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Les poules pondeuses ne sont pas toujours à la fête


Mardi 3 Janvier 2012


Ça y est. Les poules pondeuses en batteries vont enfin pouvoir prendre leurs aises. Enfin un peu plus qu’elles ne le pouvaient encore l’année dernière. Douze ans après son adoption, la directive européenne sur ces élevages est entrée en vigueur dans tous les Etats membres de l’Union européenne ce 1er janvier. La panacée ? Pas si sûr.




Sur les coquilles, chiffre et lettres précisent comment et où les œufs ont été pondus
Sur les coquilles, chiffre et lettres précisent comment et où les œufs ont été pondus
Jusqu'à présent les poules pondeuses de batteries vivaient dans des petites cages grillagées. Les unes à côté des autres. Les unes posées sur les autres. Dans de grands hangars. Leur seul loisir : manger. Leur seule fonction : pondre.

La nouvelle réglementation a imposé aux éleveurs de réaménager leurs cages. Désormais, celles-ci sont plus grandes : leur superficie est passée de 550 à 750cm2 par poule, leur hauteur de 35 à 45cm.Les poules ont maintenant un nid où pondre, de la litière pour gratter ou prendre un bain de poussière, un perchoir pour se percher, une mangeoire d’au moins 12 cm par oiseau et l’accès à un abreuvoir.


300 millions de poules pondeuses dans l'Union européenne

Ces nouvelles cages ne sont pas des nirvanas par rapport aux prés que les poules pondeuses installées en élevage en plein air ou biologiques arpentent. Pour autant, ces aménagements vont permettre aux poules de vivre un peu mieux.

Les pays de l’Union ont eu douze ans pour aider leurs producteurs d’œufs à prendre le bon virage. A temps surtout. Mais certains sont en retard. Question de coût ont-ils argué. Selon l’organisation européenne, Eurogroup for animal welfare, 17 millions de poules pondeuses de l’Union européenne auront fêté le nouvel an toujours dans leurs vieilles cages. Leurs élevages sont désormais hors la loi, a dénoncé l’ong dans un communiqué aujourd’hui. Et d’ajouter que la Commission européenne avait récemment confirmé qu’elle était prête à prendre des mesures contre les pays membres en contravention avec la directive.

En France, le ministère de l’Agriculture avait annoncé en septembre 2010 qu’il débloquait une enveloppe de 20 millions d’euros pour soutenir les élevages dans leur révolution. Le régime d’aide mis en place par le ministère prévoyait un taux de subvention à hauteur de 20% pour les investissements éligibles et un plafond de 50 000€ par exploitation.

Aujourd’hui l’Union européenne abrite sur son territoire 300 millions de poules pondeuses. 80% d’entre elles vivent et pondent en cages. Courtes vies en fait : elles y restent environ 13 mois selon la PMAF (Protection mondiale des animaux de ferme), puis cessent d’être rentables.


Les cages aménagées n'ouvrent pas sur des parcours à l'air libre

Car en dépit des nouveaux aménagements, la vie des poules pondeuses en cages n’est pas rose. En 2011, l’association L214, a tourné des images dans huit élevages français. Et l’association de dénoncer dans un communiqué : Sur ces images, il est difficile de voir la différence entre les élevages déjà aux normes "2012" et ceux qui ne les appliquent pas encore. Les conditions de vie des animaux restent misérables : poules entassées dans des cages, sans accès à l'extérieur, déplumées, crêtes tombantes, becs épointés et cadavres bloquant des œufs.

Les consommateurs savent dans quelles conditions les œufs qu’ils achètent sont produits. Sur chaque coquille, une série de chiffres et de lettres le leur précise. Série qui commence par un 0,1, 2 ou 3. Le 0 pour élevage biologique, 1 pour plein air et plein air Label rouge, 2 au sol et enfin 3 en cage. Un simple regard et l’achat devient responsable. Un petit coup de pouce au bien-être des poules pondeuses...

Virginie Bhat


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