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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Le Petit train, Hegalaldia et les vautours


Mardi 23 Septembre 2014


Le Petit Train grimpe, crémaillère par crémaillère, le flanc de la Rhune. Parmi les voyageurs, Hegalaldia et deux mystérieuses caisses pleines de vie.




;Un jour, un groupe adepte du nudisme m'a demandé s'il était dangereux de le faire en montagne. A cause des vautours ! Alors non. Je confirme : nu ou habillé, les vautours ne s'attaquent pas à l'homme. » Dans le petit train qui grimpe, crémaillère après crémaillère, la Rhune en ce dimanche 21 septembre, Stephan a un large sourire. A ses côtés, deux grandes caisses qui tressautent seules. Apostrophé sur leur mystère, l'homme lève le voile. Et les voyageurs s'étonnent et à l'écouter s'esclaffent de bon cœur.

Hegalaldia aura relâché maintes oiseaux au sommet de la Rhune

Sur la Rhune, les nuages s'accrochent aux ventas ©V.B.
Sur la Rhune, les nuages s'accrochent aux ventas ©V.B.
« A mes débuts, j'étais très sérieux dans les animations. Trop et le public décrochait » poursuit le soigneur de Hegalaldia. Stephan a donc appris à sortir des sentiers battus et enrobe biologie et biotope de plaisanteries. Et le message passe.

Accompagné aujourd'hui de Céline, Laurent et Marjorie, l'animateur mène au sommet de la Rhune quatre de leurs protégés. Quatre oiseaux qui sortis du nid n'ont pas su prendre leur envol. Trop jeunes pour rebondir, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé à Ustaritz dans le Pays Basque les a recueillis. Soignés, les quatre nécrophages ont repris du poil de la bête. Et dans les grandes volières, à l'abri du regard, ils se sont aguerris au vol.

Alors ce sont eux qui aujourd'hui seront dans la ligne de mire des voyageurs. Le dimanche précédent ce fut une cigogne. Car depuis le début de l'été, chaque semaine, le Petit Train de la Rhune qui célèbre cette année ses quatre-vingt dix ans, a invité le centre à organiser des animations au sommet de la mythique montagne basque. Et chaque semaine, quand le temps le permet, Hegalaldia a relâché des oiseaux.

Les jeunes vautours quittent le nid vers six à sept mois

DImanche prochain, Hegalaldia organisera sa dernière animation de l'été, invité par le Petit Train de la Rhune ©V.B.
DImanche prochain, Hegalaldia organisera sa dernière animation de l'été, invité par le Petit Train de la Rhune ©V.B.
Trente-cinq minutes après leur départ, les voyageurs arrivent au sommet, 905 mètres au-dessus de l'océan. Des volutes de nuages s'accrochent aux ventas bondées. On y déjeune. On y boit un pot. Arrimés aux flancs de la montagne, des marcheurs. Courage !

Les caisses sont lourdes. Huit kilos environ chaque vautour. Et tant bien que mal, plutôt bien que mal, les membres de Hegalaldia amènent leurs caisses plus haut. Là où les vautours pourront prendre leur envol. Loin des fils électriques du Petit Train qui dévalent la montagne.

« Lorsqu'ils quittent définitivement le nid, les jeunes ont environ six à sept mois. Ils ont déjà atteint leur taille adulte, explique Stephan. A la base du cou, leur colerette foncée s'éclaircira au fil du temps.  » Et de poursuivre sur les us et coutumes de ces nécrophages qui nettoient les montagnes de leurs cadavres. De l'importance du pastoralisme qui a façonné les montagnes du Pays Basque.

Les caisses sont maintenant ouvertes. De la première, les deux jeunes un peu secoués par le voyage s'attardent. De la seconde, leurs deux congénères ne demandent pas leur reste. Ils ont déjà filé que reste le dernier des quatre. Les ailes déployées, il fait face aux spectateurs. Superbe image du bel oiseau. Les minutes s'éternisent. Il n'y a pas à tergiverser : il doit jouer la fille de l'air.

Virginie Bhat


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