xoriburu.info
Les animaux entre ciel et terres sauvages

Rhinocéros : après l'Asie le trafic sévit en Afrique


Mercredi 16 Janvier 2013


Le Vietnam avait perdu son dernier rhinocéros de Java tué par des braconniers en 2010. Cette sous espèce est désormais éteinte. L'Indonésie n'accueillerait plus que 35 à 45 rhinocéros de Java. Frappée par le braconnage, l'Asie a perdu de nombreuses populations de ces animaux à une corne. C'est désormais l'Afrique que le crime organisé vise selon le dernier rapport sur les rhinocéros demandé par la Cites avant sa 16e conférence des parties en mars prochain. Second et dernier zoom sur ce trafic.




Le crime organisé s'attaque de plus belle aux rhinocéros africains ©Jean-Christophe Vié
Le crime organisé s'attaque de plus belle aux rhinocéros africains ©Jean-Christophe Vié
Les conclusions du rapport sont alarmantes, explique Tom Milliken, spécialiste des rhinocéros au sein d’organisation Trafic. Aujourd’hui, le braconnage et le commerce illégal des cornes sont à leurs plus hauts niveaux de ces vingt dernières années et menacent de renverser les années d’efforts pour la conservation de ces espèces, particulièrement en Afrique. Il n’ya a aucun doute que les rhinocéros affrontent une sérieuse crise. »

D’après le rapport sur les rhinocéros publié par la Cites avant sa 16e conférence des parties à Bangkok en mars prochain, les braconniers ont tué au moins 1997 rhinocéros entre 2006 et septembre 2012 et plus de 4000 cornes de rhinocéros ont été exportées illégalement d’Afrique depuis 2009. Les experts estiment que 92% de ces cornes proviennent de rhinocéros tués à cette fin.

Des pseudo chasseurs de trophées aliment le marché noir des cornes de rhinocéros

Ce marché est sans aucun doute aux mains du crime organisé, relèvent les auteurs du rapport. Un crime qui s’appuie sur des réseaux très mobiles et financièrement puissants. Ces groupes criminels seraient composés d’expatriés asiatiques installés en Afrique. Ils recruteraient sur tous les continents des hommes ou des femmes, du Vietnam, de Thaïlande voire d’Europe de l’Est, pour venir en Afrique sous prétexte de chasses au trophée. Des chasses autorisées, mais soumises à des quotas d’animaux tués à la clef.

Normalement les chasseurs ne peuvent revendre leurs trophées que sont devenues les cornes des rhinocéros abattus lors des chasses. SI ce n’est que là les pseudo chasseurs refilent leurs cornes à leurs recruteurs. Cette pratique devenait si menaçante que l’Afrique du Sud a décidé l’an dernier d’empêcher les personnes de nationalité vietnamienne d’obtenir des permis de chasse. La décision a bien porté un coup d’arrêt à ces prétendues chasses aux trophées. Pour autant, des progrès restent à faire sur le contrôle de l’identité des chasseurs, soulève le rapport.

Le dernier rhinocéros au Vietnam tué par des braconniers en 2010

Le trafic de cornes de rhinocéros a vidé l'Asie de ces mammifères ©Simon Milledge/Traffic
Le trafic de cornes de rhinocéros a vidé l'Asie de ces mammifères ©Simon Milledge/Traffic
Avant de sévir en Afrique, les trafiquants avaient investi l’Asie. Avec succès puisque le braconnage a tué le dernier rhinocéros de Java, de la sous-espèce Rhinocéros sondaicus annamiticus, au Vietnam en 2010. Son cadavre avait été découvert sans corne ! Le continent asiatique accueille encore quelques rhinocéros sur ses territoires. Au Népal et en Inde, les autorités ont pris des mesures de conservation du grand rhinocéros à une corne qui commencent à porter leurs fruits. Mais la situation du rhinocéros de Sumatra et d’Indonésie est alarmante. Il ne resterait qu’environ 35 à 45 rhinocéros de Java confinés dans un parc en Indonésie ! Les auteurs du rapport appellent à renforcer les mesures de protection de ces deux espèces afin d’éviter leur extinction.

« Le commerce des cornes de rhinocéros est un problème global qui doit être pris en main par la communauté internationale, souligne Richard Emslie, membre du groupe spécialiste Rhinocéros africain au sein de l’Uicn SS. Elle doit faire pression sur ces pays qui conduisent le commerce des cornes de rhinocéros et ceux qui ont une législation sur la faune sauvage inadaptée comme le Mozambique. Le braconnage croissant a des effets négatifs sur les budgets et les incitations à la conservation des rhinocéros et menace la reconstitution de leur population. »

Virginie Bhat


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 17:07 Des hirondelles survolent le lac Mouriscot


Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

1 031 773 signatures contre les cages à poules

Une initiative citoyenne européenne lancée contre les cages en élevage a mobilisé jusqu'à ce jour plus d'un million de personnes. De quoi bientôt saisir l'Union européenne pour lui demander d'y mettre fin. Le Brexit menaçant, le Royaume Uni en a été écarté.

04/06/2019





Partager votre site



Recherche

La côte basque en images

La puce à l'oreille
30/05/2019

Coup de filet chez les pilleurs d'oiseaux

Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ont réalisé un joli coup de filet les 2 et 4 avril derniers dans le Nord : 21 verdiers d'Europe, 18 chardonnerets élégants, 12 linottes mélodieuses 10 sizerins flammés, 20 tarins des aulnes, 23 pinsons des arbres, 3 pinsons du Nord et 4 moineaux domestiques. Les 112 passereaux sauvages avaient été placés sous les barreaux par des particuliers peu scrupuleux qui n'avaient rien trouvé mieux que se servir chez dame Nature pour satisfaire leur soif d'euros. Ces oiseaux sont de fait le sujet d'un trafic bien organisé qui ira les exhiber dans des concours de chant ou de beauté « qui se déroulent principalement en Belgique. Les oiseaux, même ceux nés et élevés en captivité - dont la réglementation est plus souple - se reproduisent très mal. Le taux de survie est médiocre : au maximum 4 à 5 ans. D’où un turn over important. Les oiseaux sauvages capturés en nature alimentent toute la filière », explique l'ONCFS. Le trafic est juteux : 70 euros pour un chardonneret capturé dans son milieu. Le collectionneur doublera, voire triplera, la mise pour l'oiseau blanchi, avec une fausse bague homologuée. « Certains croisements permettent d’obtenir des spécimens très recherchés pour la qualité de leur chant ou pour leurs mutations. Les oiseaux « mutés » sont revendus entre 400 et 600 euros pièce pour les mutations courantes, et jusqu'à 1000 euros pour les plus rares. » Et pendant ce temps, les populations déclinent, de 40 % au plan national pour le chardonneret, de 80 % pour les effectifs nicheurs de la linotte mélodieuse en Nord Pas-de-Calais sur la période 1995 à 2014.



On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Téléchargement