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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Le pangolin javanais, un symbole discret de la biodiversité


Jeudi 28 Octobre 2010


Dans sa perte, la biodiversité a rendu symboliques certaines espèces. Le tigre est l'une de ces figures de proue. Pour autant, d'autres animaux sont en danger d'extinction. Trop discrets, moins beaux sans doute, on en parle moins. Le pangolin javanais est l'un d'eux. Ecailles sur le dos, poils sous le ventre, il ne paie pas de mine. Ce fourmilier écailleux est victime d'un braconnage intense. Son défaut : des vertus médicinales pensent certains. Traffic s'est penché sur le commerce illégal dont il est victime dans l'Etat de Sabah en Malaisie.




Le pangolin javanais n'a qu'un seul petit par an. Ce qui nuit à sa survie menacée par l'homme ©Stephen Hogg / WWF Malaysia
Le pangolin javanais n'a qu'un seul petit par an. Ce qui nuit à sa survie menacée par l'homme ©Stephen Hogg / WWF Malaysia
Drôle de bête, le dos et la longue queue recouverts d’écailles et le ventre de fourrure. Discrets, les pangolins javanais vivent de fourmis et de termites qu’ils attrapent de leur longue langue visqueuse. Ils n’ont pas de dents mais des griffes. Les femelles n'ont qu'un seul petit dans l'année. Les pangolins de javanais sont arboricoles. Ils ont des cousins, ailleurs dans d’autres pays asiatiques ou africains. Mais tous ces fourmiliers écailleux, quel que soit leur continent, sont aujourd’hui victimes des hommes.

L’association Traffic a planché sur le braconnage dont est victime le pangolin de javanais. Le fourmilier, comme ailleurs ses cousins, est en danger. En dépit de la protection que lui offre les législations nationale et internationale. Inscrits sur la liste II de la Convention de Washington (Cites), le commerce des individus sauvages est interdit. Et même si les autorités malaisiennes autorisent sa chasse, elles n’ont pas délivré de permis pour cette espèce depuis fort longtemps.

Il y a deux ans, les services de la faune sauvage de Sabah, un Etat de Malaisie, au nord de Bornéo, ont mis la main sur les journaux de bord d’un « syndicat de trafiquants ». Ces livres retraçaient les captures et le commerce illégaux de pangolins entre mai 2007 et janvier 2009. Traffic a épluché ces comptes. En moins de deux ans, les trafiquants avaient tué 22 200 animaux et le syndicat pris livraison de 834,4 kilos d’écailles. Selon Awang Anak, de Traffic Asie du Sud-Est et co-auteur du rapport, ces chiffres pourraient bien être supérieurs puisque aucun livre de bord du syndicat n’a pu être trouvé sur la période d’août 2007 à Février 2008.


Les livres de bord livrent leurs secrets sur le braconnage du pangolin ©Noorainie Awang Anak / Traffic Southeast Asia
Les livres de bord livrent leurs secrets sur le braconnage du pangolin ©Noorainie Awang Anak / Traffic Southeast Asia
Les autorités de Sabah mènent la lutte contre ces braconnages. Entre 2008 et 2009, 19 trafiquants de pangolins ont été poursuivis par la Justice. La plus grosse saisie fut 530 fourmiliers congelés dans une centaine de boîtes plastique découverte dans un camion. Les deux hommes arrêtés ont été condamnés à six mois de prison.

En dépit des interventions des Etats concernés et de sa protection internationale, le pangolin javanais continue d’être pourchassé. L’animal est en plus facile à appréhender. Lorsqu’il se sent menacé, il se roule en boule ! Aisé à prendre en main la plus novice. La demande sur cette espèce est forte : elle est réputée pour ses vertus médicinales. Ce serait vers la Chine que la plupart des animaux morts partent, pensent les experts en commerce illégal des espèces animales. Et d’ailleurs, la ressource asiatique se faisant plus difficile, les trafiquants se tournent vers l’Afrique. Ce continent pourrait bien un jour être lui aussi vidé de ses pangolins si la lutte contre le braconnage ne se poursuivait pas et l’information aux populations locales ne se développait pas sur cette espèce.

Il est un autre défi que devront relever les autorités malaisiennes : la protection de l’habitat de ce très discret animal.

Ester Gran


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