xoriburu.info
Les animaux entre ciel et terres sauvages

Le bouquetin des Pyrénées peut-il ressusciter?


Mardi 21 Septembre 2010


Le bouquetin des Pyrénées est l'un des trois mammifères qui ont officiellement disparu du territoire français selon l'Union mondiale pour la conservation de la nature. Depuis vingt ans, le projet de sa réintroduction plane sur le massif. L'été dernier, le projet est revenu sous les projecteurs.




Chantal Jouanno l’avait annoncé en juillet dernier lors de son déplacement à Toulouse. La France veut réintroduire le bouquetin dans les Pyrénées en collaboration avec l’Espagne. Le milieu le permet et nombreux sont ceux qui souhaitent son retour, avait précisé la secrétaire d’Etat chargée à l’Ecologie. C’est en outre une espèce facile à observer et qui permettrait de renforcer le tourisme de masse.

Le bouquetin des Pyrénées est l’une des trois espèces animales qui ont disparu du territoire hexagonal. Les deux autres sont des mammifères marins : la baleine des Basques et le phoque moine.

La France a perdu son bouquetin des Pyrénées depuis près d’un siècle. Sur le versant espagnol, Celia, la dernière femelle, est morte à l’âge de 13 ans en janvier 2000 dans le parc d’Ordesa y del Monte Perdido (Mont Perdu). Un arbre s’est abattu sur elle qui l’a tuée aussi sec.

Pourquoi ce bouquetin a-t-il disparu du massif montagneux ? Les scientifiques avancent toute une série d’hypothèses : compétition alimentaire avec le chamois, chute de la fertilité, infections parasitaires transmises par les animaux d’élevage, changement climatique, et enfin braconnage. Sa tête et ses cornes ont été très recherchées comme trophées de chasse.

Si le bouquetin des Pyrénées est éteint, comment peut-on penser à le réintroduire ? En fait, capra pyrenaica pyrenaica est une sous-espèce du capra pyrenaica, bouquetin ibérique. Il a deux cousins présents encore dans la péninsule ibérique. Son troisième parent qui vivait au Portugal s’est lui aussi éteint au XIXe siècle.

La population globale du bouquetin ibérique est estimée à 60 000 individus. Elle est encore classée quasi menacée par l’Union mondiale pour la conservation de la nature. A petits pas, l’espèce reconquiert les massifs montagneux espagnols, jusqu’au pré-Pyrénées aragonaises. Des plans de réintroduction dans les monts de Tolède et Ancares leoneses ont donné un coup de pouce à cette recolonisation espagnole et portugaise. Reste la France.

Ce sera donc l’un des cousins du capra pyrenaica pyrenaica qu’il faudra aller chercher pour reconstituer une population dans le massif pyrénéen français. A moins que les tentatives de clonage engagées depuis 2000 arrivent à leurs fins. De fait, l’Espagne a passé un accord avec la compagnie de clonage ACT en 2000. Le second travaillerait sur le sujet dans le but d’une réintroduction de l’espèce dans son habitat naturel.

Avant que Celia ne disparaisse en 2000, elle avait été capturée un an plus tôt et des tissus avaient été prélevés pour être congelés. Les scientifiques ont donc eu le matériel génétique nécessaire pour mener les recherches de clonage. En 2003, 283 embryons avaient pu être reconstitués. 54 d’entre eux avaient été transférés sur des femelles bouquetins ibériques. Parmi lesquels, deux seulement sont allés jusqu’à deux mois de gestation. Les deux femelles ont avorté ensuite naturellement. En 2009, rebelote. Sur 439 embryons clonés, un seul donna vie à un petit bouquetin. Ce dernier est mort sept minutes après sa naissance du fait de difficultés respiratoires.

Le clonage est-il la panacée ? En 2008, l’Efsa, dans un rapport sur le sujet pour les animaux d’élevage, avait pointé du doigt que la technique pouvait altérer la santé et le bien-être des animaux.

Une chose est sûre. La réimplantation de bouquetins dans les Pyrénées, si elle arrive à terme, sera plus facile à mener que celle des ours. Bien moins polémique en tous les cas. Le 4 septembre dernier, le Parc national des Pyrénées, le parc régional des Pyrénées ariégeoises et le parc régional des Pyrénées catalanes ont signé une convention de partenariat. Au menu de cette convention : la réintroduction du bouquetin. Sera-t-il ibérique ? Aura-t-il dans ses gènes de l’ADN de Celia, dernière femelle capra pyrenaica pyrenaica morte en 2000 ?


Ester Gran


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 10 Avril 2016 - 17:07 Des hirondelles survolent le lac Mouriscot


Nouveau commentaire :
Twitter


Zoom

1 031 773 signatures contre les cages à poules

Une initiative citoyenne européenne lancée contre les cages en élevage a mobilisé jusqu'à ce jour plus d'un million de personnes. De quoi bientôt saisir l'Union européenne pour lui demander d'y mettre fin. Le Brexit menaçant, le Royaume Uni en a été écarté.

04/06/2019





Partager votre site



Recherche

La côte basque en images

La puce à l'oreille
30/05/2019

Coup de filet chez les pilleurs d'oiseaux

Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ont réalisé un joli coup de filet les 2 et 4 avril derniers dans le Nord : 21 verdiers d'Europe, 18 chardonnerets élégants, 12 linottes mélodieuses 10 sizerins flammés, 20 tarins des aulnes, 23 pinsons des arbres, 3 pinsons du Nord et 4 moineaux domestiques. Les 112 passereaux sauvages avaient été placés sous les barreaux par des particuliers peu scrupuleux qui n'avaient rien trouvé mieux que se servir chez dame Nature pour satisfaire leur soif d'euros. Ces oiseaux sont de fait le sujet d'un trafic bien organisé qui ira les exhiber dans des concours de chant ou de beauté « qui se déroulent principalement en Belgique. Les oiseaux, même ceux nés et élevés en captivité - dont la réglementation est plus souple - se reproduisent très mal. Le taux de survie est médiocre : au maximum 4 à 5 ans. D’où un turn over important. Les oiseaux sauvages capturés en nature alimentent toute la filière », explique l'ONCFS. Le trafic est juteux : 70 euros pour un chardonneret capturé dans son milieu. Le collectionneur doublera, voire triplera, la mise pour l'oiseau blanchi, avec une fausse bague homologuée. « Certains croisements permettent d’obtenir des spécimens très recherchés pour la qualité de leur chant ou pour leurs mutations. Les oiseaux « mutés » sont revendus entre 400 et 600 euros pièce pour les mutations courantes, et jusqu'à 1000 euros pour les plus rares. » Et pendant ce temps, les populations déclinent, de 40 % au plan national pour le chardonneret, de 80 % pour les effectifs nicheurs de la linotte mélodieuse en Nord Pas-de-Calais sur la période 1995 à 2014.



On marche sur la tête !

Souffrance animale : la face dévoilée de la recherche agricole aux Etats-Unis

Des veaux malformés, des agneaux affamés, des porcelets écrasés par leurs mères difformes... outre-Atlantique, la recherche agricole est secouée par une vague de scandales où les animaux ont connu l'horreur.


Inscription à la newsletter

Téléchargement