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Les bourdons européens ont… le bourdon


Mercredi 2 Avril 2014


A l'instar des abeilles, les bourdons européens sont les petites mains de la biodiversité végétale et de l'agriculture. Or une espèce sur cinq de ces pollinisateurs est menacée d'extinction selon une récente étude européenne. Cri d'alarme de l'Uicn et de l'Union européenne.




La population Bombus cullumanus à chûté de 80% en dix ans. Un déclin dû au changement des pratiques agricoles, dont la disparition du trêfle ©Pierre Rasmont/Uicn
La population Bombus cullumanus à chûté de 80% en dix ans. Un déclin dû au changement des pratiques agricoles, dont la disparition du trêfle ©Pierre Rasmont/Uicn
Le bourdon n'est pas le roi des abeilles, le compagnon de leur reines et le père de ses enfants. Les bourdons sont des espèces différentes des abeilles, les premiers et les secondes rassemblés au sein d'une même famille Apidae. A l'instar des abeilles, les bourdons sont les pollinisateurs indispensables à la reproduction végétale. Tant de la flore sauvage que des plantes cultivées par l'homme. Or, comme leurs cousines, ces insectes sont menacés révèle une récente étude scientifique menée à l'échelon européen.

Une espèce de bourdon sur cinq est menacée d'extinction

Le plus gros des bourdons européens, le Bombus fragran, est menacé par l'intensification de l'agriculture qui détruit son habitat  dans les steppes d'Ukraine et de Russie  ©Göran Holmström
Le plus gros des bourdons européens, le Bombus fragran, est menacé par l'intensification de l'agriculture qui détruit son habitat dans les steppes d'Ukraine et de Russie ©Göran Holmström
Les auteurs de l'étude ont étudié 68 espèces de bourdons européens. Et leurs conclusions sont inquiétantes : 46% connaissent un déclin de leurs populations. Parmi lesquelles 24% d'entre elles sont menacées d'extinction, soit près d'une sur cinq ! 29% ont un effectif stable, 13% une population en hausse. Une bonne nouvelle au moins !

Les bourdons n'aiment pas le changement climatique, ni l'intensification de l'agriculture ni les changements des paysages agricoles. Ce sont là les trois principales causes du déclin de leurs populations. Sans compter, dans une moindre mesure, la pollution issue des pratiques agricoles et la perte de leur habitat dû au développement urbain.

« Beaucoup de ces espèces vivent dans des aires géographiques restreintes et sont peu nombreuses, commente Pierre Rasmont, membre du projet Step (statuts et tendances des pollinisateurs européens) et du groupe spécialisé dans les bourdons au sein de L'union internationale pour la nature (Uicn). Elles sont très souvent extrêmement inféodés à leurs plantes hôtes, ce qui les rend très sensibles au moindre changement environnemental. »

Restaurer les haies ou les prairies favorisera la renaissance des bourdons

Le Bombus hyperboreus qui vit dans la toundra scandinave et l'extrême nord de la Russie est menacé par le changement climatique ©Göran Holmström/Uicn
Le Bombus hyperboreus qui vit dans la toundra scandinave et l'extrême nord de la Russie est menacé par le changement climatique ©Göran Holmström/Uicn
La disparition des bourdons n'est pas seulement une catastrophe pour la biodiversité. Mais elle menace aussi la sécurité alimentaire. Car les bourdons jouent un rôle crucial dans la reproduction végétale. Pas seulement des fleurs sauvages. Mais aussi des légumes, des céréales ou des fruits dont l'homme se nourrit. Parmi les cinq plus importants pollinisateurs des cultures européennes, trois sont des bourdons !

« Le déclin des bourdons en Europe est un problème qui doit être attaqué sur tous les fronts. L'Union européenne a récemment interdit ou restreint l'usage de certains pesticides dangereux pour les abeilles et soutient la recherche sur les pollinisateurs, commente Janez Potocnick, commissaire européen à l'environnement. Toutefois des efforts doivent être clairement augmentés, non seulement par une meilleure intégration de la biodiversité dans les autres politiques, mais aussi en développant la sensibilité aux bénéfices qu'apportent les bourdons. »

L'Uicn rappelle quelques mesures simples pour aider les bourdons européens à sortir de la zone rouge : accroître les haies et les bocages autour des champs qui abritent une riche biodiversité végétale et animale, préserver les prairies...

L'enjeu est de taille. D'autant plus qu'en mars 2010, les Etats membres de l'Union européenne se sont engagés à prendre toutes les mesures pour mettre fin au déclin de la biodiversité et à la dégradation des écosystèmes.

Virginie Bhat


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