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Le frelon asiatique menace l'apiculture européenne


Lundi 17 Janvier 2011


Le frelon asiatique a débarqué en France en 2004. Caché semble-t-il dans des poteries importées d'Asie. Depuis, l'espèce n'a cessé d'étendre son territoire. Vers le nord. Comme vers le sud. L'an dernier, elle a traversé la Bidassoa. Inquiets des ravages que ce prédateur fait dans les ruches, les apiculteurs des deux côtés des Pyrénées appellent à la mobilisation des autorités.




Le frelon asiatique menace l'apiculture européenne
Les horticulteurs et les apiculteurs valenciens ont peur. Peur du frelon asiatique qui menace de débarquer dans leur Communauté valencienne. Hier, leur organisation AVA-Asaja a interpellé leur ministère de l’écologie pour qu’il concocte un plan d’action et de lutte contre cet alien. Elle avertit que, « en s’installant, non seulement il provoquerait la destruction progressive de dizaines de milliers de ruches mais il affecterait le secteur horticole en général parce qu’elle réduirait de façon drastique la pollinisation par les abeilles. »

Ainsi que le précise le syndicat, le frelon asiatique a l’an dernier pris pied à Fontarrabie, Irun et Oiartzun au Gipuzcoa. Une quinzaine de nids ont été découverts ces derniers mois. « On prévoit sa rapide expansion vers la corniche cantabrique, l’Aragon, la Catalogne et Valence. On sait que cet insecte pourrait s’acclimater parfaitement au climat méditerranéen ». En fait, le frelon asiatique a franchi la Bidassoa l’été dernier. Il venait du territoire voisin, la France !

Le frelon asiatique n’est pas une espèce du continent européen, comme son nom l’indique. Mais d’Asie. Il semblerait avoir atterri dans le sud-ouest de l’Hexagone vers 2004. Sans doute caché dans des poteries fabriquées là-bas puis importées. Mais c’est à la fin de l’année 2005 que les scientifiques sont alertés pour la première fois. Un entomologiste amateur capture une guêpe, un peu étrange à ses yeux. Aussi contacte-t-il Jean Haxaire, spécialiste des lépidoptères sphingidés. Ce dernier se branche sur la toile et identifie vite l’animal à partir de photos. Son diagnostic tombe : la guêpe est en fait un frelon asiatique. Un diagnostic confirmé par des spécialistes de Montpellier.


Un nid de frelons détruit à Biarritz cet été ©Xoriburu/E. Hees
Un nid de frelons détruit à Biarritz cet été ©Xoriburu/E. Hees
L’insecte n’aura pas franchi seul les continents. Au printemps suivant, on découvre un nid de 40 centimètres à Nérac. Depuis, le frelon asiatique a colonisé le sud-ouest de la France. Puis a remonté vers le nord. En septembre 2009, Vespa velutina est aux portes de Paris.

En Europe, le frelon asiatique va marcher sur les plates-bandes de son « cousin », le frelon d’Europe (Vespa crabo). On ne peut confondre les deux espèces. Les deux frelons portent différemment les couleurs. Le premier, adulte, a la tête noire et la face jaune orangée, le thorax brun virant sur le noir velouté et des segments abdominaux bruns bordés s’une fine bande blanche. Son 4è segment, et le seul, est quasi jaune orangée. Le second, le frelon d’Europe, a le corps tacheté de roux, de noir et de jaune, et l’abdomen jaune rayé de noir.

Pour autant, les deux frelons ont quelques similitudes. L’un comme l’autre peuvent habiter le même territoire. L’un comme l’autre aime les fruits mûrs et… les insectes. Comme les guêpes, les frelons se nourrissent surtout de viande. Mais leur organisme ne peut la digérer. Ces espèces ont trouvé la parade : elles donnent cette viande à manger à leurs larves qui produisent des sécrétions riches en glucides et acides aminés. Sécrétions dont se nourrissent les adultes !

Si le frelon d’Europe s’attaque occasionnellement aux abeilles, son cousin asiatique les massacre. La tactique de Vespa velutina est imparable. Les ouvrières de l’espèce guettent en vol stationnaire l’entrée des ruches. Elles attendent le retour des abeilles butineuses, chargées de pollen. Dès qu’une proie paraît, les frelons asiatiques fondent sur elle. Elles la neutralisent et l’une d’elles va la ramener leur nid pour assouvir l’appétit des larves. D’où le cri d’alarme des apiculteurs dont les abeilles subissent déjà les menaces des pesticides… Outre leur miel, les abeilles pollinisent 90% des plantes cultivées.


La destruction des nids de frelons est affaire de spécialistes ©Xoriburu/E. Hees
La destruction des nids de frelons est affaire de spécialistes ©Xoriburu/E. Hees
En Asie, les abeilles autochtones parviennent parfois à se défendre contre leurs prédateurs. Un frelon les agresse, et les abeilles ouvrières l’entourent. Leurs ailes vibrent, faisant ainsi augmenter la température autour de leur prédateur. Jusqu’à ce que ce dernier meure d’hyperthermie. N’empêche les frelons asiatiques font des dégâts dans les ruches d’Asie. Les abeilles européennes seront-elles s’adapter ? Trouvera-t-on en Europe une contre-attaque à l’alien ? Les experts sont sceptiques. En France, l’espèce est trop bien implantée pour l’éradiquer, estiment déjà les experts. Reste a lutter pied à pied contre le prédateur en détruisant les nids. Mais l'opération est affaire de spécialistes avant tout. Spécialistes du secteur privé.

Alors les acteurs s’organisent. Et les autorités publiques commencent à réagir ! En Aquitaine, le Conseil régional qui, fin novembre, inaugurait l’installation de six ruches sur le toit d’un bâtiment en plein centre de Bordeaux, invitait à une réunion de travail les apiculteurs et l’association action anti-frelons asiatiques. Association qui a lancé une pétition pour demander au Préfet de région d’agir sur ce front (1).

Au Pays Basque, le Centre permanent d'Initiatives pour l'environnement (CPIE) du Pays Basque organisera le vendredi 21 janvier à Saint-Jean-Pied-de-Port une conférence sur le frelon asiatique à 20h30. D'autres conférences sont prévues en février à Saint-Palais et Cambo-les-Bains et en mars à Mauléon. L'occasion aussi d'alerter et mobiliser l'attention de tous.

(1) http://lapetition.be/en-ligne/petition-6413.html

Virginie Bhat


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