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Les oiseaux ont déserté les mangeoires


Samedi 21 Décembre 2013


Pas un chat dans les mangeoires et leurs propriétaires s’en inquiètent. Ou sont donc passés ces petits oiseaux qui chaque année, les premiers frimas automnales pointant leur nez pointent leur bec ? Question de météo pointe du doigt Nicolas Gendre, ornithologue à la Lpo.




L'absence d'oiseaux autour de leurs mangeoires inquiète les particuliers cet automne ©V.B
L'absence d'oiseaux autour de leurs mangeoires inquiète les particuliers cet automne ©V.B
Dans la plupart des jardins du Pays Basque et d’ailleurs, les petits oiseaux se font désirer. Certes des volées de moineaux, mais pas la queue d’une mésange charbonnière ou d’un pinson du Nord. « Depuis le mois d’octobre, nous recevons de plus en plus d’appels de personnes qui dans leurs jardins installent des mangeoires pour nourrir les oiseaux, explique Nicolas Gendre, ornithologue à la Ligue de protection des oiseaux. Elles constatent cet automne qu’il y en a très peu ! Je l'observe moi-même dans mon jardin à La Rochelle. «

La fréquentation aux mangeoires a chuté de plus de 30%

La météo du printemps a perturbé la reproduction des espèces ©V.B.
La météo du printemps a perturbé la reproduction des espèces ©V.B.
Les observations sont d’ailleurs relayées par l’Observatoire des oiseaux des jardins : globalement la fréquentation aux mangeoires a baissé d’au moins 30% en ce début d’hiver. D’une espèce à l’autre, les chiffres varient : moins 75% pour le pinson du Nord, moins 54 % pour la mésange bleue. Surprenant.

Face à cet afflux de coups de téléphone, la Lpo a décidé d’apporter quelques éléments de réponse et calmer les premières inquiétudes. Pour l’heure elle avance une météo perturbée. L’année 2013 est une année d’exception à bien des égards.

Au printemps dernier, les conditions météorologiques ont été mauvaises ; elles ont retardé l’arrivée des oiseaux dans les régions et perturbé leur reproduction. « D’un côté, les pluies, les températures peu élevées, la grêle... ont eu des conséquences importantes pour de nombreuses espèces, poursuit Nicolas Gendre. : moins de nichées, échec durant la couvaison, mort des poussins, problème au premier envol... De l’autre, le mauvais temps a retardé le développement des insectes dont se nourrissent beaucoup de passereaux pendant leur reproduction ! ».

Un automne clément et les oiseaux trouvent encore des insectes et des graines

La météo clémente en Europe du nord retarde l'arrivée des oiseaux au Pays Basque et ailleurs ©V.B.
La météo clémente en Europe du nord retarde l'arrivée des oiseaux au Pays Basque et ailleurs ©V.B.
Si les oiseaux ont payé le prix d’un mauvais printemps, ils ont profité d’un automne clément. Et de ressources alimentaires naturelles abondantes. D’une part, le printemps plus qu’humide a décalé les cultures et leurs récoltes de deux à quatre semaines remarque la Lpo. Notamment le tournesol en France.

Et cet automne où l’été indien s’est attardé, les populations d’insectes encore présentes, les graines dans les champs, comme les baies et les fruits des haies ont nourri les oiseaux ; ils n’ont pas eu besoin de se tourner vers les hommes et leurs mangeoires.

Autre phénomène météorologique : les premiers grands froids hivernaux n’ont pas encore envahi le nord de Europe. Car aujourd’hui encore, en Suède, en Finlande ou en Allemagne les températures restent douces : elles sont toutes au dessus de zéro degré. « Tant qu’elles y trouvent de la nourriture, certaines espèces ne migrent pas vers d’autres contrées. Elles ne sont pas encore arrivées en France » note l’ornithologue de la Lpo.


Les oiseaux se rapprocheront-ils des mangeoires aux grands froids ?

Le site de l'Observatoire des oiseaux des jardins permet de rassembler les observations sur tout le territoire ©V.B.
Le site de l'Observatoire des oiseaux des jardins permet de rassembler les observations sur tout le territoire ©V.B.
« Il n’est pas encore temps de s’alarmer, rassure Nicolas Gendre. Nous devons attendre les premiers grands froids si les oiseaux se rapprochent des mangeoires dans les jardins. » C’est la raison pour laquelle la Lpo invite les particuliers à faire part de leurs observations près de leurs mangeoires.

Un moyen ? Le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins. « Ce dispositif national lancé en 2012, conjointement par le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et la Lpo, a pour objectif de mieux évaluer les populations d’oiseaux communs, dont certaines espèces connaissent une régression importante de leur effectifs, précise la Ligue. »

En collectant et analysant les résultats, les deux partenaires espèrent bien confirmer ou infirmer si effectivement les oiseaux sont moins nombreux cette année et essayer d’en trouver la ou les causes. Alors à vos souris.

Virginie Bhat


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