xoriburu.info
Ecosystèmes

Sable angloy : des grains de discorde


Jeudi 14 Mars 2013


Chaque année, les plages d'Anglet perdent des milliards de grains de sable. Chaque année, les collectivités locales les renflouent de sable dragué à l'estuaire de l'Adour. Mais voici qu'un grain de sable semble menacer l'édifice : la vente du sable dragué à des entreprises. Deux bloggeurs angloys opposés mettent leur grain de sel.




Chaque année, des milliards de grains de sable quittent les plage angloyes ©V.B
Chaque année, des milliards de grains de sable quittent les plage angloyes ©V.B
« A trois mètres du bord, nous n’avons plus pied. Les rouleaux se brisent sur la plage, en shore break, et menacent les baigneurs les plus petits. Les surfeurs ne surfent plus tout au long de la journée et les écoles de surf ne proposent leurs cours à Anglet qu’à marée basse... Nous voulons simplement défendre nos plages. »

Depuis quelques mois, Aymeric Bayle et Pascal Dunoyer sont vent debout. Leur bête noire : un arrêté qui autorise le stockage à terre de 80 000 m3 de sable dragué dans le port de Bayonne. « Ce sable appartient aux plages d’Anglet, dénoncent les deux bloggeurs angloys qui ont lancé leur site SOS Littoral Angloy. Or, la Chambre de commerce et d’industrie de Bayonne qui gère le port a envisagé de le vendre ! »

Un arrêté de juin 1012 autorise le stockage à terre de 80 000 m3 de sable dragué

Les épis construits dans les années 1970 limitent l'érosion des plages ©.V.B
Les épis construits dans les années 1970 limitent l'érosion des plages ©.V.B
Deux fois par an, une drague vient enlever le sable qui s’est accumulé au fil des marées à l’embouchure de l’Adour et le largue (le clape) au large et le long du littoral angloy. Les plages de la Chambre d’Amour, des Sables d’or... que l’érosion marine menace récupèrent ainsi un peu de matière.

C’est un arrêté de 2004, conjoint des préfectures des Pyrénées-Atlantiques et des Landes, qui réglemente ce dragage. Mais voici qu’en juin 2012, les autorités publiques ont pris un nouvel arrêté modificatif. Elles ont autorisé le stockage à terre de 80 0003 maximum des ces stables dans un bassin de stockage/décantation. 80 000 m3 susceptibles d’être vendus, s’inquiètent Aymeric Bayle et Pascal Dunoyer même si la CCI avait annoncé en janvier dernier qu’aucun sable ne serait finalement stocké. Question de coût.

« L’arrêté de 2004 a été pris pour une période de dix ans renouvelable. L’année prochaine il pourrait donc être revu. Autoriser le stockage et la vente de 10% des sables dragués est déjà un pied à l’étrier, dénoncent les deux angloys. Qui nous dit que l’an prochain ils ne vont pas l’augmenter ? Nous devons nous mobiliser aujourd’hui pour l’éviter. Nous interpellons la mairie d’Anglet pour qu’elle manifeste fermement son opposition. Les contribuables angloys paient pour lutter contre l’érosion de leurs plages ! Leur sable ne peut pas être vendu. »

Voilà dix jours les deux bloggeurs ont lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 1300 signatures à ce jour.

Le clapage côtier renfloue les plages de leur sable perdu

La digue du Boucau a été construite en 1966 ©V.B
La digue du Boucau a été construite en 1966 ©V.B
« C’est en 1896 que le dragage a commencé, explique Aymeric Bayle. En 1966, la digue du Boucau est construite et les courants locaux s’inversent. Lors des grosses marées sud nord, les sables remontent le long du littoral et s’accumulent devant l’estuaire de l’Adour.  »

Et d’expliquer qu’en 1974, l’Etat décide de ramener le sable dragué vers les plages et de construire les épis entre les plages pour mieux les stabiliser. « Les plages ont retrouvé un visage correct jusqu’en 1990. Mais le port qui possédait une drague a dû s’en défaire : elle était trop vieille. Il a fait alors appel à des dragues extérieures qui opèrent deux fois par an. Si dans les années 1980, 80 à 90% du sable dragué était largué à la côte, la décennie suivante à peine 10% à 20% le seront !  »

Puis en 2004, la ville d’Anglet renonce au clapage côtier. Résultats : « cinq ans plus tard des bouts de digues sont emportés les vagues rappelle Aymeric Bayle ! On remet en place le clapage côtier alors. Sur quelque 500 000 m3 de sables dragués, 200 000 sont lâchés le long du littoral angloy ! Le reste est largué au large ! Et aujourd’hui, une partie de ce sable pourrait faire l’objet d’activités commerciales ! Nous voulons sauver nos plages et garder leur sable.  »

Virginie Bhat


Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

Abandons : We are the champions

Les années passent et rien ne change : les abandons de chiens, chats, lapins... flirtent toujours les 100 000. La fondation 30 millions d'amis repart en campagne cet été dans une vidéo marquée par la célèbre chanson de Queen, We are the champions.

21/06/2019





Partager votre site


La puce à l'oreille
12/07/2019

Isolation à 1 euro, c'est peut-être l'anarque

Isoler son logement pour un euro ? C'est l'un des mirages que proposent des sociétés de démarchage téléphonique. Attention à l'arnaque prévient le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques en des termes plus jolis. Et ces sociétés n'hésitent pas à se dire mandatées par le Département... « Face à ces pratiques commerciales trompeuses, voire agressives, le Département invite ainsi les propriétaires à prendre le temps avant de s’engager ou de signer des contrats. Certaines isolations employées sont loin d’être efficaces et peuvent s’avérer dangereuses pour vous et votre logement. » Mieux vaut contacter la Mission Habitat du Conseil pour toute information et conseil au 05.59.11.44.23 ou les Espaces Info Energie Béarn (05.59.14.60.64) et Pays Basque (05.59.46.31.60).


On marche sur la tête !

La recherche agro-alimentaire n'a pas renoncé aux vaches à hublot

Ce sont encore des images choc que l'association L214 Ethique et Animaux a dévoilées ce matin. Vaches, le corps perforé, veaux enfermés dans des box exigus, poulets trop gros pour marcher... Cette fois-ci, la caméra plonge dans les excès d'un centre de recherche nutritionnelle pour l'élevage.



Recherche

La côte basque en images


Inscription à la newsletter

Téléchargement