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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Le visiteur de Mouriscot


Jeudi 5 Février 2015


Depuis quelques jours, le lac Mouriscot à Biarritz accueille un nouveau hôte. Une silhouette blanche neige aux yeux maquillés, elle glisse sur les eaux. Silencieuse, gracile. Bien loin du tumulte des cols verts.




Il est rare de voir sur la côte basque des cygnes tuberculés ©V.B.
Il est rare de voir sur la côte basque des cygnes tuberculés ©V.B.
Bec à bec, les deux oiseaux veulent en découdre. Mais il y a toujours un plus fort, un plus teigneux qui trouve la force à plonger la tête du plus faible sous l'eau et à l'y maintenir. Les ailes s'affolent et battent l'eau transie par le froid. Les deux canards col vert eux n'ont pas froid aux yeux qui s'affrontent pour les beaux yeux de la belle. Le vaincu s'arrache au bec de son rival et s'enfuit dans un battement de plumes. Imperturbable la colonie de canrads poursuit sa ronde. A quelques pas, la foulque d'eau lance son cri d'alerte.

La silhouette du cygne glisse sur les eaux de Mouriscot

Sur la berge du lac Mouriscot, un groupe de jeunes gens haut en verbe et en rire. Assis sur un banc, il oscille entre chips et sandwiches. La bergeronnette grise rôde. Toujours sur le qui-vive. Toujours prête à l'envol. Dans les eaux noircies par les nuages ombrageux, un cormoran file. Sur une branche les ailes déployées au soleil timide, son aîné.

En amont du lac, de petits oiseaux. Vifs comme l'argent qui d'une branche à une autre volettent. Ils vont et viennent sur le Lamoulie, le ruisseau qui se jette dans le lac. Puis soudain s'arrêtent au dessus de l'eau et piquent le bec à sa surface. On n'entend pas les insectes.

Mouriscot a revêtu ses couleurs d'hiver. Ses arbres dénudés laissent percer ses marais. On n'y devine nulle présence. Seuls quelques piaillements laissent songer à des oiseaux qui se cachent pour y vivre. Et là-bas, de l'autre côté du lac, une silhouette blanche glisse sur les eaux. Plus grande, plus vaste que les mouettes qui y ont trouvé refuge.

D'où vient cette âme solitaire au long cou gracile ? Par quel chemin ce cygne loin du tumulte des cols verts a-t-il amerri là ? L'oiseau neige déplie ses ailes. Sa tête plonge vers les algues des fonds du lac. Etonnante image dont la silhouette silencieuse détonne en ces lieux hivernaux.

Virginie Bhat


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