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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Les ours peuvent se faire de la bile


Mercredi 15 Décembre 2010


Voilà plusieurs années que le tocsin sonne pour les ours. Sur les huit espèces (1) qui existent dans le monde, six sont menacées d’extinction. Réchauffement climatique, réduction des habitats naturels et braconnage pèsent sur leur survie. Alors que dans les Pyrénées, les ours hibernent, petit tour d'horizon sur les menaces qui soufflent sur ces mammifères.




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Côté climat, à Cancun hier, à Durban l’an prochain, les Etats cherchent à circonscrire la hausse des températures à +2°C. L’ours blanc est le plus emblématique des animaux en mal de réchauffement. Son habitat naturel, la banquise, se racornit. Et voilà que sur le territoire qui lui reste apparaît un concurrent de taille : le grizzly. Depuis 1996, ce dernier a été observé qui remontait vers l’Arctique ! En quête de plus de fraicheur. Or si l’ours polaire est un pur carnivore, le grizzly, sous-espèce nord américaine d’ours brun est omnivore. La banquise qui s’amenuise laisse place à un habitat plus favorable au second. Le duel des géants serait-il commencé ?

Côté habitats naturels, chaque Etat est maître chez lui. Encore que… des accords internationaux doivent les inciter à protéger les aires que les espèces menacées fréquentent. Le principal est la Convention sur la biodiversité adoptée à Rio de Janeiro en 1992. Tous les quatre ans, les Etats qui l’ont ratifiée se réunissent pour remodeler ce traité international. C’est à Nagoya au Japon que s’est déroulée la 10è réunion en octobre dernier.

Dans l’Union européenne, la directive Habitat fait loi. Mais elle ne suffit pas à préserver l’ours brun. En cause la concurrence des activités humaines qui souvent chassent les gros mammifères, ici l’ours brun, ailleurs le tigre, ou l’éléphant. La France le sait bien qui a vu sa souche pyrénéenne disparaître. A l’échelon mondial, l’ours brun n’est pas considéré comme une espèce menacée. La Russie, le Canada, l’Alaska ou certains pays européens abritent de nombreux individus au regard des experts. Pour autant des petites populations sont menacées dans le sud de l’Europe et d’Asie. Sur le massif pyrénéen français, le comité français de l’UICN l’a rétrogradé du classement « en danger » à celui de « en danger critique » l’an dernier.

Côté braconnage, la lutte s’intensifie et pourtant… Le braconnage n’est pas tant faits d’arme illégaux de chasseurs en mal de trophées. Mais de trafiquants en quête de pattes d’ours, de bile… Autant de produits issus de mammifères morts réputés pour leurs vertus aphrodisiaques, médicinales… voire cosmétiques ! Longtemps cantonnés au marché d’Asie de sud, ces produits se trouvent, illégalement, dans des magasins d’Amérique du Nord.

Pour alimenter le marché en bile d’ours brun, certains pays ont développé des fermes d’élevage. Les animaux sont prélevés dans la nature, encore jeunes, pour être vendus aux élevages. Là, enfermés dans des cages minuscules, les techniciens prélèvent une fois tous les trois ou quatre jours, de la bile par seringue. Il existerait quelque 200 fermes en Chine qui exploiteraient environ 7500 ours… Au Vietnam où l’ong, WSPA, vient de mener une enquête, 3500 ours vivraient dans de telles conditions.

Le Vietnam abrite deux ours, l’ours noir d'Asie et l’ours malais. L’un et l’autre sont protégés par un décret national de 2006, leur capture et leur commerce sont interdits. Un an avant, en 2005, le gouvernement a décidé de s’attaquer à la question des fermes. Il ne fermait pas celles qui existaient mais interdisait de nouvelles implantations. Pour autant les trafiquants poursuivent leurs activités pour remplacer dans les fermes existantes les ours qui au fur et à meure meurent. La WSPA a constaté que les vertus médicinales de la bile sont fortement ancrées dans les populations locales. Outre le renforcement des contrôles sur les fermes et de la lutte contre le braconnage, l’ong préconise des campagnes d’informations pour que les mentalités changent.

« Le Vietnam ne peut pas avoir et des ours et leurs bile. » conclut WSPA dans son rapport. Une conclusion qui pourrait s'appliquer à d'autres pays concernant leur politique de sauvegarde de la biodiversité.


(1) Le panda (en danger selon l'UICN), l'ours malais (vulnérable), l'ours noir d'Asie (vulnérable), l'ours lippu (vulnérable), l'ours andin (vulnérable), l'ours brun (préoccupation mineure), l'ours polaire (vulnérable) et l'ours noir américain (préoccupation mineure).

Ester Gran


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