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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Petits pas chassés vers la biodiversité


Jeudi 4 Novembre 2010


La perte de la biodiversité n’est pas toujours inéluctable. Pour s’en convaincre, l’Union mondiale de la nature, Uicn, a publié un rapport sur 64 espèces animales qui ont échappé à l’extinction. Un rapport rendu public à Nagoya au Japon lors de la 11e Conférence sur la biodiversité qui s’est achevée le 29 octobre dernier. Les programmes de conservation ne sont pas toujours des coups d’épée dans l’eau.




Takh, l’association française pour le cheval de Przewalski a participé au plan de réintroduction de l’espèce en Mongolie. Une vingtaine de chevaux nés en France sur le Causse Méjean sont partis vers leurs terres ancestrales ©xoriburu.info
Takh, l’association française pour le cheval de Przewalski a participé au plan de réintroduction de l’espèce en Mongolie. Une vingtaine de chevaux nés en France sur le Causse Méjean sont partis vers leurs terres ancestrales ©xoriburu.info
Le tableau de la nature est plutôt noir. Chaque année, cinquante espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens sont poussées un peu plus vers la porte de la sortie qu’est l’extinction. Les raisons ? Les activités humaines : l’expansion de l’agriculture, de l’exploitation forestière et la présence des espèces exotiques envahissantes. Point blanc sur cet horizon sombre : si aucun effort de conservation n’avait été entrepris, la biodiversité aurait perdu 20% de sa faune et sa flore de plus qu’aujourd’hui.

« L’histoire a montré que la conservation peut faire l’impossible, comme le savent bien ceux qui connaissent le cas du rhinocéros blanc d’Afrique du Sud, a fait remarquer, à Nagayo, Simon Stuart, président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’Uicn et auteur de l’étude. Mais pour la première fois nous pouvons démontrer les effets conjugués et positifs de ces succès sur l’état de l’environnement. »

L’étude s’attarde sur 64 espèces animales qui ont échappé au pire. Parmi lesquelles, trois qui avaient été rayées de leurs habitats naturels : le condor de Californie, le putois à pieds noirs, aux Etats-Unis, et le cheval de Przewalski, en Mongolie. De ces trois espèces, il ne restait que quelques individus dans des parcs zoologiques. Elles ont été prises en main et ont pu compter sur des plans de restauration de leurs populations en captivité, puis de réintroduction depuis les années 1990. La lutte contre la perte de la biodiversité est de longue haleine…

Toutefois, les efforts ne doivent pas se relâcher. De fait ces trois espèces ne sont pas encore sorties de l’ornière. Dans les cieux, libres et sauvages, volent 104 condors de Californie dont 44 en âge de se reproduire. Mais ils sont menacés par le saturnisme dû au plomb de chasse. L’Uicn considère encore aujourd’hui l’espèce en danger sévère. Les putois à pieds noirs sont un peu plus nombreux : 500 individus adultes dont la moitié née dans la nature. Leur survie est malmenée par la fragmentation de leur territoire, la chasse aux chiens de prairie, leurs principales proies, et deux maladies qui n’existaient pas en Amérique originelle, la maladie de Carré qui touche les chiens, et la peste.

Pour leur part, les steppes de Mongolie abritaient 325 chevaux de Przewalski en 2008. Soit issus de réintroduction, soit nés sauvages. Si leur population est répartie sur plusieurs aires protégées, elle est encore fragile face aux risques d’hybridation avec les chevaux domestiques et leurs maladies, la compétition alimentaire sur les pâturages due aux élevages de moutons, yacks… L’espèce est toujours en danger selon l’Uicn.

L’étude de l’Uicn mentionne d’autres exemples. Celui de la vigogne en Amérique du Sud. Sa population a repris de la vigueur, l’espèce, sujet d’une convention spécifique et ses aires protégées. Car sans conservation des habitats naturels, point de salut pour les espèces sauvages.

Lors de la conférence sur la biodiversité, les Etats sont tombés d'accord sur un plan à 2020. Soutenu par 20 mesures dont une augmentation des aires protégées de la planète. De 13% de la surface totale des terres à 17% et un peu moins de 1% de la surface totale des océans à 10% pour les mers.

Mais, si sa « conservation est payante » avait déclaré Julia Marton-Lefevrela directrice de l’Uicn, elle a aussi un coût. A la conférence de la biodiversité, le sujet, nerf de la lutte contre la perte de la biodiversité, a bien été abordé. Des pays se sont bien engagés à dégager des fonds. Un groupe de travail a été même formé pour évaluer les besoins en financement pour mettre en place toutes les mesures adoptés par la Conférence. Il devra rendre ses conclusions d’ici 2012.

Ester Gran


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