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Les chevreaux mourront debout


Mardi 16 Avril 2013


Des années durant, les chevreaux français sont partis vers l’abattoir dans des cages à dinde. Sans la ténacité de l’association L214, leur calvaire aurait pu perdurer sous les yeux complaisants des autorités publiques.




L214 - Éthique & animaux
L214 - Éthique & animaux
Depuis 1993, les textes de loi sont pourtant clairs. Tant européens que français. « Les animaux doivent disposer de suffisamment d'espace pour rester debout dans leur position naturelle » précise la directive européenne relative à la protection des animaux en cours de transport adoptée cette année-là. Tous les animaux. Sans exception. Et pourtant les chevreaux, déchets de l’industrie laitière, partent vers l’abattoir, entassés dans des cages à dindes ! Des cages où les jeunes caprins se tiennent serrés les uns contre les autres. Sans pouvoir même se tenir debout. Pourquoi ? Economiser la place dans les camions de transport. Et donc réduire les coûts ?

L'association L214 dénonce en 2009 les conditions de transport des chevreaux

©L214 - Éthique & animaux
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En juin 2004, la Direction générale de l’alimentation pond une note de service qui autorise, à la demande de la filière, le transport des chevreaux dans des cages de volailles de 22 cm de hauteur à l'âge de 3-4 jours et de 37 cm de hauteur à l'âge de 25-32 jours. Or, ces dimensions ne permettent toujours pas aux chevreaux de se tenir debout.

Un an plus tard, un nouveau règlement européen sur le transport des animaux d’élevage est adopté. « Un espace suffisant est prévu à l’intérieur du compartiment destiné aux animaux, précise Article 1.2 de l’annexe I chapitre II du règlement (CE) n°1/2005 relatif à la protection des animaux pendant le transport, et à chacun des niveaux de ce compartiment afin de garantir une ventilation adéquate au-dessus de la tête des animaux lorsqu’ils sont debout dans leur position naturelle, sans qu’en aucun cas leurs mouvements naturels puissent être entravés. »

Pourtant rien ne change dans les camions. Le calvaire des animaux aurait pu durer longtemps si l’association L214 n’avait pointé son nez dans cette affaire, il faut bien le dire, de mauvais traitements.

Alors que Pâques approche en 2009, les marchés aux agneaux et aux chevreaux bruissent. Ils vont répondre à l’appel des traditions. Traditions qui veulent que ces jours-là chevreaux ou agneaux, trônent sur les tables. Non pas en chair et os, mais leur viande. L’association de protection animale, L214 décide de se rendre sur le marché de Parthenay. Et là stupeur : des animaux tassés dans des caisses trop basses pour eux : ils ne peuvent même pas se tenir debout ! L’association filme les scènes. « Cette situation - tolérée par les services vétérinaires - est illégale. Des images ont été prises et ont servi de base pour des actions destinées "simplement" à faire respecter la réglementation en vigueur » explique L214.

Elle n’en reste pas là. D’abord, elle porte plainte contre le transporteur pour mauvais traitements (R654-1 code pénal) et non respect de la règlementation relative à la protection des animaux pendant le transport. Ensuite, elle alerte la DGAL, Direction générale de l'alimentation qui s’engage « à rectifier la situation pour que les transports se fassent en conformité avec la réglementation à partir de la prochaine saison d'agnelage. A l’été 2009, la députée Muriel Marland-Militello interroge le ministère de l’Agriculture sur ce sujet. Réponse lui est apportée un mois plus tard : « En ce qui concerne spécifiquement les transports d'agneaux et de chevreaux en caisses, une instruction spécifique à l'attention des DDSV rappellera les dispositions de ce règlement communautaire. »

Le 26 mars dernier, la Dgal permet enfin aux chevreaux de se tenir débout !

©L214 - Éthique & animaux
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Pendant quatre ans, L214 sonne le tocsin. Ses équipes reviennent sur les marchés et dénoncent l’immobilisme... Certes des réunions sont organisées entre les différents acteurs de la filière pour améliorer les conditions de transport. Une étude est même menée par l’Inra sur la question alors qu’une plainte est déposée à l’encontre de la France en 2010 auprès de la Commission européenne.

Mais cette « étude menée n'ayant pas mis en évidence de résultats significatifs en la matière, elle ne peut servir de fondement à une dérogation au règlement, d'autant que le transport de chevreaux en bétaillère dans les autres Etats membres concernés (Italie, Espagne) démontre qu'il peut être réalisé dans de bonnes conditions, sans stress ni blessures ou hématomes contrairement à l'affirmation de certains opérateurs » écrit enfin la Dgal dans une note de service aux préfets le 26 mars dernier.

Avant le 1er novembre prochain de cette année, les chevreaux pourront donc se tenir debout (1) alors qu’ils voyageront vers leur mort programmée. .

« Pendant 20 ans, les chevreaux ont été transportés illégalement dans des cages à dindes avec la bénédiction des autorités, rappelle Brigitte Gothière, porte-parole de L214. Nous restons donc vigilants et attentifs aux contrôles que l'Etat exercera pour faire appliquer cette interdiction enfin reconnue. »


(1) Dans sa note de service du 26 mars dernier, la Dgal précise : Le transport des chevreaux en caisses / cages reste possible sous réserve que ces caisses / cages soient aménagées de manière conforme aux exigences réglementaires telles qu'elles sont rappelées au point B. de l'Annexe de la présente note, notamment en termes de :
- hauteur : les cages doivent permettre aux animaux de pouvoir adopter une posture debout naturelle, c'est à dire sans obligation de baisser la tête ou de fléchir les membres
- condition de récupération des fèces et urine
- conditions d'utilisation assurant la sécurité des animaux


Toutes les photos sont crédités L214 - Éthique & animaux sous Creative Commons Paternité 3.0 Unported License

Virginie Bhat


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