer les sanctions. »

Le trafic des espèces sauvages alimente des groupes de miliciens en Afrique centrale

Les pays destinataires du trafic ou corridors de passage entendent donc durcir les sanctions sur leurs territoires. Dans les pays où la biodiversité est pillée, la lutte s’organise aussi. Mais dans les grandes étendues africaines, dans les forêts asiatiques, pas facile d’avoir un œil à tout. Les pays occidentaux leur donnent un coup de pouce financier – L’Union européenne a engagé plus de 500 millions euros en faveur de la conservation de la biodiversité au cours des 30 dernières années, la valeur de son portefeuille de projets en cours s'établissant à quelque 160 millions euros.

Le trafic des espèces sauvages inquiète. Non seulement parce qu’il puise dans la biodiversité qui s’éteint mais qu’il menace aujourd’hui la stabilité et la sécurité politique de certaines régions. « Le trafic des espèces sauvages prive de nombreuses populations parmi les plus marginalisées au monde, notamment les communautés autochtones, d'importantes possibilités de s'assurer des moyens de subsistance durables, a expliqué la Commission lorsqu’elle a présenté sa consultation. Les liens entre ce trafic et la corruption et les flux financiers illégaux, par exemple à travers le blanchiment de capitaux, portent atteinte à l’État de droit et nuisent à la bonne gouvernance. Il en résulte également une instabilité régionale en Afrique centrale, où des groupes de miliciens utilisent les recettes tirées du trafic des espèces sauvages pour financer leurs activités. »



(1) programme conjoint UICN/WWF de surveillance du commerce des espèces sauvages

(2) Les réponses peuvent être envoyées jusqu’au 10 avril 2014 sur http://ec.europa.eu/yourvoice/

Virginie Bhat


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