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Les animaux de nos mers et rivières

Le marché noir parie sur les chevaux de mer


Lundi 9 Février 2015


On les appelle les chevaux de mer... Jolies créatures marines qui accrochés aux algues attendent le crustacé qui passera. Des créatures convoités par les hommes qui en font le trafic. Les douanes viennent d'en saisir une pleine cargaison à Roissy. Desséchée.




Le 5 février dernier, les douaniers de Roissy ont fait une drôle de découverte. Cachés dans des sacs, 18 688 hippocampes séchés ! Il a fallu les compter ! Une cargaison en transit entre Madagascar et Hong-Kong dont la valeur marchande atteint 200 000 euros. Et ce n'est pas la première fois que le service des douanes de l'aéroport tombe sur un tel pactole issu du marché noir. En 2005, ses agents avaient intercepté encore plus grosse marchandise : 35 000 hippocampes. Ils étaient contenus dans neuf sacs plastique pesant en tout 118 kilos. De Conakry en Guinée, ils devaient s'envoler vers la province du Fujian en Chine.

Les chevaux de la mer finissent en poudre vertueuse

Pourquoi un tel trafic souterrain ? Les hippocampes possèderaient des vertus thérapeutiques selon la pharmacopée asiatique. Vertus aphrodisiaques ou autres. Ainsi le 15 janvier dernier, des douaniers qui contrôlaient des voyageurs ont saisi 112 de ces chevaux de la mer. Le couple de Shangai se rendait en Espagne pour y passer quelques vacances. « D’après leurs déclarations, les hippocampes devaient être utilisés pour réaliser des bouillons pour bébé. Les animaux ont été saisis et les deux personnes en cause se sont vues infliger une forte amende douanière. » expliquent les douanes.

S'ils ne sont pas moulus pas en poudre vertueuse, les chevaux de mer finissent des porte-clefs, des pendentifs... La demande globale est telle qu'elle menace leurs populations dans tous les océans. Les braconniers vont partout les décimer tant le marché est juteux. Sans compter la destruction de leurs habitats... Et ces poissons sont menacés d'extinction.

Pour en freiner l'inexorable mouvement, ils sont désormais protégés par la Convention de Washington relative au Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites).


Le golfe de Gascogne abrite deux espèces d'hippocampe

A défaut d'observer des hippocampes dans les mers et océans, on peut regarder ces frêles et gracieuses créatures au musée de la Mer à Biarritz ©V.B.
A défaut d'observer des hippocampes dans les mers et océans, on peut regarder ces frêles et gracieuses créatures au musée de la Mer à Biarritz ©V.B.
Les hippocampes prennent des allures si étranges que certains les pensent seulement tropicaux. Il ne faut pas aller bien loin pour en trouver. A plusieurs encablures de la côte basque, le golfe de Gascogne abrite certaines populations : l'hippocampe à museau court ou l'hippocampe moucheté !

L'hippocampe est un drôle de zèbre. S'il a une tête de cheval, il reste un poisson. S'il a une nageoire dorsale et deux nageoires pectorales, il se déplace droit dans ses bottes. Ou plutôt sa queue qui préhensible lui permet de s'accrocher aux algues. Le plus surprenant chez cet animal ? C'est le mâle qui accouche de petits hippocampes.

De fait, après leur parade nuptiale, c'est la femelle qui transfère ses ovules dans la poche incubatrice que le mâle porte sur le ventre. Comme les mamans kanagourous ! Les ovules qui tombent dans la poche sont fécondées au fil de leur passage par les spermatozoïdes.

La mère a fini son boulot. Celui du père commence qui couvera les œufs dans sa poche. C'est dans cette même poche que les œufs deviendront embryons. Que les embryons se feront petits chevaux de mer. Et lorsqu'il sera temps pour eux de quitter le giron paternel, leur père de contraction en contraction les livrera à la mer.

Virginie Bhat


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