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Les papillons de jour sont en danger


Lundi 4 Juin 2012


Urbanisation, intensification des pratiques agricoles, changement climatique... certains papillons de jour en paient le prix fort : seize sont menacés de disparition sur le territoire métropolitain.




Les papillons contribuent à la pollinisation des plantes à fleur ©V.B
Les papillons contribuent à la pollinisation des plantes à fleur ©V.B
Les papillons de jour ont un talon d’Achille : pour la plupart, leur cycle de reproduction dépend d’une seule ou plusieurs plantes. En effet, lorsque la femelle est fécondée, elle cherchera la plante idéale où elle pourra pondre d’une dizaine à une centaine d’œufs. En fait, chaque espèce de papillon est tributaire d’une ou plusieurs plantes hôtes où ses œufs se développeront et ses chenilles se nourriront.

Les papillons de jour dépendent de leurs plantes hôtes

Un vrai talon d’Achille ! Lorsque leurs plantes hôtes viennent à disparaître des paysages, elles entraînent dans leur chute la disparition de ces insectes. Aussi les papillons sont-ils extrêmement sensibles aux transformations de leurs habitats. Souvent d’ailleurs, ils sont des bio-indicateurs des milieux dans lesquels ils vivent. Leur présence ou leur absence d’un espace naturel témoigne de l’état de santé de ce dernier.

Le développement des activités humaines réduisent comme peau de chagrin les milieux naturels et menacent la plupart des espèces de papillons de jours. Les scientifiques se sont penchés à leur chevet. Le Comité français de l’Union mondiale pour la conservation de la nature (Uicn) et le Muséum national d’Histoire naturelle, en collaboration avec l’Office pour les insectes et leur environnement et la Société entomologique de France ont étudié la présence des 257 papillons de jour sur le territoire métropolitain. .En mars dernier, ils ont publié leur liste rouge. Les conclusions sont implacables : parmi ces 257 espèces, seize d’entre eux sont menacés de disparition en métropole, dix-huit autres quasi menacés.

Toutes les activités humaines ont un impact sur les populations de papillons

« Ainsi, le Mélibée est menacé par la disparition des prairies humides à Molinie, sa plante-nourricière, remplacées notamment par des plantations de résineux, explique les auteurs de la liste rouge. Il ne subsiste plus que dans quelques localités du massif du Jura et se trouve désormais “En danger critique” en France. »

La seule intensification des pratiques agricoles n’explique pas tout. Loin de là. L’urbanisation et de développement des réseaux routiers participent à la disparition et à la fragmentations des habitats des papillons de jour. Sur le littoral méditerranéen l’hespérie du Barbon en fait les frais : personne n’en a vu un spécimen depuis plus de dix ans et l’espèce a été classé en danger critique.

La préservation des milieux sauvera ces insectes

Enfin le changement climatique provoque un déplacement des papillons : leurs populations s’installent plus au nord ou en altitude. Mais ils ne trouvent plus sur ces nouveaux territoires les plantes hôtes nécessaires à leur reproduction et donc leur survie.

« La préservation des papillons de jour passe nécessairement par celle des milieux où ils vivent. Une quinzaine d’espèces font déjà l’objet d’une protection réglementaire incluant leurs aires de reproduction et de repos, et les quatre Azurés du genre Maculinea bénéficient d’un plan national d’action, rappellent les scientifiques de la Liste rouge. Toutefois, le renforcement des mesures de préservation des habitats apparaît comme une nécessité pour enrayer le déclin des papillons en France. Comme pour beaucoup d’autres espèces, l’évolution des pratiques agricoles et l’arrêt de l’artificialisation des milieux naturels sont indispensables pour empêcher que les seize espèces aujourd’hui menacées ne disparaissent du territoire métropolitain et que les dix-huit autres “Quasi menacées” ne deviennent menacées à leur tour. »

Virginie Bhat


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