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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Parole d'ours !


Dimanche 19 Septembre 2010


Après trois mois à sillonner les Pyrénées, Ferus tire un bilan positif de son programme de sensibilisation à la cohabitation possible entre l'ours et l'homme dans le massif, Parole d'ours. Retour sur un été pendant lequel l'Etat a annoncé que seule une ourse sera réintroduite dans le Béarn en 2011.




Sur le Tour de France, les bénévoles portent la bonne parole sur l'ours ©Ferus
Sur le Tour de France, les bénévoles portent la bonne parole sur l'ours ©Ferus
Balayer des certitudes, renverser des préjugés… genre, un ours slovène ou pyrénéen ont-ils le même régime alimentaire ? Informer tout simplement, c’est la mission que l’association Ferus a vouée à Parole d’ours en 2008. Tout un programme, car Parole d’ours est un programme d’information et de communication sur l’ours dans les Pyrénées. Cette mission s’investit au plus près des populations locales du massif. Pour se faire, Parole d’ours fait appel à des écobénévoles. Ce sont eux qui prendront la parole pour l’ours. Sur le terrain aux plus beaux jours.

Cet été, vingt-et-un d’entre eux ont sillonné la chaîne pyrénéenne. Plus particulièrement les régions qui abritent les ours. Ils ont visité 229 communes, plus de 2025 commerces et structures locales qui ont accepté de diffuser des plaquettes d’information… et 27 marchés. Sans compter le Tour de France de passage dans les montagnes. Pour finir avec les statistiques, chaque bénévole a consacré en moyenne neuf jours à cette action. Ce chiffre pour ceux qui souhaiteraient y participer l’an prochain !
Parole d’ours a voulu pendant trois mois engager le dialogue avec ses interlocuteurs. Longuement. La clef de voûte a été un questionnaire quizz. Trois questions, 1119 personnes avec qui les bénévoles ont échangé sur les Pyrénées, la Slovénie et l’ours.

« Toutes les études et bases scientifiques le prouvent, commente Ferus à l’heure du bilan de Parole d’ours. Les Pyrénées offrent aux ours un habitat similaire à celui offert par la Slovénie, les ours slovènes ne sont pas plus carnivores et prédateurs que les ours de souche pyrénéenne. Pourtant, l’opposition à l’ours en mal d’arguments justifie son rejet de la réintroduction par des mensonges sur les ours slovènes et leur soi-disant non-adaptation aux Pyrénées. Cette dernière ayant été encore une fois démentie par la bonne vitalité des oursons nés cette année ».

Ferus a même souhaité franchir la frontière et porter son programme dans le Val d’Aran, en Catalogne. Une frontière que ne connaît pas la population ursine. C’est dans le Val d’Aran que les quatre nouveaux oursons ont été vus. Pendant deux jours, Parole d’ours, avec l’association Sours, association de sensibilisation à l’environnement basée dans les Pyrénées orientales, a visité deux villages. Avec des dépliants en catalan remis par le Parc national de l’Alt Pirineu. « Après ces deux jours, il apparaît que le sujet de la présence de l’Ours dans les Pyrénées est moins polémique et fait beaucoup moins débat de l’autre côté de la frontière. Cependant, il existe un manque certain de connaissances de la part de la population sur le plantigrade ainsi que de documents d’informations sur l’ours. »

Parole d’ours s’est félicité du bon accueil que lui ont porté ses interlocuteurs. Cette édition « démontre qu’il est possible d’échanger sur l’ours dans les Pyrénées et de sortir du débat pour ou contre l’ours. Une grande majorité y est favorable et estime que le plantigrade fait partie du patrimoine de Pyrénées. Au moins quatre oursons sont nés cette année. Mais sans volonté forte et sans intervention de l’Etat, cela sera insuffisant pour conserver ce patrimoine. »

L’an prochain, une ourse devrait rejoindre les trois mâles qui vivent dans le Béarn. En remplacement de l’ours Franska, tuée accidentellement. C’est la seule mesure de réintroduction à laquelle s’est décidé l’Etat français.


Ester Gran


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