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Les requins valent plus cher, vivants que morts


Mardi 3 Mai 2011


Les requins jouent-il un rôle dans la conservation de la biodiversité des fonds marins ? Sans aucun doute. Mais cet argument n’a pas suffi à éradiquer le déclin de ces populations dans le monde. Aussi des chercheurs australiens sont-ils partis à la pêche de nouveaux arguments. Ils en ont trouvé un. Le nerf de la guerre : la valeur économique de ces poissons-là. Et leurs conclusions sont simples : un requin peut rapporter plus, vivant que mort.




Les requins de récifs à Palau sont rois ©Richard Brooks/Pew Environment Group
Les requins de récifs à Palau sont rois ©Richard Brooks/Pew Environment Group
Près de 73 millions de requins sont pêchés chaque année dans le monde. Seuls les ailerons sont consommés. En soupe, un mets de la cuisine asiatique. En Asie bien sûr mais aussi dans les pays occidentaux où cette gastronomie connaît son succès. Que fait-on du reste de leurs corps ? Rien. Ou si peu que même l’Union européenne a tenté de trouver des débouchés alimentaires pour mettre un terme à ce gâchis…

Or cette pêche est devenu, au fil des décennies, surpêche. Et les requins disparaissent. Selon l’Union mondiale de la conservation de la nature, un tiers de leurs espèces est menacée d’extinction. Car les requins ont une reproduction si lente qu’ils ne peuvent pas se reproduire au rythme de leurs captures.

Des scientifiques australiens de l’Institut des sciences marines et de l’Université de l’Australie de l’Ouest se sont donc penchés sur une autre forme d’exploitation des requins. Exploitation plus douce et plus respectueuse de la nature et sa biodiversité. Ils ont étudié la façon dont l’archipel de Palau dans le Pacifique a su tirer bénéfice de leur présence dans ses eaux. Les habitants proposent aux touristes des plongées sous-marines avec vue imprenable sur les requins de récifs. Plongées qui séduisent environ 8600 personnes chaque année, soit 21% des plongeurs qui visitent les îles. Ce tourisme génère ainsi un revenu annuel de 18 millions de dollars (8% du PIB de Palau)


Palau a créé un sanctuaire marin pour ses requins

Selon ces chercheurs, chaque requin rapporte 179 000 dollars à l’archipel chaque année. Il représente 1,9 million de dollars au cours de sa vie… Mieux, si les pêcheurs de Palau capturaient 100 de ces requins, ils n'en tireraient que 10 800 dollars (0,00006% de la valeur de ces poissons exploités comme ressource touristique et non plus alimentaire).

Conscient de cette valeur, Palau a créé un sanctuaire de requins autour de ses îles en 2009. Privilégiant ainsi l’exploitation touristique à la pêche. D’autres Etats ont depuis interdit la possession, le commerce et la distribution des ailerons sur leurs territoires : Hawaï, les territoires de Guam, les Mariannes du Nord et les Iles Marshall.

« Le tourisme autour des requins peut être un moteur économique viable, a déclaré Matt Rand, directeur de la Conservation des requins au sein de Pew Environment Group qui a initié l’étude australienne. La surpêche des équins peut avoir des répercussions désastreuses sur les écosystèmes marins. Cette étude s’attache à un cas concret qui peut convaincre d’autres pays à s’intéresser à ces animaux pour leur bénéfice à l’océan et leur valeur au bien-être économique d’un pays ».

Virginie Bhat


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