Zooms

Les musées perdent leurs cornes de rhino

Beaux-Arts


Mercredi 7 Décembre 2011


Ce ne sont plus les tableaux de maître qui ont la cote chez les voleurs. Mais les cornes de rhinocéros. En début de semaine, des personnes ont assailli les gardiens du musée de la Chasse à Paris avec du gaz paralysant. Après les avoir ainsi neutralisés, elles se sont emparées de la corne d’un trophée de rhinocéros blanc. Ce rhinocéros avait été chassé en Afrique du Sud.




Ce n’est pas la première fois qu’un musée français est victime d’une telle exaction. En mars dernier, des voleurs ont dérobé une corne de rhinocéros noir au musée de Rouen. Ils avaient acheté leur billet d’entrée pour y pénétrer. Huit kilos et 30 centimètres en main, la corne datait de 1830. Les individus avaient tenté la nuit précédente de s’introduire dans les lieux. Mais l’alarme déclenchée avait alerté le gardien et les voleurs avaient pris la poudre d’escampette.

En juillet c’est au tour du musée de Blois. La tête de son rhinocéros naturalisée disparaît. Une tête qui pesait près de cent kilos. Un peu plus tard dans le mois, des individus s’introduisent de nuit au musée de l’île Aix. Ils scient la corne du rhinocéros noir, pièce naturalisée de sa collection.

Les musées français ne sont pas les seuls au monde à être visés. D’autres l’ont été ces derniers mois en Europe. Au point que l’organisation européenne de coopération policière, Europol, a mis en garde les autorités concernées en juillet dernier. L’organisme et l’Irlande avaient identifié un groupe criminel qui sévissait dans la revente illégale de cornes de rhinocéros volées.

La corne du rhinocéros aux vertus thérapeutiques ?

Le rhinocéros ne suscite pas seulement la convoitise des collectionneurs de trophées. Mais celle de ceux qui croient en la vertu thérapeutique de sa corne broyée en poudre. C’est en Asie que la demande est la plus forte. Mais aujourd’hui, le rhinocéros est une espèce protégée en Afrique et en Asie. Si dans certains pays sa chasse est autorisée, elle est soumise à de stricts quotas. Et le commerce international des cornes est strictement réglementé.

Pour autant, les menaces d’extinction qui pèsent sur certaines populations de rhinocéros, n’ont pas amadoué les amateurs d’élixirs médicinaux. La demande est très forte sur ces produits. Et donc le commerce illégal florissant. Car selon son poids et sa qualité, une corme de rhinocéros peut atteindre entre 25000 et 200 000 euros sur le marché noir selon Europol. D’où l’intérêt que porte le crime organisé au rhinocéros.



En Afrique et en Asie le braconnage redouble. En Afrique du Sud, 405 rhinocéros ont ainsi été abattus puis écornés. Une recrudescence de 21,6% par rapport aux onze premiers mois de l’année dernière. Le 25 octobre dernier, WWF a annoncé l’extinction du rhinocéros de Java au Vietnam.


Les voleurs s'attaquent désormais aux collections

Mais les trafiquants ne vont plus seulement chercher à la source, sur les terres africaines ou asiatiques, pour trouver des cornes de rhinocéros. Ils s’attaquent désormais aux collectionneurs de trophées, musées et peut-être bientôt aux parcs zoologiques qui possèderaient des spécimens vivants.

Virginie Bhat




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