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Pourra-t-on encore vendre la peau de l'ours blanc ?


Mercredi 20 Février 2013


Dans l'Arctique, la banquise fond qui fragilise les populations d'ours blanc. Pour protéger l'espèce, les Etats-Unis proposeront l'interdiction de son commerce international à la prochaine session en mars de la Cites à Bangkok. La Coalition Ours blanc appelle la France et l'Union européenne à soutenir leur résolution. Mais rien n'est encore gagné.




L’ours blanc doit-il se faire des cheveux blancs ? Ou plutôt des poils noirs alors que de nombreux scientifiques craignent pour sa survie. Car son territoire retrécit comme neige au soleil. Happée par le réchauffement climatique, la banquise arctique fond. Or c’est là que l’espèce se nourrit, se reproduit. Bref vit. Sa population compte entre 20 000 et 25 000 individus.

L’ours blanc est déjà classé espèce vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Les cinq pays (Canada, Danemark (Groeland), Norvège, Russie et Etats-Unis) qui abritent ses populations le protègent à des degrés divers. Le Canada autorise sa chasse soumise à des quotas tandis que les Etats-Unis lui ont voué une protection absolue jusqu’à interdire l’importation de trophées de chasse sur leur territoire.

Les Etats-Unis demandent l'interdiction complète du commerce international de l'ours polaire

Lutter contre la fonte des glaces n’est pas une sinécure. Les programmes internationaux s’attellent à la tâche mais tous les partenaires ne jouent pas vraiment le jeu pour y parvenir. Alors certains Etats ont décidé d’appuyer sur un autre levier pour protéger tant bien que mal l’ours blanc. Les Etats-Unis, soutenus par la Russie, proposent d’interdire totalement le commerce international dont est sujet cet animal.

Car selon les chiffres du Groupe spécialiste de l'ours polaire qu'ils avancent, 800 ours sont tués chaque année sur la banquise d'abord à des fins de subsistances des populations autochtones de l'arctique. Sur ces 800 ours, 400 à 500 ont été vendus à l'étranger tous les ans entre 2011 et 2010.

Depuis 1975, le commerce international des espèces menacées est réglementé et contrôlé par la Cites (ou Convention de Washington). Les Etats, 177 à ce jour, qui l’ont signée doivent l’appliquer. Et tous les trois ans, ils se réunissent pour discuter quelle espèce, animale ou végétale, risque l’extinction et doit être exclue – partiellement ou totalement – d’échanges commerciaux internationaux (importations ou exportations d’animaux vivants pour les parcs zoologiques, de trophées de chasse... ou de parties distinctes d’animaux morts : pieds, dents, carapaces...).

La prochaine réunion se déroule justement du 3 au 14 mars à Bangkok en Thaïlande. Les Etats-Unis entendent une nouvelle fois y proposer l’interdiction du commerce international de l’ours blanc. Pour se faire, ils espèrent l’inscription de l’espèce en Annexe I de la Cites qui interdit tout commerce. L'espèce est aujourd'hui en Annexe II qui autorise son commerce international sous certaines conditions.

Toutefois l’adoption d’une telle résolution doit obtenir les 2/3 des voies exprimées. Alors les semaines qui précèdent chaque réunion sont souvent tendues. Qui votera oui ? Qui votera non. Les pourparlers entre les nations vont bon train. Et les associations de protection de la nature y sont vigilantes.

L'Union européenne tergiverse sur l'ours blanc

Pour l’heure, c’est la position de l’Union européenne et de la France que scrute les ong françaises. En 2010, lors de la précédente session de la Cites au Qatar, la proposition américaine avait été rejetée. A cause de l’opposition des 27 pays membres de l’Union, relève aujourd’hui la Coalition Ours blanc (1) formée par treize associations hexagonales.

Actuellement, l’Union européenne est en pleine tractation. Onze pays membres soutiennent la proposition américaine. D’autres, dont la France, s’y opposent. Ils pointent du doigt les arguments canadiens qu’ils épaulent : le commerce international de l’espèce n’est pas un facteur de risque puisque des quotas de chasse existent. Une position que l’association WWF appuie.

« La France estime que cette interdiction pourrait préjudiciable aux populations autochtones, dont les Inuits : elle pourrait leur retirer des ressources financières, explique Charlotte Nithart de l’association Robin des bois. Or les Inuits aujourd’hui se sont tournés vers d’autres ressources. S’ils utilisent l’ours blanc pour leur artisanat, ils n’utilisent que son effigie ! En outre, ils partagent les ressources pétrolières, gazières et touristiques de leurs territoires ! »

Alors l’Union semble tergiverser et vouloir ménager la chèvre et le chou. Elle « fait circuler une contre-proposition dite de compromis. Il s’agirait dans les 3 ans qui viennent d’approfondir les connaissances sur les populations d’ours polaires, d’examiner tous les risques actuels et à venir qui pèsent sur l’espèce et d’évaluer dans ce contexte l’impact du commerce international. A l’issue de ce processus, l’Union Européenne pourrait soutenir une proposition d’inscription en Annexe I lors de la session plénière de la CITES en 2016 » explique la Coalition qui y voit trois ans perdus pour l’ours blanc.

L'avenir de l'ours blanc se jouera début mars à Bangkok

Pour la Coalition, l’avenir de l’ours blanc est noir. D’un côté, non seulement son territoire s’effrite, mais la régression de la banquise arctique plonge l’ours polaire dans le cycle irréversible de la pénurie alimentaire. Les difficultés d’accès aux ressources vitales diminuent sa robustesse et ses capacités de reproduction.

De l’autre côté, l’espèce serait victime d’une embellie de la chasse. « La chasse à l’ours blanc bat son plein. Les agences de tourisme cynégétique du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest et du Manitoba au Canada sont surbookées jusqu’en 2014. Pour répondre à la demande, le Territoire du Nunavut augmente les quotas de chasse dans la Baie d’Hudson sans tenir compte de l’avis défavorable du Groupe des Spécialistes de l’Ours Polaire de l’Uicn. L’ours blanc est la « cible absolue ». Ça change de l’éléphant. Ça fait changer d’air dénonce » la Coalition Ours polaire.

L’Union européenne doit affirmer sa position d’ici le 28 février. Puis ce sera à Bangkok que l’avenir de l’ours blanc se jouera. En attendant, les tractations vont se poursuivre dans les couloirs gouvernementaux.



(1) Associations membres de la Coalition Ours Polaires : IFAW France, Robin des Bois, Fondation Brigitte Bardot, One Voice, Sea Sheperd France, 30 Millions d’Amis, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), l’ASPAS, AVES France, L214, le CRAC, Ecologie sans Frontière, les Amis de la Terre.

Virginie Bhat


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