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Les animaux entre ciel et terres sauvages

Le 31 mai, Hegalaldia ne sera plus !


Mercredi 1 Mai 2013


Le centre de soins de la faune sauvage, Hegalaldia ne peut plus reculer l'échéance de son enterrement. Faute de ressources financières, l'association envisage sa dissolution le 31 mai prochain. D'ores et déjà, elle n'accueille plus les animaux sauvages en détresse. Les Pyrénées-Atlantiques vont-ils perdre un allié précieux de la préservation de sa biodiversité ?




Les montagnes basques vont perdre en Hegalaldia un allié de sa biodiversité ©V.B
Les montagnes basques vont perdre en Hegalaldia un allié de sa biodiversité ©V.B
« Nous avons reculé tant que nous avons pu l'échéance. Mais dès aujourd'hui, nous refuserons de prendre en charge les animaux sauvages en détresse. Nous dirigerons les personnes qui les ont trouvés ou recueillis vers les mairies, soupire Laurence avec lassitude. Le faire va nous être super dur. » Hegalaldia l'avait annoncé cet hiver alors qu'elle organisait sur la Grande plage de Biarritz son enterrement programmé. Faute de ressources financières, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé à Ustaritz au Pays Basque allait devoir replier ses ailes, treize ans et demi après sa création.

Le dernier appel de Hegalaldia


Dés aujourd'hui, Hegalaldia refuse d'accueillir les animaux en détresse

Refuser d'accueillir les animaux blessés va nous être super dur ! soupire Laurence salariée capacitaire de Hegalaldia ©V.B
Refuser d'accueillir les animaux blessés va nous être super dur ! soupire Laurence salariée capacitaire de Hegalaldia ©V.B
« Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques nous a bien versés les trois-quarts de sa subvention (50 000 euros), mais elle ne suffit pas à maintenir nos activités. Nous avons envoyé des courrier aux municipalités pour les alerter de nos difficultés. La plupart nous a répondu par la négative à nos demandes d'aides financières » ajoute Laurence qui craint le pire pour ce dernier mois : « chaque année en mai nous recevions de très nombreux jeunes animaux : des hérissons, des oisillons qui tombent du nid... Nous devrons les refuser. » L'équipe appréhende le premier non qu'elle devra prononcer.

Depuis sa création, Hegalaldia a accueilli 9300 animaux sauvages sur son site. Espèces protégées ou non. Mammifères communs ou rapaces rares. Le centre s'est battu contre la marée noire du Prestige qui engluait les guillemots de Troïll et les pingouins Torda pris dans ses filets en 2002. Elle a soigné des rapaces empoisonnés ou plombés par la main de l'homme, des hérissons qui ont crié famine dans les rudes hivers, des petits mammifères pris dans les machoires de la route, des oiseaux marins un hameçon fiché dans le bec... Elle a même couvé des nichées de cigognes qu'elle a porté vers la liberté.

Sept jours sur sept, l'association a entendu répondre à la détresse de la faune sauvage blessée et à aux interrogations des hommes qui la recueillait. Dans ses piscines, oies, canards, pingouins, fous de Bassan ont réappris à surfer sur les eaux. Dans ses volières, rapaces et autres oiseaux ont repris leur vol incertain avant de connaître de nouveau l'ivresse des grands airs...

La faune sauvage basque ou béarnaise devra désormais se débrouiller seule à panser ses blessures. Et le piéton qui trouve sur la plage l'oiseau blessé ? Le randonneur l'écureuil tombé du nid ? Devront-ils les abandonner ?

Le 17 mai prochain, une assemblée générale extraordinaire pourrait avaliser la dissolution de Hegalaldia

Avec son tissu de bénévoles, Hegalaldia s'est engagé dans des actions de sensibilisation et de préservation de l'environnement ©V.B
Avec son tissu de bénévoles, Hegalaldia s'est engagé dans des actions de sensibilisation et de préservation de l'environnement ©V.B
Non seulement Hegalaldia ne soignera plus la faune sauvage. Mais, l'association va devoir abandonner les actions engagées dans la préservation de l'environnement où elle a relâché les animaux sauvés de la mort : la création d'un jardin pédagogique, l'opération Stop impact pour enrayer la mortalité de la faune sauvage sur les routes, le plan d'action local sur la chouette chevêche... Autant d'actions que le centre ne saurait investir sans ressources pérennes.

Au 31 mai prochain, l'association envisage bien de prononcer sa dissolution. Et le licenciement des trois derniers salariés investis depuis des années dans le centre. Pour ce faire, elle organise une assemblée générale extraordinaire le 17 mai prochain à 19 heures au gaztetxe d'Ustaritz. « La fête du Printemps d'Hegalaldia du 17 au 25 mai sera maintenue afin de finir cette aventure avec toutes les personnes qui nous ont soutenus » ajoute le centre. Et dans un denier sursaut appelle les citoyens à interpeller mairies - et pourquoi pas les entreprises - pour lui venir en aide.

En attendant, l'équipe va commencer à contacter d'autres centres pour s'assurer le placement des animaux en soins qu'elle n'aura pas pu relâcher. Une autre lourde tâche. A moins qu'un miracle ne tombe d'ici là... L'équipe n'ose même plus y croire. Et le Pays Basque et le Béarn auront perdu une aide précieuse à la préservation de leur biodiversité.

Virginie Bhat


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