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Thon rouge : RAS


Dimanche 28 Novembre 2010


Dès 2011, seules 12900 tonnes de thon rouge pourront être prélevées dans l'océan Atlantique Est qui inclut la mer Méditerranée. Un quota de capture adopté par la Commission internationale pour les thonidés de l'Atlantique la semaine dernière à Paris. Il répond ainsi au souhait émis par le gouvernement français. Si cette décision satisfait le Comité français national des pêches, elle provoque l'indignation des ong de protection des océans.




Un thon rouge en cage d'engraissement ©Oceana/Keith Ellenbogen
Un thon rouge en cage d'engraissement ©Oceana/Keith Ellenbogen
Décision politique et non scientifique, c’est ainsi qu’Oceana juge le quota de pêche au thon rouge en Atlantique Est finalement adopté par l’Iccat cette semaine à Paris. La Commission internationale pour les thonidés de l’Atlantique a accepté une réduction globale de 4% pour l’amener à 12900 tonnes annuelles dès 2011. Un quota très proche du souhait du ministre de l’Agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire.

La réaction de Greenpeace ne s’est pas faite attendre : « Un résultat déplorable dans la mesure où ce chiffre ne laisse qu’environ 30 % de chance au stock de se reconstituer d’ici à 2020, alors que la communauté internationale s’est engagée à ce que tous les stocks de poissons soient exploités de façon durable à cette date, lors de la Convention internationale sur la biodiversité de Nagoya » a déclaré l’ong dans un communiqué le jour de la clôture de la réunion.

L'accord conclu à Paris redistribue légèrement aussi les quotas entre les pays pêcheurs, en particulier entre l'Algérie, la Libye, la Turquie et l'Egypte. Par contre, celui de l’Union européenne, réparti surtout entre la France, l'Espagne et l'Italie, est quasi épargné, avec 56% du quota global.

« Il est clair que les pays ne sont pas venus à Paris disposés à préserver les espèces dont ils sont responsables, a déclaré le scientifique Michael Hirshfield à la tête de la délégation d’Oceana lors de cette 17 réunion de l’Iccat. Alors que le monde regardait, l’Iccat a dit je ne peux pas. »

L’ong reproche en outre à l’Iccat son incapacité à empêcher les thons destinés à être engraissés d’être prélevés dans leurs zones de frayères, à gérer l’espadon en Méditerranée, ou protéger les requins à moins qu’ils ne soient proches de l’extinction.

L’Iccat jusqu’ici protégeait une seule espèce de requins. La commission a en fait décidé d’étendre son aile protectrice sur sept nouvelles espèces : dont le requin océanique, le requin marteau et le requin mako. Il était sans doute temps : selon un récent rapport d’Oceana, plus de 1,3 million de requins migrateurs ont été capturés en 2008 dans les eaux de l’Atlantique, sans gestion internationale de leur pêche. Un chiffre qui pourrait être sous-estimé. Des scientifiques qui ont travaillé sur les statistiques du commerce des ailerons à Hongkong estiment que ce chiffre pourrait être triplé ! Les requins sont victimes de surpêche pour leurs seuls ailerons. Le reste de leur chair intègre très peu les autres chaines alimentaires.

Il est quand même un thème sur lequel les ong ont félicité l’Iccat : la protection des tortues marines. Entre autres mesures, elle demande que les pêcheurs désormais rapportent les prises accidentelles de ces animaux. Pour l’heure les statistiques naviguent sur des estimations. Entre 250 000 et 350 000 tortues chaque année s'emmêlent dans les mailles des filets de pêche dans l’océan Atlantique et en mer Méditerranée.

Ester Gran


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