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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Tourne, tournepierre...


Mardi 27 Janvier 2015


Tourne et roule ma pierre... Par petite bande, à petits pas serrés, il écume les littoraux de l'Altantique. C'est le tournepierre à collier.




On compterait quelque 6000 tournepierres à collier hivernant sur les côtes françaises ©V.B.
On compterait quelque 6000 tournepierres à collier hivernant sur les côtes françaises ©V.B.
Dans le vent, ses courtes pattes orange accélèrent le pas. Le bec noir collé au sol, son corps dodu se presse d'un grain de sable à un autre, d'une herbe à une autre, d'un galet à un autre. C'est par petite bande que le tournepierre à collier avance sur le littoral basque, se nourrit, boit... bref vit. Et il ne faut pas chercher bien loin pour savoir pourquoi ce petit limicole porte si bien son nom.

Nidifuge, l'oisillon tournepierre à collier est capable de se nourrir seul dès l'éclosion de l'œuf

Le tournepierre à collier sait être opportuniste et trouve sa nourriture parmi les herbes ©V.B.
Le tournepierre à collier sait être opportuniste et trouve sa nourriture parmi les herbes ©V.B.
Sur la grève, le tournepierre tourne les pierres. Il les tourne pour trouver cachés sous elles les petits organismes marins dont il se nourrira : mollusques, crustacés et vers. Pas si bête l'oiseau poids plume : il pèse à peine cent grammes adulte. 23 centimètres de haut, 47 centimètres d'envergure.

Le dos strié ou moucheté, le ventre rondelet et blanc, il hiverne en France sur les côtes de l'Atlantique et les estuaires. Ce grand migrateur peut aller jusqu'à la pointe de l'Afrique pour passer les mauvais jours. On en compterait quelque six mille individus sur notre littoral. Et même s'il fréquente surtout la Bretagne, quelques bandes écument la côte basque. Les promeneurs les remarquent qui en vols serrés et petits pas, arpentent les plages, les digues, les rochers effleurant à marée base. Voire l'herbe où elles trouvent graines, insectes et larves.

Aux beaux jours, l'espèce regagne ses terres arctiques. Toujours les mêmes : les couples y sont fidèles. Dans l'herbe de la toundra ou à même le sol rocheux, la femelle y gratte son nid. A peine un creux garni de végétaux pour que ses quatre œufs y trouvent leurs assises. Trois semaines après le début de la couvaison, les oisillons sortent de leur coquille. Nidifuges (1), il leur faudra à peine vingt jours pour prendre leur envol.


(1) A l'encontre des oiseaux nidicoles, les oiseaux nidifuges mettent au monde des jeunes couverts de duvet et capables de quitter le nid dès que leurs œufs ont éclos. Ces oisillons sont capables de se nourrir seuls. Leurs parents peuvent leur donner un coup de main s'ils ont du mal à trouver leur alimentation..

Virginie Bhat


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