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Milans royaux : route de la mort dévoilée par GPS


Jeudi 26 Février 2015


Le 23 février dernier, la Lpo dénonçait la mort de milans royaux, grands migrateurs de l'Union européenne, empoisonnés en France. Ce sont les gps dont les rapaces étaient équipés qui ont marqué l'instant et le lieu de leur décès. Petite démonstration de cette route de la mort avec Pobes, milan royal doté d'un GPS en Alaba au Pays Basque sud en 2014.




Milans royaux : route de la mort dévoilée par GPS
C'est à Larrabe au Pays Basque sud que Pobes fut équipé d'un GPS-GMS solaire le 17 février 2015. Le milan royal de 948 grammes pouvait faire fi des quelque 20 grammes que pesait l'émetteur. Un mouchard qui allait sans vergogne épier ses moindres mouvements et transmettre sa position par coordonnées GPS par le biais du réseau de téléphonie mobile. La migration de l'oiseau, sans respect pour sa vie privée, allait s'afficher publiquement sur une carte de la toile.

Ce sont les dernières coordonnées GPS de Pobes qui indiquèrent où trouver le milan royal empoisonné

L'empoisonnement des milans royaux est une raison de leur déclin ©V.B.
L'empoisonnement des milans royaux est une raison de leur déclin ©V.B.
Le suivi de sa migration faisait partie du programme Migra, Migra pour migrations d'oiseaux. Un programme porté par l'association espagnole Seo/Birdlife. Avec dans le cas de Pobes, une aide financière de la communauté autonome basque parce que ce dernier hivernait sur son territoire. Equipé de son émetteur, le rapace resta encore un mois en Alaba. Jusqu'à ce qu'il prenne la route vers ses terres de nidification plus au nord. Pobes traversa la barrière des Pyrénées en passant par la baie de Txingudi. Il s'engouffra sur le territoire français vers le Luxembourg. A hauteur de Cologne en Allemagne, il bifurqua soudainement vers le sud, voie vers les sites de reproduction de son espèce en Europe centrale.

C'est à la hauteur de Heiteren en Alsace que le signal de son GPS se fit plus faible. Et le 25 avril 2014, le mouchard cessa d'émettre. L'équipe qui suivait ses mouvements en Espagne s'en inquiéta. Et Seo/Birdlife contacta son homologue en France, la Ligue de protection des oiseaux, Lpo, pour tenter de trouver une explication à ce silence radio. Le 29 avril 2014, la ligue retrouva l'animal en repérant les dernières coordonnées émises par le GPS. Pobes était mort. Un de plus ! Il semblait avoir été empoisonné. A côté de son cadavre, un renard plus mort que vif.

Le milan royal entre dans le cadre du plan Vigilance poison. Afin de déterminer les causes de mortalité de cette espèce, tous les cadavres de milans royaux qui sont découverts sont autopsiés et des analyses toxicologiques réalisées. Il aura fallu attendre un an avant que ces conclusions ne parviennent à Seo/Birdlife. Et le 17 février 2015, Seo/Birdlife émit un communiqué : les analyses révélaient un empoisonnement au carbofuran. « C'est vraiment dommage que ce milan mourût si peu de temps après avoir été équipé d'un gps, a déclaré alors Javier de la Puente de Seo/Birdlife et responsable du programme Migra. C'est lui qui dota Pobes d'un émetteur. Nous espérions obtenir des informations détaillées sur ses mouvements pendant de nombreuses années. »

« L'usage d'appâts empoisonnés est une méthode massive, non sélective et cruelle qui impacte de nombreuses autres espèces que celles à qui ces appâts sont destinés. Et parmi elles des espèces menacées ou domestiques. Cet usage est interdit par la législation espagnole et européenne » dénonce Seo.

Virginie Bhat


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