xoriburu.info
Ecosystèmes

Oui le climat se dérègle !


Samedi 5 Octobre 2013


Les études sont formelles : la pluviométrie change au Pays Basque et l’homme doit prendre des mesures d’urgence pour se protéger des inondations et de la pollution.




Mike Bresson a donné un cours magistral aux élus de Bidart ©DdL
Mike Bresson a donné un cours magistral aux élus de Bidart ©DdL
Ce n’est hélas ni une utopie, ni le fruit des élucubrations d’un savant fou : le climat se dérègle bel et bien, y compris sur notre cher Pays Basque. Et si aujourd’hui des sommes qui peuvent paraître énormes sont investies dans le domaine de l’assainissement, avec toute une batterie d’ouvrages : bassins de stockage ou de rétention, émissaires en mer, réfection totale des réseaux avec séparation des eaux usées et des eaux pluviales.

Le changement climatique provoque un dérèglement de la pluviométrie au Pays Basque

La pluie provoque de terribles rues de l’Uhabia ©DdL
La pluie provoque de terribles rues de l’Uhabia ©DdL
Selon Guy Mondorge, élu de la communauté d’agglomération Côte basque Adour, chargé des questions d’assainissement, si l’on n’investit pas dès aujourd’hui, on dépensera beaucoup plus demain : « il est indéniable que le climat change, c’est maintenant qu’il faut trouver la parade en prenant des mesures de protection. Si on de creuse pas des bassins de rétention aujourd’hui, on aura 300 millions d'euros dans ce secteur demain ».

Ce changement climatique se manifeste pour l’instant sous nos latitudes par un dérèglement très net de la pluviométrie. Avec pour conséquences des inondations de plus en plus fréquentes, et une altération de qualité des eaux de baignade, les pluies fortes et brusques lessivant des terrains secs ou imperméabilisés et apportant bactéries et pollutions diverses dans l’océan, puisque c’est là qu’in fine toute l’eau arrive.

En inaugurant le bassin de rétention de Gachonenea à Bidart, le maire de Bidart Emmanuel Alzuri, qui avait demandé ce énième bassin pour protéger la zone de Zirlinga, près de l’estuaire de l’Uhabia, trop souvent inondée ces derniers temps, a entendu d’utiles explications en provenance des services de l’agglomération. Le directeur adjoint des services techniques, Mike Bresson, a communiqué des données scientifiques vérifiées qui attestent que le climat du Pays Basque évolue rapidement ces dernières années.

Le bétonnage des terres empêche les sols d'absorber les pluies

A Bidart, Ur Onea, tente de préserver Bassilour et l’estuaire ©DdL
A Bidart, Ur Onea, tente de préserver Bassilour et l’estuaire ©DdL
« Jusqu’au début des années 90, il pleuvait régulièrement au Pays Basque, surtout l’hiver, à raison d’environ 1800 mm par an. Depuis 20 ans, cette régularité s’est détraquée, et l’on observe que les pluies sont devenues plus anarchiques. Au lieu de tomber régulièrement pendant la saison froide, l’eau s’abat maintenant d’une manière brève et violente pendant l’été, avec des orages de plus en plus fréquents, et des volumes qui tombent avec force, provoquant des crues, des glissements de terrain, des inondations sur des sols qui n’y sont pas préparés. Exemple de ce déphasage : il est tombé autant d’eau durant le premier semestre 2013 que durant toute l’année 2012 : 1200 mm. D’où une recrudescence des inondations sur la Côte basque ».

Le but des grands travaux qui fleurissent maintenant un peu partout sur la Côte, est donc de réaménager le terrain afin de résister aux caprices des eaux célestes. Des bassins de 6000 m3, comme celui de Gachonenea, protègent un quartier. A Bidart, Ur Onea, tente de préserver Bassilour et l’estuaire, mais tout le monde s’accorde à dire qu’il faudrait construire en amont de l’Uhabia un bassin de très grande capacité pour lutter efficacement contre les grosses pluies d’orage et leurs conséquences. Un bassin qui pourrait se situer à Saint-Pée ou Ahetze. Vaste chantier en perspective.

En attendant, les institutions publiques, tout en continuant la bataille des ouvrages, va fermement inciter les nouveaux constructeurs à prévoir eux-mêmes leurs évacuations d’eau, même exceptionnelles. Car s’il y a autant d’inondations, l’homme y a sa part de responsabilité, avec notamment l’abus d’imperméabilisation des sols en raison de la construction de maisons, parkings, supermarchés, piscines. Guy Mondorge n’a pas hésité à lancer l’idée de l’ « imperméabilisateur payeur ». Le climat change, l’homme va devoir d’y adapter, et mettre la main au portefeuille tant qu’il n’est pas trop tard. Dans ce genre de combat, c’est toujours l’eau qui gagne si on ne négocie pas avec elle.

Daniel de Luz


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 28 Février 2018 - 14:59 Biarritz aime la glisse, même sous la neige

Mercredi 21 Février 2018 - 17:16 Après les pluies, le soleil


Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

Que faire en cas d'échouage de phoques ou d'oiseaux marins ?

La tempête pointe son nez. Les vents et la houle pourraient malmener certains oiseaux ou jeunes phoques. S'ils venaient à échouer sur les plages, des spécialistes sont là qui aideront à leur porter secours.

06/02/2016





Partager votre site



La puce à l'oreille
04/01/2018

Coup de chapeau : Hegalaldia a accueilli deux mille cent quatre-vingt-neuf animaux en 2017

Les tempêtes ne font pas de cadeau aux océans et leurs habitants. Carmen n'a pas dérogé à la méchante règle : elle a laissé sur le rivage biarrot un Guillemot de Troïl pour le premier jour de l'année. Certes l'oiseau était encore vivant mais blessé par les rochers de la plage sur lesquels les vagues l'ont jeté. Heureusement un passant passait par là et ramena le naufragé au centre de sauvegarde de la faune sauvage Hegalaldia. Un centre qui a terminé l'année deux mille dix sept sur les chapeaux de roue : il a accueilli deux mille cent quatre-vingt-neuf animaux ! Un nouveau record. Oiseaux marins, oiseaux des forêts ou des villes, petits mammifères... l'équipe n'a pas baissé les bras encore une fois. Chapeau. Espérons que les conditions climatologiques reviennent à plus de calme. Les oiseaux de l'océan se souviennent encore de la tempête Qumaria en 2014.




On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Recherche

Téléchargement