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Ecosystèmes

Les Canaries ne veulent pas de l'or noir


Jeudi 27 Mars 2014


Y aurait-il de l'or noir au large de Lanzarote et de Fuerteventura ? Pour s'en assurer, la compagnie pétrolière Repsol veut y forer. Les autorités locales et associations environnementalistes sont vent debout. Le 1er avril prochain la Cour suprême espagnole examinera l'affaire.




Lanzarote et Fuerteventura abritent une riche biodiversité que les forages pétroliers pourraient menacer arguent les opposants au projet ©V.B.
Lanzarote et Fuerteventura abritent une riche biodiversité que les forages pétroliers pourraient menacer arguent les opposants au projet ©V.B.
Les grands fonds autour de Lanzarote et Fuerteventura aux Canaries recèleraient-ils d'immenses gisements de pétrole ? Les compagnies pétrolières voudraient bien croire à cet eldorado et projettent d'y mener des prospections pétrolières face aux côte des deux îles, toutes deux reconnues réserves de Biosphère ! Des îles dont les eaux abritent des écosystèmes uniques et accueillent une faune sauvage importante dont une trentaine de cétacés et dauphins (baleines à bec...) et d'oiseaux migrateurs...

Les Canaries se sont toujours opposées au projet de prospections pétrolières

les Canaries compte de quatre parcs nationaux ©V.B.
les Canaries compte de quatre parcs nationaux ©V.B.
Leur projet ne date pas d'hier. Voilà plus de treize ans, en décembre 2001, les autorités espagnoles donnent leur premier feu vert à la compagnie Repsol-YPF. Une autorisation qui provoque aussitôt des levers de boucliers de la société civile et des institutions politiques aux Canaries.

De nombreux recours administratifs sont déposés par les autorités canariennes. Et trois ans plus tard, en 2004, la Cour suprême espagnole, saisie, donne son verdict et annule une partie des permis octroyés au géant pétrolier, entre autres pour manque de garanties environnementales.

Entre temps le gouvernement Zapatero arrive aux manette de l'Etat espagnol et remet en question les autorisations tant qu'un consensus social et institutionnel n'est pas obtenu. Le projet de prospections pétrolières est alors quelque peu enterré... jusqu'à ce qu'une nouvelle majorité soit élue à Madrid en 2011.

Les associations environnementales lancent une pétition

L'archipel canarien, ici Lanzarote, de 7 000 km2 héberge plus de 19 000 espèces de faune et flore desquelles 5 000 qui vivent seulement sur ces îles©V.B.
L'archipel canarien, ici Lanzarote, de 7 000 km2 héberge plus de 19 000 espèces de faune et flore desquelles 5 000 qui vivent seulement sur ces îles©V.B.
En janvier 2012, le serpent de mer refait surface et le Gouvernement Rajoy remet le couvert. Il soumet à la seule consultation des institutions canariennes le projet présenté par Repsol. Les associations ou les scientifiques n'ont pas à donner leur avis. Toutes les institutions de Lanzarote et de Fuerteventura, le Parlement et le Gouvernement des Îles Canaries expriment leur désaccord . Pour autant le 16 mars de cette année-là le Gouvernement espagnol accorde le permis tant attendu d'une ruée vers l'or noir.

La société civile remonte au créneau et manifeste. Soutenus par les associations de protection de l'environnement internationales telles qu'Uicn, SEO/Birdlife, Oceana, WWF, Greenpeace... Les opposants qui dénoncent les menaces écologiques du projet rassemblent alors leurs forces de persuasion au sein d'un collectif et appellent l'opinion publique à signer une pétition pour demander l'arrêt du projet et la promotion de modèles énergétiques qui bénéficient à l'intérêt général. Jusqu'à cette heure, la pétition a réuni 97 566 signatures.

Les institutions canariennes ont déposé de nouveaux recours administratifs... Ce premier avril prochain la Cour suprême espagnole va donc en examiner un. Sa décision est très attendue par tous les acteurs qui n'ont pas hésité à réactiver leurs réseaux ces derniers jours.

Virginie Bhat


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