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Ours : l'Etat français cité devant le tribunal administratif


Jeudi 16 Avril 2015


L'Etat rechigne toujours à renforcer la population d'ours dans les Pyrénées. Lassées d'attendre en vain, les deux associations Ferus et Pays de l'ours-Adet déposent aujourd'hui un recours contre lui devant le tribunal administratif de Marseille pour l'une et de Toulouse pour la seconde. Explications de Sabine Matraire de Ferus.




Les associations l'en avaient menacé, elles ont franchi aujourd'hui le pas. Ferus et Pays de l'Ours - Adet déposent ce jeudi 16 avril un recours devant le tribunal administratif contre l’Etat pour « manquement à son obligation de protection de l’ours brun dans les Pyrénées ». La première à Marseille où se trouve son siège social, la seconde à Toulouse. Ce n'est pas faute de l'avoir interpellé, mais les pro-ours en ont assez d'être « confrontés depuis des années à l’évidente mauvaise volonté de l’Etat ».

La population d'ours n'est pas viable dans les Pyrénées

« Les études sont formelles : la population d’ours dans les Pyrénées n’est pas viable et le seul moyen de la sauver est de lâcher de nouveaux ours, commente Sabine Matraire, vice-présidente de Ferus. Surtout dans le Béarn où il ne reste que deux mâles. Deux mâles qui à eux seuls couvrent la moitié du territoire occupé par l'espèce dans le massif des Pyrénées !  »

Les deux associations dénoncent les manœuvres gouvernementales pour perdre du temps. Manœuvres qui « durent en effet depuis la fin du dernier Plan de restauration de la population d’ours en 2010. Chaque ministre s’ingénie depuis à « jouer la montre » en demandant une Nième étude ou une concertation de plus, dont tout le monde connaît les conclusions, juste dans le but, inavoué mais évident, de passer ce dossier « délicat » à son successeur… Maintenant, c’en est trop ! »

« L'ours est une espèce protégée. Nous ne demandons que l'application de la loi » pointe du doigt Sabine Matraire. Et la vice-présidente de Ferus de rappeler que les associations ont saisi l'Union européenne. « L'Union a mis en demeure la France de réagir, mais l'affaire en reste pour l'instant là. »

Les systèmes de protection des troupeaux ont fait leurs preuves

Combien d'ours arpentent les Pyrénées ? En suivant chaque année leur espèce, en 2014, le réseau ours brun de l'ONCFS et leurs partenaires espagnols et andorrans ont pu détecter 31 ours sur l'ensemble du massif pyrénéen.

« L'évolution de la population d'ours continue de montrer une dynamique lente mais croissante, concentrée sur le secteur des Pyrénées centrales (Ariège, Haute-Garonne). Le secteur des Pyrénées occidentales (Hautes-Pyrénées, Pyrénées- Atlantiques) reste un noyau isolé, composé de deux individus mâles. » commentait le bilan des dommages d'ours sur le massif des Pyrénées françaises 2014 diffusé le 30 mars dernier par le préfet de la région Midi-Pyrénées. « Mais à terme, la population va s'essouffler, rétorque Sabine Matraire. Les ours ne sont pas en nombre suffisants pour se maintenir. »

En 2014, le nombre de dommages imputables à l'ours n'a pas bougé d'un iota.«  Avec 178 animaux indemnisés. La majorité des dommages (89 %) ont lieu sur les départements de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées où le bilan 2014 est relativement stationnaire. Sur le département de la Haute-Garonne on constate cette année encore une baisse avec 5 animaux indemnisés et ce malgré une zone ursine importante. Sur certains secteurs de ce département, l'utilisation des moyens de protection continue de démontrer leur efficacité avec la mise en place d'un gardiennage lié à l'utilisation de chiens de protection et au regroupement nocturne des bêtes. »

« De manière générale, depuis 2010 le nombre de dossiers enregistrés reste constant et les dégâts sur ruchers ont quasiment disparu pour la troisième année consécutive » concluait le rapport.

Virginie Bhat


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