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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Ours en Béarn, la consultation est lancée


Jeudi 23 Décembre 2010


Noël à peine célébré, les Béarnais vont pouvoir s'exprimer sur l'introduction d'une ourse slovène dans une de leurs vallées. Une consultation publique est lancée du 27 décembre au 4 février prochain. Pour mieux en comprendre les enjeux, le public peut consulter le dossier de demande d'autorisation de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage mis en ligne sur le site de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.




Lundi, la consultation publique sur l’introduction d’une ourse en Béarn débutera. Elle s’arrêtera 40 jours plus tard, soit le vendredi 4 février 2011. Le public et les collectivités locales intéressés pourront dès lors envoyer au préfet des Pyrénées-Atlantiques leurs observations écrites. Observations au regard du dossier de « demande d’autorisation d’introduction dans le milieu naturel d’un ours femelle dans le département des Pyrénées-Atlantiques au printemps 2011 ».

73 communes pyrénéennes sont intéressées par l’enquête. Leur liste a été déterminée selon trois critères : l’aire de lâcher de l’ourse femelle dans les vallées béarnaises d’Aspe et d’Ossau, l’aire de présence potentielle de l’animal et les retours d’expérience des précédents lâchers d’ourses dans le massif des Pyrénées. Leurs maires doivent mettre à disposition de leurs administrés le dossier de demande d’autorisation. Il est d’ailleurs téléchargeable sur le site de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

C’est l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (Oncfs) qui mènera à bien l’introduction. Il présente dans sa demande d’autorisation le comment et le pourquoi de l’opération. Ainsi que l’avait annoncé en juillet dernier à Toulouse, Chantal Jouanno, la France n’envisage pas de réintroduire des ours à tout va. Mais de remplacer les plantigrades tués par l’homme. « La situation actuelle du noyau occidental de la population ursine dans les Pyrénées, où ne subsiste plus que des mâles, explique l’Oncfs dans don dossier, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie a proposé de remplacer l’ours Franska tuée en 2007 lors d’un accident routier, par une femelle pour sauvegarder ce noyau. »

C’est en Slovénie que l’ourse serait capturée pour être relâchée dans le Béarn. Comme en 2006. D’autres pays européens ont été étudiés mais finalement écartés. Parmi lesquels l’Espagne, dont les autorités nationales et régionales estiment que la population ursine des monts Cantabriques est trop fragile pour supporter le prélèvement d’une femelle.

« L’ours sera relâché dans les Pyrénées-Atlantiques en zone de montagne, ayant répondu aux différents critères de sélection du site de lâcher. Le propriétaire foncier du site sera averti et l’opération réalisée avec son accord » poursuit l’Oncfs.

Et l’office d'ajouter : « Les sites de lâcher seront donc choisis au sein de la zone de présence régulière de l’ours identifiée depuis plusieurs années dans les Pyrénées atlantiques. Cette zone s’étend sur une surface d’environ 600 km2 et englobe les vallées d’Aspe et d’Ossau. Elle couvre au moins les 19 communes suivantes qui sont soit entièrement incluses ou en partie dans la zone de présence régulière, auxquelles nous avons rajouté quelques communes en zone de présence occasionnelle mais immédiatement adjacente à la zone de présence régulière : Accous, Aydius, Bedous, Beost, Bielle, Bilhères, Borce, Cette-Eygun, Eaux-Bonnes, Escot, Etsaut, Gere-Belesten, Laruns, Lees-Athas, Lescun, Louvie-Soubiron, Osse-en-Aspe, Sarrance et Urdos. »

Dans son rapport, l’Oncfs souligne que le Béarn a toujours connu l’ours. « Les habitudes de cohabitation et de prévention de risques n’ont pas été oubliées. » Pour autant, l’office égraine les conséquences d’une translocation et les mesures d’accompagnement qu’elles nécessitent.

Ce sont surtout les prédations sur les animaux d’élevage qui font les unes et soulèvent les plus vives contestations. Toutefois, « en vallées d'Aspe et Ossau (Pyrénées-Atlantiques), il s'agit d'élevage pour faire du fromage de brebis qui implique généralement la présence d’un berger permanent et le regroupement du troupeau chaque soir pour la traite » remarque l’Oncfs qui rappelle les mesures prises pour accompagner les éleveurs : financement de portage de matériel pour les bergers, amélioration des cabanes pastorales, clôtures mobiles financées entre 75 et 80%, chiens de protection financés à 80% …

Et d’évoquer les procédures d’indemnisation. Cette année, les ours ont officiellement tué 167 animaux d’élevage sur tout le massif pyrénéen, surtout des brebis. Leurs éleveurs ont été indemnisés. Ce type de prédation, toujours dure à vivre, est faible au regard des 20 000 à 30 000 animaux qui chaque année meurent dans les estives, de maladie, de dérochement suite à un orage... En fait, l’ours est avant tout un omnivore «dont le régime alimentaire est composé en majorité d’éléments d’origine végétale très diversifiés (entre 65-75% dans les Pyrénées) et dans une moindre mesure d'éléments d’origine animale (insectes, carcasses d’animaux, prédation sur ongulé domestique et sauvage). »

Ester Gran


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