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Les camions emprunteront-ils l'autoroute de la mer?


Jeudi 16 Septembre 2010


Voilà neuf ans était lancé le label européen autoroute de la mer. Ce matin, la première liaison entre la France et l'Espagne sera inaugurée par Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports et Jose Garcia Lopez, ministre espagnol des Travaux publics et des Transports. Les transporteurs routiers sauront-ils répondre à l'appel du large?




Les camions européens défilent au péage de Biriatou élargi récemment  au pied des Pyrénées. Dans un sens comme de l'autre. Sauront-Ils répondre à l'appel d'autres autoroutes? ©xoriburu.info
Les camions européens défilent au péage de Biriatou élargi récemment au pied des Pyrénées. Dans un sens comme de l'autre. Sauront-Ils répondre à l'appel d'autres autoroutes? ©xoriburu.info
Début septembre dernier, le Norman Bridge quittait le port de Montoir-de-Bretagne en Loire Atlantique. Direction : Gijon dans les Asturies. A son bord : quelques camions et des voitures particulières. Trois fois par semaine désormais, ce bateau fera la rotation entre les deux ports. A son bord des camions et leurs chauffeurs. Le début d’une autoroute maritime ? C’est le but en tous les cas. Mais la liaison devra faire ses preuves avant de passer à la vitesse supérieure. Les transporteurs routiers vont-ils être intéressés par la manœuvre ? Vont-ils délaisser l’A10 en France qui ne cesse de s’engorger ? C’est la grande inconnue.

Cette ligne, développée par GLD Atlantique (joint-venture entre Grimaldi et Louis Dreyfus Armateurs), ne devrait pas être la seule autoroute maritime entre la France et l’Espagne. Les deux Etats se sont engagés sur trois autres lignes exploitées par Acciona Transmediterranea : Nantes-Saint-Nazaire à Vigo, Le Havre à Vigo et Le Havre-Vigo-Algeciras.


Les deux pays auront déposé dans la corbeille de la première mariée 30 millions d’euros sur cinq ans. L’Union européenne apporte une enveloppe de 4 millions d’euros pour la seule ligne inaugurée demain. Les autoroutes de la mer sont dans les cartons européens depuis une vingtaine d’année. C’est en 2001 que ce label a été vraiment lancé. Un programme européen du joli nom de Marco Polo a prévu entre 2007 et 2013 un budget total de 450 millions d’euros. Le but affiché est de réduire le trafic routier terrestre et l’émission de gaz à effet de serre. A terme, les autoroutes de la mer développées à partir de la France devraient reporter de 5 à 10% des trafics routiers qui franchissent les Alpes et les Pyrénées vers le transport maritime. Un objectif déclaré lors du Grenelle de l’Environnement.

Le Norman Bridge a une capacité d’accueil de 130 camions environ, et 800 passagers. Il mettra quatorze heures pour franchir le golfe de Gascogne. Des cabines sont à la disposition des chauffeurs. Ces derniers auront donc le temps de se reposer. Ils doivent avoir un temps de repos de onze chaque vingt-quatre heures. Il coûtera à chaque transporteur 450 euros par liaison.

Dans la matinée, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux transports, et Jose Blanco Lopez, ministre espagnol des travaux publics et des transports inaugureront cette première autoroute de la mer à Montoir-de-Bretagne, aux portes de Saint-Nazaire.

Certains espèrent que la rotation du Norman Bridge va s’intensifier au cours des mois. Ainsi, pour Gérard Allard, membre du Directoire du réseau Transports et Mobilité Durables : « l’offre restreinte de 3 allers/retours hebdomadaires risque de ne pas être suffisamment incitative. Economiquement, le projet d’autoroute de la mer ne saurait être concurrentiel qu’à haute fréquence, à raison de 3 départs par jour, seule capable d’engendrer des transferts significatifs de la route à la mer »
L’intérêt économique pour les transporteurs routiers à emprunter ce service pourrait être modéré au regard du coût de transport annoncé : 450 euros par camion, coût quasi-identique à celui du transport routier mais avec des conditions logistiques plus contraignantes s’inquiète ainsi France Nature Environnement.

Dans un communiqué conjoint, France Nature Environnement et la CFDT ont insisté « sur la nécessité d’assurer une meilleure formation des équipages. Les autoroutes de la mer ne devront pas servir de cheval de Troie aux tentations de gigantisme (supertankers) et autres ports de haute mer (hub) qui tous deux augmenteraient l’exposition aux risques de catastrophes. »

Les deux organisations ont appelé à une exemplarité dans le domaine social et environnemental. C’est sur le front social justement que la CGT veut attendre Dominique Bussereau à Montoir de Bretagne. La fédération nationale des ports et docks CGT a déposé hier un préavis de grève sur le port de Nantes-Saint-Nazaire. Elle organise une manifestation ce matin à 8 heures à Montoir, deux heures et demi avant l’inauguration officielle prévue dans la matinée.

Ester Gran


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