xoriburu.info
Les animaux de nos villes et campagnes

Les animaux nuisibles dans les oubliettes de l'histoire ?


Jeudi 10 Avril 2014


Dans son article 60, le projet de loi sur la biodiversité enregistré à l'Assemblée nationale le 26 mars dernier voudrait rafraichir le vocabulaire lié aux animaux sauvages. La notion de nuisible deviendrait ainsi caduque.




Le ragondin deviendrait déprédateur selon le projet de loi sur la biodiversité ©V.B.
Le ragondin deviendrait déprédateur selon le projet de loi sur la biodiversité ©V.B.
Qu'ont donc en commun le chien viverin, le vison d'Amérique, le raton laveur, le ragondin, le rat musqué, la bernache du Canada, la belette, la fouine, la martre, et le putois, le renard, le corbeau freux et la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l'étourneau sansonnet ? Ils sont tous espèces non grata dans nos campagnes et nos villes. Trop de dégâts dans les champs et les vergers, trop de prédation dans les poulaillers et les cours d'eau. Alors pour s'en débarrasser, la lutte s'organise, encadrée par la loi qui les jette à la vindicte publique comme espèces nuisibles.

Nuisible ? L'Etat français veut dépoussiérer la loi

« Nuisible : adj. XIVe siècle. Dérivé de nuire. Qui nuit, porte préjudice, fait du tort. Un être nuisible. Une substance nuisible à la santé, définit le dictionnaire de l'Académie française. Spécialt. Les animaux nuisibles, qui attaquent les animaux utiles à l'homme et le gibier, causent des dégâts aux récoltes, et que la loi autorise à détruire à tout moment. Le renard, le blaireau, la belette, le ragondin sont déclarés animaux nuisibles. Subst. Faire la chasse aux nuisibles. » C'est un bien lourd fardeau que porte ces espèces depuis des décennies.

Mais voilà que l'Etat français veut dépoussiérer le vocabulaire de la loi. Et souhaite abandonner le terme pour celui de déprédateur. Dans le projet de loi relatif à la biodiversité enregistré le 26 mars dernier à l'Assemblée nationale, le gouvernement - de Jean-Marc Ayrault encore en place le mois dernier - en justifie les fins.

« Le terme « nuisible », hérité de l’ancien code rural et employé dans le code de l’environnement est effectivement une version très anthropocentrée autour de certaines formes de la biodiversité et nie la place dans les dynamiques écologiques de toutes les espèces. Elle tend à faire ainsi de l’élimination de certaines espèces un but absolu au mépris de leur participation à certains cycles biologiques ou au principe général de conservation d’une réelle biodiversité. Au contraire, les pratiques actuelles visent à procéder à des régulations de populations sur la base des dégâts réellement occasionnés et des dynamiques propres des espèces concernées. Il est donc proposé de modifier le terme de « nuisibles et malfaisants » en le remplaçant par le terme de « déprédateurs », terme posant la question de leurs dégâts et non de leur simple existence dans l’écosystème. » explique-t-on dans l'exposé des motifs de la loi.

Nuisibles pour déprédateurs, ce changement sémantique induira-t-il une mutation dans la gestion des populations ?

C'est par voie d'ordonnance que le gouvernement entend légiférer sur ce point stricto sensu. Et modifier ainsi le code de l'environnement et du code général des collectivité locales. Effet de manche ou profonde mutation du regard que l'on porte sur ces espèces ? Simple réforme sémantique ? comme l'évoque le site d'information Actu-Environnement qui a levé le lièvre. Ou prémices d'un changement radical dans la gestion de ces espèces ?

Une gestion pour l'heure basée sur leur destruction et dénoncée par les associations de protection de la nature. « Nous avons toujours voulu que cette notion soit supprimée » commente Ariane Ambrosini de l'Aspas.

Dans un courrier adressé aux députés le 3 avril dernier, Brigitte Bardot rappelait : « Il nous paraît tout aussi important, urgent , de reconnaître, dans le code de l'environnement, le caractère d'être sensible à l'animal sauvage en supprimant, dès aujourd'hui, cette scandaleuse classification d'espèce nuisible qui ne repose sur aucune donnée scientifique. »

Pour l'heure, la loi française fait le distinguo entre les espèces indigènes ou non. Voire espèces exotiques. Entre espèces protégées qui peuvent être déclarés nuisibles le temps d'une saison comme le cormoran dans certains départements et celles qui le sont à vie.

Le chien viverin, le vison d'Amérique, le raton laveur, le ragondin et la bernache du Canada sont des espèces non indigènes classées nuisibles par l'arrêté du 24 mars 2014, paru au Journal officiel le 2 avril dernier. La belette, la fouine, la martre, et le putois, le renard, le corbeau freux et la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l'étourneau sansonnet sont des espèces propres à nos territoires classées nuisibles par arrêté du 2 août 2012. Le cormoran est pour sa part espèce protégée qui, parce qu'il pioche dans les lacs et les basins aquacoles, peut être détruit par arrêté préfectoral... Déprédateurs, la gestion de leurs populations sera-t-elle aussi dépoussiérée ?

Virginie Bhat


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 22 Mai 2019 - 10:30 Le Desman, animal secret des Pyrénées


Nouveau commentaire :
Twitter


Diapo à la Une

Zoom

Le littoral basque voit rouge

Les orages ont renvoyé aux oubliettes l'alerte canicule sur le Pays Basque et donné un coup de balai aux mauvaises particules de nos cieux. Conséquences : la qualité de l'air vire au vert et l'océan voit rouge sur la côte.

26/07/2019




Partager votre site


On marche sur la tête !

Le coq n'était pas en pâte

On aurait bien aimé croire à une fake news, un montage vidéo, mais il va falloir se rendre à l'évidence l'info relayée par les média locaux vendredi ne serait ni l'une ni l'autre. Un jeune pilotari croquant dans le cou d'un coq bien vivant pour en arracher la tête... lors d'un repas de fêtes. Le jeune homme contacté par Mediabask « dit assumer son erreur et être conscient de son mauvais geste ». C'est Daniel Raposo, réprésentant de la Fondation Brigitte Bardot Pyrénées-Atlantiques qui a levé le lièvre. La fondation doit porter plainte pour acte de cruauté sur animaux. Un acte passible de 30 000 euros d'amende et deux ans de prison.



La puce à l'oreille
11/08/2019

Article n°1314

On aurait bien ailé croire à une fake news, un montage vidéo, mais il va falloir se rendre à l'évidence l'info reprise par les média locaux n'est ni l'une ni l'autre. Un jeune pilotari croquant dans le cou d'un coq bien vivant pour le décapiter... Le jeune homme contacté par Mediabask « dit assumer son erreur et être conscient de son mauvais geste ». C'est Daniel Raposo, référent de la Fondation Brigitte Bardot Pyrénées-Atlantiques qui a levé le lièvre. La fondation doit porter plainte pour acte de cruauté sur animaux. Un acte passible de 30 000 euros d'amende et deux ans de prison.


Recherche

La côte basque en images


Inscription à la newsletter

Téléchargement