xoriburu.info
Les animaux entre ciel et terres sauvages

Mer du Nord : les oiseaux meurent sous les lumières des plates-formes


Lundi 7 Mars 2011


Les plates-formes pétrolières en mer du Nord provoqueraient la mort de milliers de merles, de rouges-gorges, de grives et autres oiseaux sur la route de leur migration. En cause: les lumières artificielles qui la nuit les désorientent. Tandis qu'à Barcelone le comité off-shore de la convention Ospar se réunit, l'association Robin des Bois lui demande d'adopter une recommandation pour mieux protéger les animaux.




Les merles qui hibernent sur la côte basque ont passé la mer du Nord. Sans encombre. ©xoriburu.info
Les merles qui hibernent sur la côte basque ont passé la mer du Nord. Sans encombre. ©xoriburu.info
Des centaines d’oiseaux tomberaient chaque année au pied des plates-formes pétrolières de la mer du Nord. Merles, grives musiciennes, grives mauvis, alouettes des champs, eiders communs, litornes, rouges-gorges seraient les principales victimes. En cause : les lumières nocturnes des puits off-shore d’or noir. En pleine nuit, et surtout sous un ciel nuageux, les oiseaux sont désorientés par les éclairages artificiels autour desquels ils tournoient des heures.

Que font donc ces passereaux si loin des côtes ? Ils migrent tout simplement, survolent la mer du Nord. Les rouges-gorges entre septembre et octobre de la Scandinavie vers l’Europe du sud, les grives et les alouettes de la Norvège vers la Grande-Bretagne et l’Irlande.

« D’après le rapport présenté par les Pays-Bas aux autres Etats-membres de la convention Ospar pour la protection de l’Atlantique du Nord-Est, une seule plate-forme pourrait être responsable de la mort par collision de 60.000 oiseaux par an » s’inquiète l’association Robin des Bois. Et l’ong de préciser que ces chiffres « s’appuient par des observations de terrains. Sur une plate-forme allemande, 442 oiseaux de 21 espèces différentes ont été retrouvés morts sur les caillebotis et dans les coursives entre octobre 2003 et décembre 2004. Mais il est admis dans ce rapport que le nombre d’oiseaux morts après des collisions avec les parties aériennes des installations ou d’épuisement est beaucoup plus important. Ils sont perdus en mer. »

La désorientation des oiseaux par les lumières artificielles est connue. En ville ou en mer donc. Robin des Bois pointe du doigt le phénomène alors qu’aujourd’hui a débuté à Barcelone la réunion du comité Off Shore de la convention Ospar. Cette convention a pour mission de protéger l’environnement marin de l’Atlantique Nord-Est. Elle implique la coopération entre quinze gouvernements des côtes et îles occidentales d’Europe et l’Union européenne.

Lors de cette réunion, de nombreuses questions seront abordées, tels le stockage sous-marin de CO2 et ses risques, les modalités d’implantation des plates-formes pétrolières et gazières dans des conditions extrêmes…et accessoirement la protection de la biodiversité aviaire.

Robin des Bois estime que cette protection soit une priorité et « qu’une recommandation Ospar en faveur de la réduction de l’intensité lumineuse des plates-formes off-shore doit être adoptée sans tarder. La France recommande seulement de poursuivre les études, oubliant l’immortel poème de Jacques Prévert : « Des oiseaux par milliers volent vers les feux / Par milliers ils tombent, par milliers ils se cognent / Par milliers aveuglés, par milliers assommés / Par milliers ils meurent. » (Le Gardien du phare aime trop les oiseaux). »



Virginie Bhat


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 17:07 Des hirondelles survolent le lac Mouriscot


Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

Que faire en cas d'échouage de phoques ou d'oiseaux marins ?

La tempête pointe son nez. Les vents et la houle pourraient malmener certains oiseaux ou jeunes phoques. S'ils venaient à échouer sur les plages, des spécialistes sont là qui aideront à leur porter secours.

06/02/2016





Partager votre site



La puce à l'oreille
04/01/2018

Coup de chapeau : Hegalaldia a accueilli deux mille cent quatre-vingt-neuf animaux en 2017

Les tempêtes ne font pas de cadeau aux océans et leurs habitants. Carmen n'a pas dérogé à la méchante règle : elle a laissé sur le rivage biarrot un Guillemot de Troïl pour le premier jour de l'année. Certes l'oiseau était encore vivant mais blessé par les rochers de la plage sur lesquels les vagues l'ont jeté. Heureusement un passant passait par là et ramena le naufragé au centre de sauvegarde de la faune sauvage Hegalaldia. Un centre qui a terminé l'année deux mille dix sept sur les chapeaux de roue : il a accueilli deux mille cent quatre-vingt-neuf animaux ! Un nouveau record. Oiseaux marins, oiseaux des forêts ou des villes, petits mammifères... l'équipe n'a pas baissé les bras encore une fois. Chapeau. Espérons que les conditions climatologiques reviennent à plus de calme. Les oiseaux de l'océan se souviennent encore de la tempête Qumaria en 2014.




On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Recherche

Téléchargement