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Le projet du parc marin de la Gironde va-t-il couler ?


Mercredi 28 Novembre 2012


Alors que la France s'est engagée à créer huit parcs marins d'ici 2015, le projet du parc marin de la Gironde et des Pertuis charentais pourrait être enterré faute de moyens selon France Nature Environnement.




Nous n’avons pas les moyens de gérer les aires protégées des eaux continentales » avait relevé Paul Giacobbi, président de l’Agence des aires marines protégées lors des Assises de l’économie maritime et du littoral mercredi dernier à Biarritz. Ces propos semblent avoir été prophétiques. Voilà qu’hier dans un communiqué, Fne, France Nature Environnement, a annoncé l'enterrement probable du parc marin de la Gironde et des Pertuis Charentais.

Le parc marin de la Gironde et des Pertuis charentais abrite une riche biodiversité

Pourtant le projet était en bonne voie. « Après trois ans de travail concerté, l’implication de tous les acteurs du territoire, et une enquête publique ayant conclu à un avis favorable à sa création, le projet de parc marin sur l’estuaire de la Gironde et les Pertuis Charentais est sur le point d’avorter. Faute de moyens, l’Agence des aires marines protégées devrait bientôt annoncer la fermeture pure et simple de la mission d’étude, en place depuis 2009 » dénonce Fne.

Le projet du parc marin naturel couvre trois écosystèmes : l’estuaire de la Gironde, son panache (1) et les Pertuis de Maumusson, d’Antioche et Breton. Il longe ainsi le nord de la Gironde, la Charente Maritime et le sud de la Vendée. De nombreuses espèces marines y vivent.

Au large des pertuis et de Cordouan, la tortue luth ou couenne, le requin pèlerin et bleu, le dauphin commun, le marsouin ou le globicéphale noir, la raie brunette ou bouclée des oiseaux marins tels l’océanite tempête, les guillemots de Troïl et les pingouins Torda.

Près du littoral, l’anémone bijou, le pourpre petit pierre, un gastéropode d’à peine quatre centimètres, De l’esturgeon d’Europe... Sur les plages, dunes et lagunes, le gravelot à collier interrompu... Dans la mer des Pertuis et à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, le rouget et le tacaud, le calmar et le poulpe, la sole et le maigre, le flet et le mulet...

Sans oublier le saumon, la truite de mer, l’esturgeon d’Europe ou la lamproie, poissons migrateurs, qui remontent la Gironde pour aller frayer dans la Garonne et la Dordogne. Enfin les marais maritimes accueillent des oiseaux migrateurs tels l’avocette élégante, l’oie cendrée, la sterne pierregarin ou le chevalier gambette.

La France s'est pourtant engagé à créer huit parcs marins d'ici 2015

« Nos associations sont très inquiètes pour l’avenir des parcs marins en France. D’autres parcs sont en effet en attente d’un décret de création, sur le Bassin d’Arcachon ou en Picardie. Faut-il s’attendre à ce qu’ils subissent le même sort ? » s’inquiète Fne qui rappelle que la France a soutenu la création d’un réseau mondial d’aires marines protégées à Rio puis à Hyderabad. D’ici 2020, le pays s’est engagé à protéger 20% de ses eaux et créer huit parcs marins en métropole d’ici 2015.

« Avec un espace marin grand de 11 millions de km², la France doit faire figure d’exemple en matière de protection du milieu marin. Or on assiste à un coup d’arrêt de la dynamique engagée ces dernières années pour protéger le milieu. Il est urgent que la mer soit remise à l’agenda du Gouvernement » a estimé Denez L’Hostis, pilote de la mission mer et littoral de Fne et administrateur de l’Agence des aires marines protégées :



(1) Le panache de la Gironde est formé par le brassage et le mélange des eaux douces de la Gironde dans l’océan Atlantique.

Virginie Bhat


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