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Marseille : de drôles d'oiseaux dans les filets de la justice


Mercredi 19 Février 2014


Les chardonnerets chantent tant et si bien qu’ils attisent les convoitises. Et autour de leur chant s’organise un trafic lucratif mais illégal. Opération coup de poing sur le marché aux puces de Marseille dimanche 16 février.




Dimanche dernier, le comité de lutte contre les atteintes à l'environnement Colaen 13 (1) a débarqué en force au marché aux puces de Marseille. Pas moins de sept agents de la police nationale, sept agents des douanes, deux agents de la Direction départementale de la protection des populations, sept agents de l’Oncfs, appuyés par 30 CRS et sous la direction du vice-procureur au parquet de Marseille assisté du vétérinaire spécialisé du TGI ont participé à l’opération ciblée (2). Leurs objectif : la lutte contre le trafic de la faune sauvage.

Un chardonneret se vend entre 80€ et 200€ au marché noir

Ce n’est pas l’ivoire que les autorités espéraient trouver. Mais des animaux plus petits que les espèces emblématiques du commerce illégal que sont les éléphants ou les tigres. Des chardonnerets entre autres dont le chant mélodieux aiguise les appétits. Si mélodieux que ses amateurs n’hésitent pas à acheter des oiseaux sous le manteau. Oiseaux capturés sur le territoire français ou importés aussi illégalement.
Illégalement car ces chardonnerets sont des espèces protégées, à quelques exceptions encadrées par un décret depuis le 11 août 2006.

Le prix de ces oiseaux oscille de 80€ à 200€, voire plus pour certains hybrides. Et le marché aux puces de Marseille est bien connu pour ses vendeurs à la sauvette. Bonne pioche : les agents ont pris dans leurs filets 102 animaux sauvages captifs : 77 chardonnerets, 24 tortues dont 23 grecques et une Hermann reprises à l'annexe 1 de la Convention de Washington, et un ara bleu ou ararauna, inscrit à l’annexe 2 de la Convention de Washington !

102 animaux saisis pour une valeur de 15 000 euros

Les autorités ont « procédé à la verbalisation et à l'audition de sept personnes, vendeurs à la sauvette de chardonnerets ou de tortues, ou responsables d'établissements de vente d'animaux protégés. Un total de 116 animaux sauvages captifs ont été décomptés et la saisie effective porte sur 102 animaux pour une valeur marchande de plus de 15.000€ » a précisé le procureur de la République en charge du dossier dans un communiqué lundi.

Bilan judiciaire de l’opération coup de poing : 24 délits relevés par l’Oncfs (espèces protégées), 28 contraventions (animaleries) et 2 délits (mauvais traitements à animaux) relevés par la DDPP et une transaction douanière de 200€ pour le détenteur de tortues. « Enfin, les boutiques concernées ont reçu une mise en demeure administrative de régulariser leur situation ou de cesser l’activité. Faute de régularisation, la préfecture prendra un arrêté de fermeture. »

la capture, la détention et la mise en vente d'espèces animales protégées, notamment les tortues et les chardonnerets, est passible de 6 mois à 1 an d'emprisonnement et 15 000 euros d’amende. L’Aspas a décidé de se porter partie civile.


(1) instance opérationnelle présidé par les trois procureurs du département
(2) à l'initiative de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS)


Virginie Bhat


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