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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Les ours finiront-ils vieux garçons en Béarn ?


Lundi 3 Novembre 2014


Le 1er novembre 2004, Cannelle, la dernière ourse des Pyrénées disparaissait en Béarn, tuée par un chasseur. Depuis, les deux mâles Néré et Cannellito restent sans dame à honorer de leurs faveurs. Les associations, dont Ferus, appellent au renforcement d'ourse dans la région.




Le 1er novembre, Ferus accrochait une banderole à Escaut ©Ferus
Le 1er novembre, Ferus accrochait une banderole à Escaut ©Ferus
Le 1er novembre 2004, l'ourse Cannelle était abattue dans le Béarn. Sa mort signait l'extinction de l'ours pyrénéen dont elle était la dernière représentante sur le massif. Elle laissait un fils, Cannellito, âgé de huit mois. Si la dépouille de Cannelle aujourd'hui naturalisée est une pièce de musée à Toulouse, sa progéniture a grandi, beau mâle de plus de dix ans. A l'instar de son père Néré, Cannellito arpente les Pyrénées occidentales. Deux mâles solitaires qui chaque printemps cherchent une dame sur leur territoire. En vain.

Ferus suspend une banderole à l'entrée d'Escaut dans le Béarn

Car dans les Pyrénées occidentales les deux ours n'ont plus de femelle à se mettre sous la dent. Ces dames fréquentent toutes d'autres lieux, les Pyrénées centrales, et il y a peu de chances que les uns parviennent à allécher les secondes et les inciter à s'installer en Béarn, bastion historique des ursidés aux yeux des associations qui militent pour l'espèce.

Et c'est justement pour que l'espèce ne disparaisse pas des Pyrénées occidentales que Ferus ou Adet Pays de l'ours depuis des années y demandent un renforcement de femelles. « Si nous ne renforçons pas le noyau occidental, avec des femelles, l’espèce ne pourra atteindre « un statut favorable de conservation » sur le massif » assurent les associations.

Elles n'ont eu de cesse d'interpeller les gouvernements successifs et leur rappeler l'engagement de la France à protéger l'espèce en procédant à des réintroductions. Leurs demandes sont jusqu'à présent restées lettres mortes.

« Alors pour l'anniversaire de la mort de Cannelle, nous avons décidé de revenir sur le terrain, explique Sabine Matraire, vice-présidente de Ferus. Samedi, nous avons suspendu une banderole à Escaut dans le Béarn, en souhaitant qu'elle y reste le plus longtemps possible. Nous espérons que l'on va en parler : le dimanche est jour de marché ! »

Pour les associations, la cohabitation entre élevage et ours est possible

Il a couru la rumeur que la jeune ourse Auberta, découverte orpheline le 17 avril dans le village d'Aubert dans le Val d'Aran pourrait rejoindre les deux mâles. Mais Sabine Matraire semble plutôt sceptique en la matière. Pour l'heure, l'oursonne qui a grandi depuis vit toujours dans en semi liberté dans un vaste enclos sécurisé par les autorités.

« Le ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a déclaré qu'elle donnait la priorité au pastoralisme, poursuit Sabine Matraire. Mais nous ne baissons pas les bras : la France s'est engagée à protéger les ours bruns et sans renforcement de la population, la population n'est pas aujourd'hui assez importante pour être viable dans le temps. Si l'Etat n'agit pas en ce sens, nous envisageons de saisir l'Union européenne pour l'y contraindre. Mais cette piste prendra quelque temps... »

L'été indien a désormais laissé place à l'automne. Les moutons ont quitté les estives béarnaises et Néré et Cannellito vont se préparer à affronter l'hiver. Au printemps prochain, les ours et les brebis devront de nouveau cohabiter sur le massif pyrénéen. Une cohabitation en laquelle les associations croient.
« En Béarn, sur 80 000 ovins en estive en zone de présence de l’ours, les dommages des ours indemnisés s’élevaient à 3 brebis en 2012, 5 en 2013, 12 en 2014, alors que les autres causes de mortalité représentent 2 à 3% du cheptel (1600 à 2400 bêtes)  » soutiennent-elles.

Et Sabine Matraire de rapeller : « En juillet dernier, il y a eu une confrontation entre quatre patous et un ours. Un des chiens est mort, ayant été victime d'un dérochement, le second blessé a été soigné et s'en est sorti. Comme les deux autres patous. Aucune brebis n'a été atteinte. »


Virginie Bhat


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