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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Les grues, les trompettes de la nuit


Mardi 8 Novembre 2011


On les entend à l’automne parfois dans la nuit. Elles trompettent. Elles glapissent. Une fois, deux fois… fort lorsqu’elles sont au-dessus des têtes. Puis leur cri s’éloigne et le silence retombe. Elles sont parties. Lorsque la lune éclaire le ciel, on peut percevoir leurs silhouettes, en formation. Comme un V dessiné. Elles, ce sont les grues cendrées. Plumage gris ardoise. Des plumes noires sur leurs ailes. Les couples sont unis à la vie.




Les grues migrent même sous la pluie basque
Les grues migrent même sous la pluie basque
En France l’espèce est protégée depuis 1967. Quelques populations y hivernent. En Champagne, en Lorraine, dans le centre et les Landes. Pas loin de la côte basque, la réserve d’Arjuzanx est bien connue pour en accueillir depuis 1983 des centaines. Ces grands oiseaux-là y trouvent tout ce dont elles ont besoin pour passer l’hiver. Des champs de maïs autour pour se nourrir et des zones humides sur la réserve pour se reposer.

Les premières grues sont arrivées sur Arjuzanx le 2 octobre dernier. Un mois plus tard, le 3 novembre, leur population a compté 10 501 individus ! Une richesse ornithologique qui a incité la réserve à organiser la fête des grues ce mois-ci. Jusqu’au 16 novembre prochain, elle propose expositions, animations et conférences.

Celles qui passent au-dessus du Pays Basque s’arrêteront en Espagne surtout. Dans la Lagune de Gallocanta (40 000 oiseaux) dans la province de Saragosse ou plus loin encore en Estrémadure. Puis en février, l’espèce reprend son vol. Elle remonte vers les pays où elle va nidifier. Elle emprunte une route un peu plus à l’est qu’à l’automne. Elle s’arrête néanmoins sur les mêmes sites à chaque fois explique la LPO de Champagne-Ardennes.

La grue niche surtout dans le nord de l’Europe jusqu’en Sibérie ou Turquie : Russie, Finlande, Suède, Pologne, Allemagne, Norvège, Lettonie, Estonie, Biélorussie, Lituanie, Ukraine, Turquie, Danemark, Arménie. Mais certains couples s’arrêtent en Grande-Bretagne voire en France. Leur population est estimée entre 350 000 à 370 000 oiseaux adultes selon Birdlife.

Si les grues se rassemblent pour migrer et hiverner, c’est dans la solitude du couple qu’elles se reproduisent. Mâle et femelle, éloignés des autres couples, vont construire leur nid composé d’herbes posées à même le sol. C’est en mai que l’œuf ou les deux œufs sont pondus. Les deux adultes le couvent à tour de rôle. Un mois après le petit naît. Ou les petits. Rapidement, il est capable de suivre ses parents dans la recherche de nourriture. Insectes, mollusques d’abord, puis des végétaux.

Il suivra ses parents dans leur migration hivernale. En août et septembre à Öland, une île suédoise. Puis à Rügen, une île de la mer Baltique ou à l’intérieur de l’Allemagne où des milliers de grues cendrées se rassemblent avant de prendre la route du sud-ouest de la France pour franchir les Pyrénées. Comme celles qui passent parfois au-dessus de la côte basque. La jeune grue cendrée restera avec ses parents jusqu’à la fin de l’hiver.

Virginie Bhat


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