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Pollution du Luno : Hegalaldia craint le pire


Jeudi 6 Février 2014


Les rafales de vent ne lâchent rien. Et le Luno et ses 127 mètres cube d'hydrocarbures continuent à trembler sous les coups de la houle. Le navire espagnol a déjà lâché quelques hydrocarbures dans l'océan. Hegalaldia est prêt à intervenir. Explications.




Sous la force du vent, la poupe du Luno s'est décrochée de la digue ©V.B.
Sous la force du vent, la poupe du Luno s'est décrochée de la digue ©V.B.
« Nous sommes dans les starting blocks, explique Celine, directrice de Hegalaldia, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installée à Ustaritz. Nous craignons le pire : l'arrivée massive d'oiseaux marins souillés par une pollution diffusée par le Luno.  » L'équipe est donc prête à intervenir, déjà alertée hier par des observateurs, longues vues à la main sur les plages d'Anglet. Ils ont bien observé des oiseaux dont le plumage portait des traces de pollution. Traces qui si ne les ont pas empêché de pouvoir leur vol, risquent bien de les affaiblir à terme.

Huile de vidange, de moteur ou pétrole, tous ces produits menacent les espèces animales

« Nous avons du mal à faire comprendre qu'une pollution, même si elle n'est pas spectaculaire, peut être insidieuse. Tous les produits chimiques sont néfastes aux espèces. Pas seulement le pétrole, mais les huiles de vidange, de moteur... Ces produits collent au plumage des oiseaux qui perd son imperméabilité. Les oiseaux s'affaiblissent, se déshydratent... et finissent par s'intoxiquer. Comme lors d'une marée noire. »

Les craintes du centre sont d'autant plus aigües que la tempête ne lâche pas. Elle continue à battre l'océan. Les vents soufflent au point parfois de jeter les oiseaux contre les phares, les rochers... Des oiseaux que la forte houle empêche de se nourrir. Hegaladia a recueilli plus de 80 oiseaux marins depuis quinze jours, mis KO par les vents démentiels. Certains avaient les plumes abimées de pollution : certains navires profitent du mauvais pour dégazer en tout impunité. Et les plages que les marées basses dénudent recueillent les cadavres de ceux qui n'ont pas pas résister.

Alors entre les conditions météorologiques et la pollution du Luno, Hegalaldia est inquiet. Il se tient prêt à intervenir si des oiseaux devaient s'échouer sur les plages de la côte basque. Les plumes souillées par les produits chimiques. Le corps affaibli par le vent. L'équipe croise les doigts : « Nous n'accueillerons peut-être aucun oiseau ! » se plaît à espérer Céline.

Virginie Bhat


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