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Eko-société

La pêche à pied de loisir se réunit à Saint-Jean-de-Luz


Lundi 13 Octobre 2014


La pêche à pied attire plus de 1,8 million de particuliers. Un loisir dont les pêcheurs ne connaissent pas toujours la réglementation ni les impacts sur les estrans. Un projet Life Pêche à pied de loisir est né l'an dernier justement pour y remédier. Les acteurs du projet, dont le Cpie Littoral basque, se retrouvent pour un premier colloque à Saint Jean de Luz cette semaine.




Il y aurait plus de 1,8 million en France de pêcheurs à pied amateurs ©V.B.
Il y aurait plus de 1,8 million en France de pêcheurs à pied amateurs ©V.B.
Tapi dans la vase de l’estran, le couteau. Petit mollusque aux coquilles allongées et lisses. Un délice, diront les amateurs de sa chair qui à pied parcourent l’estran à sa recherche. Certains munis de sel, d’autres de baleine de parapluie pour l’extraire de son trou. Si sa pêche est autorisée par les particuliers, elle n’en est pas moins réglementée. Et à l’instar des pêcheurs professionnels, monsieur tout le monde devra être attentif à la longueur de sa prise. Le couteau convoité devra avoir une taille minimale de 10 centimètres. Trop petit, le pêcheur amateur devra laisser libre le mollusque sur l’estran.

Le Cpie Littoral basque est l'un des dix acteurs du Life Pêche à pied de loisir

Le projet Life Pêche à pied de loisir veut favoriser une pratique durable ©V.B.
Le projet Life Pêche à pied de loisir veut favoriser une pratique durable ©V.B.
Oursin, bulot, huitre plate ou creuse, palourde, moule ou tourteau... les estrans peuvent abriter une riche biodiversité qui met en appétit certains pêcheurs à pied non professionnels. Des particuliers qui selon une étude réalisée par l’Ifremer et l’institut de sondage BVA seraient plus de 1,8 million sur le littoral français ! Et ils sont de plus en plus nombreux qui s’adonnent à ce pêché mignon. L’été en famille.

Reste que tous ne savent pas que leur loisir est réglementé par le décret 90-618 du 11 juillet 1990 modifié par le décret 727-2009 du 18 juin 2009. Près de 80 % des pêcheurs à pied ignorent la taille minimum réglementaire de capture des espèces qu’ils récoltent ! Pas plus qu’ils ne connaissent les biotopes sur lesquels ils posent leur pied, le temps. Des mauvaises pratiques peuvent entrainer sur certains habitats marins, comme les champs de blocs intertidaux dont les pierres sont retournées, une perte de biodiversité allant jusqu’à 70 %.

Alors comment préserver ces écosystèmes et leur biodiversité ? Fallait-il interdire la pêche à pied récréative ? Plutôt que d’en arriver là, les acteurs de cette activité de loisirs ont préféré travailler le sujet au corps. Et ils ont déposé auprès de l’Union européenne un projet Life +. Sélectionné en 2013 par la Commission européenne qui le finance à hauteur de 50%, ce projet coordonné par l’Agence des aires marines protégées s’étale jusqu’en 2017.

Le projet Life est mené sur onze territoires pilotés par dix partenaires. Dont le Cpie Littoral basque. Il doit permettre de développer des actions de sensibilisation et de communication auprès des pêcheurs à pied sur les conséquences environnementales de leur pratique et la réglementation.

Un an après sa mise en place, les acteurs du projet Life vont faire un point cette semaine. Et c’est justement sur la côte basque qu’ils se sont donnés rendez-vous. Pour ce premier colloque thématique « Estran, pêche récréative et concertation », les 15 et 16 octobre, à l’Auditorium Ravel, les membres du Réseau national pour une pêche à pied récréative durable, service de l'État, gestionnaires d'aires marines protégées, collectivités, ONG, scientifiques, etc, partageront leurs expériences et leurs réflexions lors d’ateliers de travail Ce travail sera rassemblé dans une publication éditée à 200 exemplaires.

Virginie Bhat


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