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Les marées noires altèrent aussi la santé humaine


Jeudi 2 Septembre 2010


Si les marées noires souillent les côtes et les fonds marins, tuent faune et flore, elles ont aussi un impact suri la santé des hommes. Une étude espagnole où plus de 700 marins de Galice ont participé le souligne.




Des hommes protégés par des combinaisons et des masques en pleine marée noire du Prestige ©Ifaw/J.Rodriguez
Des hommes protégés par des combinaisons et des masques en pleine marée noire du Prestige ©Ifaw/J.Rodriguez
Chaque année, plus de 11000 pétroliers sillonnent les mers. Dans leurs entrailles, plus de 2,2 milliards de tonnes de pétrole. D’un port à l’autre. A la surface des eaux. Seulement voilà, parfois ces monstres de ferraille cassent. Pour une raison ou une autre. Un échouage, une collision, une avarie, une fausse manœuvre lors du chargement ou déchargement au port… Et des flots de ce que l’on appelle l’or noir se déversent dans les océans qu’ils souillent.

A chaque catastrophe, les spécialistes ont fait le décompte. Et d’année en année le bilan s’est alourdi. De 1970 à 2009, 9522 pétroliers ont eu un problème et ont laissé échapper de leurs soutes 5,65 millions de tonnes de pétrole. Les statistiques tenues par l’Itopf (International tanker owners pollution fédération), n’intègrent pas les pollutions de moins de 7 tonnes, faute d’en être averti.

En quarante ans, les catastrophes dues aux pétroliers, heureusement, se sont effilochées. L’année 1979 fut la plus désastreuse au niveau mondial : pas moins de 95 pétroliers ont provoqué une marée noire et perdu 641 000 tonnes de pétrole. L’an dernier, 100 tonnes de pétrole ont été déversées dans les eaux par 3 tankers. Restent les plates-formes pétrolières… Les spécialistes bataillent encore sur la masse exacte de pétrole échappée de BP dans le Golfe du Mexique.

Ces quarante dernières années, parmi les 9552 cargos pollueurs, 444 contenaient plus de 700 tonnes de pétrole. Ce fut le cas du pétrolier le Prestige qui, devant les côtes de la Galice en Espagne, se brisa en deux et coula. Le procès tant attendu pour déterminer les responsabilités des uns et des autres devrait débuter à la fin de l’année en Espagne.

Dans ses entrailles, 67 000 tonnes de pétrole qui se sont répandues dans l’eau. La nappe s’est accrochée aux rochers et aux côtes, a pollué faune et flore. Des galettes ont remonté le golfe de Gascogne pour s’échouer jusqu’aux plages françaises. C’était en 2002.

Tous les nettoyeurs n'ont pas porté de masque en 2002 ©Ifaw/Wright
Tous les nettoyeurs n'ont pas porté de masque en 2002 ©Ifaw/Wright
Plus de 300 000 hommes et femmes se sont mobilisés pour sauver au mieux de leurs moyens l’environnement. Ils sont venus nettoyer les plages, ramasser les oiseaux englués dans la marée noire... Pour les plus chanceux des animaux, des spécialistes d'associations de protection de la nature, comme Ifaw, dépêchés sur les lieux, ont pu les soigner et les relâcher par la suite.

Des scientifiques espagnols ont voulu se pencher sur les conséquences de la marée noire sur la santé humaine, si conséquences il y avait. Entre 2004 et 2005, une première étude avait été menée sur près de 7000 marins de Galice impliqués dans le nettoyage en 2002. Elle a révélé que ces hommes présentaient des troubles respiratoires. Troubles moins sévères chez ceux qui avaient porté des masques de protection.

Une nouvelle étude paru sur le site de Annals of internal medicine vient de paraître qui pousse un peu plus loin les investigations. Les chercheurs ont analysé l’impact de l’exposition aux hydrocarbures sur la santé de pêcheurs galiciens, deux ans après le naufrage du Prestige. Y ont collaboré 501 marins exposés aux hydrocarbures et 177 autres qui ne l’ont pas été.

Conclusions : les pêcheurs qui ont participé au nettoyage des côtes présentent plus de troubles respiratoires et d’altérations chromosomiques des lymphocytes que les autres. L’étude indique que l’exposition à des hydrocarbures peut avoir des effets néfastes sur la santé.

Toutefois, les scientifiques précisent que leurs analyses ont leurs limites. Leurs observations ne peuvent pas être extrapolées aux autres populations qui ont participé au nettoyage des côtes souillées par le Prestige. Ni à des populations qui seraient en contact avec d’autres pollutions pétrolifères. Ni aux personnels des plates-formes pétrolières…

Le pétrole que ces pollutions charrient est toujours un peu différent. Les scientifiques appellent à plus d’études pour que les autorités sanitaires puissent protéger les populations lorsqu’elles sont confrontées à ces pollutions.

Ester Gran


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