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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Les grands cormorans, ces pêcheurs trop impénitents


Lundi 17 Mars 2014


Silhouettes noires sur le rocher de la Milady à Biarritz. Les grands cormorans de retour après les dernières tempêtes étalent leurs ailes au soleil. Leur espèce est protégée mais dans certains départements, tels les Pyrénées-Atlantiques, on la tire en période de chasse. Leur pêché : leur prédation dans les eaux piscicoles.




Les grands cormorans sont une espèce protégée ©V.B.
Les grands cormorans sont une espèce protégée ©V.B.
Les vigies sont de retour sur le rocher de la Milady à Biarritz. Elles avaient déserté la roche le temps des tempêtes qui l'ont balayé cet hiver. Leurs noires silhouettes tranchantes sur le ciel et l'océan azur ne disent mot. Mais elles observent.

Le printemps, quelques plumes blanches, les grands cormorans arborent leur plumage nuptial

La légère brise ébouriffe leur plumage lustré et découvre des plumes blanches. Au cou. Sur les cuisses. Etonnante blancheur ! En hiver, les vigies ne quittent pas leur costume sombre. Mais le souffle du printemps a déjà soufflé pour leur espèce. La trompette des amours a sonné. Et les grands cormorans (1) arborent leur tenue de parade. Fièrement ancrés sur leur rocher que l'océan aujourd'hui caresse.

Bientôt les couples unis iront construire leur nid, fait de branchages, de roseaux ou d'algues. Dans des arbres bas, au sol ou sur des corniches des falaises. Puis la dame y pondra ses oeufs de l'année, trois ou quatre, la coquille bleu pâle. Une trentaine de jours plus tard, les oisillons naîtront. Nourris de poissons régurgités par leurs parents, ils prendront leur premier envol quelque cinquante jours après leur éclosion.

C'est à l'âge de trois mois qu'ils prendront leur indépendance. Ils devront attendre quatre à cinq ans pour devenir adultes matures et convoler en noces. A l'instar de leurs parents. Leur plumage jusqu'alors brun tacheté de blanc revêtira alors la noire couleur de leurs aînés.

Le grand cormoran est une espèce grégaire

Le grand cormoran, 80 à 100 centimètres de longueur, 1,7 à 3,2 kg de poids, est une espèce grégaire et vit en colonies, installées sur les corniches de falaises, les arbres...

Il a été une espèce menacée que l'Europe a décidé de protéger en 1979. Au fil des années, ses populations ont progressé. Au point qu'aujourd'hui, certains la considère indésirable.

Non grata sur les cours et plans d'eau où la sous-espèce continentale plonge pour prélever son dû. Un dû qui oscille entre 200 et 700 grammes de poissons pour vivre.

Le grand cormoran fait de l'ombre aux pêcheurs. Son ombre au-dessus des piscicultures est honni des aquaculteurs.

Pour tordre le cou à cette menace, le ministère de l'écologie permet de déroger à la protection de cette espèce dans certains départements. Dérogation soumise à un quota et une autorisation préfectorale.


Dans les Pyrénées-Atlantiques, 250 grands cormorans ont pu être tirés cette saison

C'est ainsi que dans les Pyrénées-Atlantiques, les autorités publiques ont permis de tuer au maximum 250 grand cormorans sur la saison 2013/20134. Par tir, dès l'ouverture de la chasse au gibier d'eau en août dernier jusqu'au 28 février, « sur les secteurs d'eaux libres et de pisciculture où la prédation des grands cormorans présente des risques pour les peuplements piscicoles. »

Seuls des tireurs habilités auront pu abattre leurs noires silhouettes, après en avoir informé dans un délai de 24 heures précédent l'opération, le coordinateur dans le département, des actions et des lieux de tir de régulation.

Depuis quinze jours donc, les grands cormorans peuvent en toute quiétude poursuivre leur pêche. Etonnantes silhouettes qui après leur plongeon, étalent leurs ailes aux soleil. Immobiles vigies.

Virginie Bhat


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