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Pays-Basque : un été de galères


Samedi 9 Octobre 2010


Cette année encore, les galères portugaises ont débarqué sur les côtes basques. Du nord au sud. Encore plus grosses, plus imposantes que les méduses de l'été 2009. A Saint-Sébastien, 64 cas de piqûres ont été rapportés. Ils étaient au nombre de 1200 l'année précédente. Pourquoi ces vagues successives de tentacules?




Les méduses communes de l'été dernier ont été moins imposantes et urticantes que les galères portugaises ©xoriburu.info
Les méduses communes de l'été dernier ont été moins imposantes et urticantes que les galères portugaises ©xoriburu.info
L’an dernier, dès la Pentecôte, l’alarme avait sonné sur les plages basques. Des petites méduses communes traînaient leurs tentacules au fil des marées. Baignade interdite le temps que ces drôles d’oiseaux s’éloignent vers le large. Elles avaient eu le temps de piquer des baigneurs. Saint-Sébastien avait ainsi comptabilisé 1200 piqûres pendant la période estivale !

Cet été ce furent des animaux bien plus gros, violacés, qui ont débarqué sur le Pays-Basque, nord et sud. On les appelle des physalies ou des galères portugaises.


De petite taille, les méduses attendent, sur les plages basques, la marée haute pour retrouver l'océan ©xoriburu.info
De petite taille, les méduses attendent, sur les plages basques, la marée haute pour retrouver l'océan ©xoriburu.info
Les galères portugaises, même si elles y ressemblent, ne sont pas des méduses. Elles sont des siphonophores. Un siphonophore est une colonie composée de quatre types de polypes. Cette colonie est soutenue dans les eaux par une structure, genre de flotteur, un pneumatophore. Celui-ci est gonflé d'air et permet ainsi à la physalie de flotter au gré des courants marins. Sous ce ballon, des filaments très longs (de 10 mètres en moyenne).

A l'instar des méduses, les galères portugaises vivent en bancs dans les eaux tropicales et sub-tropicales. Ce sont les courants marins qui les ont embarquées vers les côtes européennes cette année.

Difficile de les louper sur terre ferme tant elles sont plus imposantes que les méduses. Même si le néophyte peut les confondre. Une raison pour laquelle à Saint-Sébastien, le bilan est moins lourd cette année : 64 cas de piqûres rapportait aujourd'hui le Diario Vasco. Sur le sable, certains malheureux ne leur ont pas échappé, le regard plus posé sur l’horizon marin que sur leurs pieds. Et dans l’eau, leurs longues tentacules se fondent facilement avec les vagues.

Lorsqu’elles le peuvent les municipalités de bord de mer organisent la lutte. Sur la côte Atlantique, il est difficile de prendre exemple sur les villes méditerranéennes confrontées bien plus souvent à ces arrivées massives de méduses. Les autorités tendent des filets à l’entrée des plages où s’empêtrent les mal-aimées tentaculaires. Côté océan, ce sont des bâteaux et des scooters de mer qui partent à la pêche. Système mis en place le 1er août sur la Concha qui a permis de récolter quelque 3500 physalies.



Les méduses et autres physalies deviennent le cauchemar des plagistes et des surfeurs. Elles envahissent de plus en plus de côtes, de plus en plus de mers. On pensait qu’elles abondaient selon un cycle de onze à douze ans. Le cycle s’accélerait-il ? Les scientifiques pointent du doigt le réchauffement climatique : ces animaux-là aiment les eaux chaudes. La salinité des mers augmenterait près des côtes. Les méduses aimeraient les milieux très salés. Et le zooplancton dont sont friandes les méduses explose, alimenté par les pollutions terrestres.

D’autres experts évoquent la réduction des effectifs de leurs prédateurs. Les principaux sont les tortues de mer, la tortue couanne par exemples pour les physalies, ou le thon rouge… encore lui. Autant d'explications avancées. Pour autant, les méduses restent encore un peu mystérieuses. Les scientifiques ont toujours du pain sur la planche.
Les méduses parfois ont des couleurs qui leur permettent de se confondre avec le sable ©xoriburu.info
Les méduses parfois ont des couleurs qui leur permettent de se confondre avec le sable ©xoriburu.info

Ester Gran


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