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Les plathelminthes ont débarqué dans les Pyrénées-Atlantiques


Jeudi 4 Septembre 2014


Après les écrevisses de Floride, les frelons asiatiques, ce sont les plathelminthes qui envahissent les Pyrénées-Atlantiques. Ces redoutables prédateurs venus de l'hémisphère sud boulottent, entre autres, les vers de terre et menacent la biodiversité locale. Un point à deux semaines des premières assises nationales consacrées aux espèces exotiques envahissantes.




En mars dernier, le scientifique Jean-Lou Justine et son équipe lançaient un cri d'alarme : le plathelminthe de Nouvelle-Guinée avait débarqué dans les serres du Jardin des plantes de Caen. Le Platydemus manokwari, son nom scientifique, est une terreur à son échelle. Ce ver plat, marron une ligne claire au milieu du dos, est même épinglé sur la liste des cent espèces exotiques les plus néfastes au monde !

Mais pour l'heure nul n'a constaté sa présence ailleurs qu'à Caen. Par contre, il a des cousins qui ont été observés ailleurs. Dont les Pyrénées-Atlantiques.

Quatre des sept plathelminthes observés en France ont déjà envahi les Pyrénées-Atlantiques

Les Pyrénées-Altantiques sont particulièrement touchés par l'invasion des plathelminthes selon cette carte mise à jour régulièrement sur le blog de Jean-Lou Justine ©Jessica Thévenot/INPN (http://inpn.mnhn.fr)
Les Pyrénées-Altantiques sont particulièrement touchés par l'invasion des plathelminthes selon cette carte mise à jour régulièrement sur le blog de Jean-Lou Justine ©Jessica Thévenot/INPN (http://inpn.mnhn.fr)
Ses cousins appartiennent tous à la famille des Geoplanidae. Les uns ont été identifiés, comme le Parakontikia ventrolineata. Ce ver, corps allongé, tête fine, est originaire du Queensland en Australie. Mais les scientifiques supputent qu'il a fait un saut au sud de l'Angleterre avant de débarquer en France. D'autres n'ont pas encore été reconnus et ont de petits surnoms. Tel le « rayée jaune ». Ce plathelminthe viendrait peut-être d'Australie, lui aussi. Long de cinq à douze centimètres pour les plus grands, son dos porte une bande jaune et deux lignes noires.

Ces vers exotiques sont des carnivores. A leur menu : d'autres petites bêtes, dont les vers de terre locaux. Des vers de terre qui aèrent le sol et travaillent la terre. Des lombrics qui nourrissent la faune locale. Or jusqu'à présent, on ne connaît pas de prédateurs aux plathelminthes qui viendraient freiner leur prédation et invasion. Et au fil des mois, les plathelminthes grignotent le territoire.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, quatre espèces de plathelminthe, sur les sept jusqu'ici identifiées en France, sont déjà observées : le plathelminthe « rayée jaune », le Parakontikia ventrolineata, le plathelminthe « marron plate » et le Bipalium (plusieurs espèces différentes) !

Selon les scientifiques, les plathelminthes représentent une véritable menace de la biodiversité locale. Aussi Jean-Lou Justine, professeur au Muséum national d'histoire naturelle a créé en 2013 un blog dédié à ces vers terrestres invasifs. Un blog où il présente les plathelminthes. Et où il invite jardiniers et autres observateurs de la nature à signaler la présence sur leur territoire de ces envahisseurs d'un nouveau genre.

Nul doute que les plathelminthes seront à l'ordre du jour des premières assises nationales consacrées aux invasions biologiques. Des assises organisées à Orléans du 23 au 25 septembre prochain par le Comité français de l'Uicn, Union internationale pour la conservation de la nature, et ses partenaires. Les experts devraient y parler science et stratégie, d'attaques des aliens et surtout de défense !

Virginie Bhat


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