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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Ménes, la cigogne espion qui venait de Hongrie


Lundi 9 Septembre 2013


Fin août, une cigogne blanche soupçonnée d'espionnage est arrêtée en Egypte. Sa photo et son histoire font le tour du monde. Une simple méprise sur le boitier qu'elle portait sur son dos. Ménes, tel serait le nom de cette jeune cigogne qui venait de Hongrie. Ménes terminera sa course sur une île du Nil. Retour sur son odyssée.




Le boitier que portait Ménes a induit un pêcheur égyptien en erreur ©Papp Ferenc /MME
Le boitier que portait Ménes a induit un pêcheur égyptien en erreur ©Papp Ferenc /MME
C’est en Hongrie à Széchenyi que Ménes pointa le bout du bec hors de son œuf au printemps dernier. De mère reconnue et de père inconnu. La première, belle cigogne blanche, était née pas très loin de là à Ipolyvece en 2009. Reconnue parce que baguée, elle avait pu être identifiée par les ornithologues. C’était le premier nid que le couple avait préparé pour abriter sa progéniture. Deux cigogneaux naquirent, Ménes donc et Pöstény. Etaient-ils frères et sœurs ? Trop tôt pour identifier le sexe des cigognes à leur jeune âge.

Ménes ralliera l'Egypte en douze jours

Ménes parcourra 3700 kilomètres pour rallier l'Egypte (capture écran du suivi satellite de la cigogne sur www.stallitracking.eu)
Ménes parcourra 3700 kilomètres pour rallier l'Egypte (capture écran du suivi satellite de la cigogne sur www.stallitracking.eu)
En août de cette année, les deux jeunes cigognes furent capturées pour poser sur leur dos une balise satellite. Le but des scientifiques est d’étudier la migration des jeunes oiseaux. C’est l’association naturaliste hongroise MME qui procéda à l’opération dans le cadre d’un programme transfrontalier mené par la Hongrie et la Slovaquie appelé Bordless Birds. Malheureusement treize jours après, la balise de Pöstény se tut à jamais : l’oiseau heurta un fil électrique dans le sud de la Roumanie alors qu’il avait à peine entamé sa migration vers des terres plus chaudes.

Ménes pour sa part resta quinze petits jours dans la région où la cigogne avait vu le jour. Puis elle quitta la Hongrie le 19 août. Le suivi satellite la traça en survol au-dessus des Carpates. Le lendemain, Ménes fit une halte sur le Danube bleu en Roumanie. Le 20 août, elle était déjà en Bulgarie... Le 22, elle traversa la Grèce pour atteindre la Turquie. Et là au lieu d’emprunter le circuit classique des migrateurs et passer le Bosphore, elle survola la mer de Marmara... Toutes ses étapes furent suivies par l'association hongroise MME. Après 3700 kilomètres de vol au compteur, Ménes arriva en vallée du Nil le 30 août dernier. Puis ce fut le silence balise sur la ligne...

Soupçonnée d'espionnage, Ménes est arrêtée puis libérée

Après avoir connu l'herbe de la Hongrie, sa terre natale, Ménes meurt sur une île du Nil ©Papp Ferenc/MME
Après avoir connu l'herbe de la Hongrie, sa terre natale, Ménes meurt sur une île du Nil ©Papp Ferenc/MME
Jusqu’à ce que l’info fît le tour du monde. Une cigogne blanche était soupçonnée d’espionnage justement en Egypte ! Alors qu'elle évoluait parmi quatre de ses congénères dans le gouvernorat de Qena à 450 kilomètres du Caire, un pêcheur l’aperçut le 31 août. Et frappé par l’étrange boîtier sur le dos de la cigogne, il la captura et l’emmena au poste de police local. Un oiseau espion dont la photo tourna à la une de tous les journaux. Il faudra attendre l’arrivée du chef des services vétérinaires de la région pour lever le voile sur l’étrange boîtier.

Pour autant, la cigogne lavée de tout soupçon ne fut pas relâchée. L'oiseau fut retenu derrière les barreaux, le temps que le procureur se saisît de son cas. Le 2 septembre, la Justice relaxa Ménes. Et la cigogne fut confiée aux bons soins d’un ranger d’un parc pour qu’elle recouvrât la liberté au sein de l’aire protégée de Ghazal et Salugah, annonça le jour même l’association égyptienne Nature Conservation Egypt. Cette dernière fut contactée par son homologue hongroise pour identifier sa cigogne disparue des radars. Ménes ou simple coïncidence ?

Sur la page Facebook de l’association, les premiers pas vers la liberté de Ménes. Le lendemain de sa libération, l’oiseau s’aventura sur une île du Nil. Mal lui en a pris : elle y trouva la mort. Accident ? Chasse ? D’un côté, le responsable des aires protégées du sud de l’Egypte argua que la population locale avait trouvé l’animal gisant. De l’autre, l’association naturaliste nota que cette dernière la captura pour la croquer... Une coutume locale comme ailleurs l’on mange des ortolans. Une chose est sûre : si la cigogne venait bien de la froide Hongrie, Ménes n’aura pas achevé sa première migration.

Virginie Bhat


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