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Les pièges se referment sur le frelon asiatique


Vendredi 5 Avril 2013


En dépit d'un printemps tardif, les frelons asiatiques fourbissent leurs armes : leurs reines fondatrices sont sorties de leur hibernation et d'ici l'été vont construire leur nid... Les collectivités locales du Pays Basque appellent leurs citoyens à les piéger jusqu'au 31 mai. Arbonne a déjà distribué cent pièges, un par famille. Explications.




Les pièges à cloche emplis de grenadine attirent les reines fondatrices ©V.B
Les pièges à cloche emplis de grenadine attirent les reines fondatrices ©V.B
Frelons asiatiques : installez des pièges dès maintenant. Piqûre de rappel lumineuse sur la commune d’Urrugne. Les feuilles vertes tendres du printemps apparaissent et certaines communes du Pays Basque montrent les dents et appellent à la mobilisation de leurs citoyens pour faire face à l’invasion du prédateur ailé. Car c’est maintenant que son cycle de vie va repartir de plus belle.

Les reines fondatrices restaurent leurs forces au printemps de sucre

Le frelon asiatique à gauche, est bien plus dangereux pour les abeilles que le frelon européen à droite ©V.B
Le frelon asiatique à gauche, est bien plus dangereux pour les abeilles que le frelon européen à droite ©V.B
Les reines fondatrices sont sorties de leur hibernation. Elles passent leur temps à grignoter de ci de là à reconstituer leurs forces perdues à subir l’hiver. Mais bientôt, si ce n’est pas déjà fait, elles vont construire leur premier nid. Un petit nid de papier mâché où elles déposeront leurs premiers œufs. Trois semaines plus tard, des œufs naîtront les premières ouvrières, leur avant-garde.

Combien sont-elles ces reines fondatrices ? Nul ne sait. Personne ne les voit. Ennemies invisibles qui dans quelques mois auront donné naissance à des milliers d’individus, mâles et femelles. Aujourd’hui, le frelon asiatique est bien installé en France. Arrivé dans des poteries de Chine à Villeneuve sur Lot en 2004, l’espèce a conquis tout le grand sud-ouest de la France. Le nord était encore épargné l’an dernier. Jusqu’à quand ? Déjà quelques nids avaient été découverts dans la région parisienne la saison dernière. Plus au sud, Vespa velutina nigrithorax a franchi la Bidassoa et est parti à al conquête de la péninsule ibérique.

Le frelon asiatique n’a pas de prédateur en Europe. Grand gourmand d’abeilles dès l’été, il décime les ruches et laissent les apiculteurs sur la paille. Les autorités publiques ont l’an dernier pris la mesure de la menace. Et le ministre de l’Agriculture l’a classé dans la liste des dangers sanitaires de deuxième catégorie pour l'abeille domestique Apis mellifera sur tout le territoire français par un arrêté du 26 décembre 2012. Mais pour l’heure aucun plan national de lutte contre le frelon n’a vu le jour.

Arbonne propose des pièges à ses administrés

Les communes incitent leurs adminsitrés à piéger les reines fondatrices jusqu'au 31 mai prochain ©V.B
Les communes incitent leurs adminsitrés à piéger les reines fondatrices jusqu'au 31 mai prochain ©V.B
Alors les apiculteurs et les collectivités locales poursuivent leur combat. Et la seule parade que l’homme a trouvé pour freiner la prolifération du frelon, c’est le piégeage des reines fondatrices au printemps. Et la destruction des nids jusqu’à l’hiver.

Au Pays Basque, les collectivités ont désigné des référents frelons asiatiques. Ce sont à ces référents à qui les habitants peuvent signaler la présence de nids, qui dans leurs jardins, qui dans un bois... ou au bord d’une route.

Certaines communes poussent leurs administrés à fabriquer des pièges et les poser dans leurs jardins. Arbonne va encore plus loin. La municipalité a décidé d’acheter ces pièges et de les donner gratuitement aux Arbonars. Un par famille. Elle en a déjà distribué cent. Elle s’apprête à renouveler l’opération pour répondre à la demande.

Mercredi, à la mairie, la municipalité a organisé une réunion d’informations sur le piégeage des reines fondatrices. Devant une trentaine de personnes, Jean-Jacques Diharce, apiculteur amateur et référent frelons de la commune, a donné toutes les clefs pour mieux comprendre l’espèce et préciser les enjeux de sa prolifération. « En 2009, j’ai pris quatre frelons dans mon rucher. En 2010, 10. En 2011, 80. En 2012, 38 866 ! Au piège et au filet. Au filet lorsque les frelons s’attaquaient aux ruches. Les ouvrières recherchent surtout des protéines pour nourrir les larves. »

Les reines des frelons ne se voient pas, mais elles sont là

Les frelons ne reviennent jamais vers les nids de l'année passée ©V.B
Les frelons ne reviennent jamais vers les nids de l'année passée ©V.B
Et Jean-Jacques Diharce d’expliquer : « au printemps, il faut emplir les pièges d’eau et de grenadine. Les reines fondatrices recherchent du sucre. En été et à l’automne, pour nourrir les larves, leurs ouvrières recherchent des protéines. C’est la raison pour laquelle les frelons s’attaquent aux ruches et aux abeilles. Un seul individu peut manger 70 abeilles en une seule journée. Il serait possible de mettre dans les pièges de la bouillie de poisson ou de viande, mais la chaleur estivale rendrait intenable l’odeur ! »

L’année dernière, vingt-six nids ont été détruits sur la commune par une société spécialisée mandatée par la communauté d’agglomération Sud Pays basque dont est membre Arbonne. La communauté prend en charge le coût total de ces opérations. « Mais j’en ai dénombré finalement une trentaine. Les nids sont partout, à la cime des feuillus surtout. Dans des granges parfois... Tous n’ont donc pas été détruits et des reines fondatrices ont pu passer l’hiver tranquillement. Jusqu’à la fin mai nous devons les piéger. Même si vous ne les voyez pas, elles existent ! »

Ester Gran


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