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Quand des chevaux lourds débardent dans un jardin de Bidart


Mardi 7 Mai 2013


Scène insolite ce matin dans un jardin de Bidart : Texas l'Ardennais et Uriel la Bretonne débardent des chênes sous la conduite de Jean-Christophe Beviere. Installé à Itxassou, l'homme a troqué son habit de berger pour celui de bucheron et débardeur. Et quitté ses moutons pour ses deux chevaux.




Scène écologique dans ce jardin de Bidart, deux chevaux lourds en plein débardage ©V.B
Scène écologique dans ce jardin de Bidart, deux chevaux lourds en plein débardage ©V.B
Texas et Uriel s’arc-boutent. Ils sont prêts à en découdre avec la côte qui se profile devant eux. Un pas. Un trot. Un galop... Jean-Christophe Beviere aussitôt lève la voix qui calme l’ardeur de ses deux chevaux. Le port altier, les muscles saillent sous leur robe lustrée. Leur puissance émeut. Elle détonne dans la tranquillité du parc verdoyant de monsieur et madame Hemery. A gauche, puis à droite, Texas et Uriel posent leur pas là où leur conducteur les mène. Derrière eux, le pan d’un chêne. Ils le tracteront jusqu’au bout de la côte sacrément pentue. Sans rechigner. Pour les piétons qui suivent la scène, c’est une autre histoire !

Jean-Christophe Beviere vient de créer son entreprise de débardage

Voilà un an Jean-Christophe Beviere quitte ses moutons pour ses deux chevaux ©V.B
Voilà un an Jean-Christophe Beviere quitte ses moutons pour ses deux chevaux ©V.B
« Ils sont ardents : ils sont restés au pré après un mois de débardage en Bretagne ! explique Jean-Christophe Bevière. Ils auraient bien avalé la côte au galop ! » Voilà encore peu, l’homme conduisait d’autres animaux. Des brebis avec lesquelles il partait en estives. Mais le berger qu’il était a décidé de tourner une page et de se lancer dans une nouvelle aventure. « J’ai arrêté la ferme. Je connaissais déjà la traction par plaisir. Je suis passé au débardage ! J’ai suivi des formations pour cette reconversion. D’abord une formation de bucheron à Bazas pour être en droit à travailler en forêt. Puis d’attelage dans la Sarthe. Là d’ailleurs où j’ai connu Texas.  »

Diplômes en poche, Jean-Christophe créé alors son entreprise : CDBP, Cheval Débardage Bucheronnage Pyrénées. « Quatre mots clefs pour mon futur site Internet, relève le débardeur d’Itxassou en souriant. « Jusqu’à présent, nous avons surtout œuvré en forêt domaniale de Pau. Pour du débusquage. Et à Dax. C’est notre premier débardage au Pays Basque. » Une première à bien des aspects.

Le cheval de trait a le sang froid

Texas l'Ardennais mène le couple qu'il forme avec Uriel la Bretonne ©V.B
Texas l'Ardennais mène le couple qu'il forme avec Uriel la Bretonne ©V.B
Car c’est dans un jardin de Bidart que Texas et Uriel tractent aujourd’hui. « Notre terrain est très pentu, note Nicole Hemery qui avec son époux, tous deux biologistes à la retraite, ont décidé de faire appel à la traction animale. Nous aimons bien les chevaux... Et le terrain n’est pas abîmé par leur passage ! Pas de gasoil. Juste du crottin ! » La propriétaire des lieux compte bien faire son profit des dépôts laissés par les deux chevaux. Parfait engrais naturel, rappelle-t-elle.

« Le cheval de trait a le sang froid, relève Jean-Christophe Beviere. Texas est vraiment carré dans sa tête. C’est un hongre de six ans. Un Ardennais. Uriel est plus jeune d’un an. C’est une Bretonne. Encore un peu plus dissipée. » L’homme les conduit à la voix et au cordeau. « Une traction appuyée pour tourner à gauche. Des petits coups successifs pour virer à droite. » Un travail d’orfèvre. Même lourds, les chevaux aiment la délicatesse de la main.

« Le débardage intervient partout, dans les zones humides ou les forêts. Il intéresse toutes les collectivités locales : les conseils généraux mais aussi les communes » avance le bucheron et débardeur. Accolés au portail de la maison, Uriel et Texas reprennent leurs forces. Sous les yeux des voisins amusés par cette rencontre insolite en pleine zone urbaine. Jean-Christophe, le pan de tronc remonté par ses chevaux, commence à le débiter. En stères, le chêne flambera cet hiver dans la cheminée de la maison.

Virginie Bhat


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En cause : les crottins des chevaux en balade ! Il semble en effet que des personnes se soient plaintes des dépôts chevalins. Des crottins que le Pôle Équestre de Biarritz nettoie deux fois par semaine, énonce la missive. L'auteur rappelle à juste titre que le crottin est biodégradable et bon pour la nature. Les jardiniers en herbe ou non l'utilisent pour leurs jardins... Le petit mot doux termine sur cette question qui taraude la société : "Vous préférez peut-être les pesticides ?" Décidément, ça chauffe à Mouriscot. En effet, depuis quelques semaines, les cyano-bactéries en troublent les eaux - à quelques encablures de là, ces bactéries ont aussi fleuri au lac Marion. Les pêcheurs, baigneurs et promeneurs sont avertis par la mairie de la commune : risque sanitaire, affichent des pancartes communales fichées ci et là. La baignade, la pêche, les activités nautiques sont interdites. Ainsi que tout contact avec l'eau. "Ne pas faire abreuver les animaux dans le lac" ajoutent-elles. On se demande comment les canards et autres oiseaux, poissons et invertébrés se débrouillent à survivre dans ces eaux polluées.

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