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Les animaux entre ciel et terres sauvages

La nuit internationale de la chauve-souris


Dimanche 26 Août 2012


Les chauves-souris des parias de l'humanité ? Elles l'ont été parfois, pourchassées par les hommes qui les croyaient mauvaises. Pourtant, ces petits mammifères nocturnes sont des aides précieuses à l'équilibre de la biodiversité et de l'agriculture. Pour lever les préjugés, des animations célèbrent ce week-end la nuit internationale de la chauve-souris.




Ici un Murin de Bechstein ©Laurent Arthur
Ici un Murin de Bechstein ©Laurent Arthur
Non, les chauves-souris ne sont pas des créatures démoniaques qui s’accrochent la nuit venue à la longue chevelure des dames. Non, leurs dents aigues ne rongent pas les câbles électriques dans les greniers ouverts à tout vent. Non, leur guano – leurs excréments – ne transmet aucune maladie à l’homme. Non, leur vol n’annonce pas le sanguinaire Dracula dans les Carpates.

La France abrite 35 espèces différentes de chauves-souris

La nuit internationale de la chauve-souris
Pour dissiper les doutes et lever toutes les suspicions à l’encontre de ces petits mammifères, une quarantaine de pays cette année, participeront à la nuit internationale de la chauve-souris. Un évènement qui jusqu’à l’année dernière n’intéressait que les Etats de l’Union européenne. Mais d’autres nations ont décidé de joindre à cette 16e édition, sous la coordination d’Eurobats.

Eurobats est le secrétariat de l’accord européen relatif à la protection des Chiroptères. Cet accord adopté en 1995 a pour mission de protéger les 41 espèces de chauves-souris identifiées en Europe. A la clef, des mesures législatives éducatives et de conservation et une coopération internationale entre les pays signataires et les autres états européens.

La France abrite trente-quatre espèces de chiroptères. La plupart d’entre elles développent une envergure entre 20 et 25 centimètres alors que leur corps ne dépasse pas cinq centimètres. Certaines espèces, tels les noctules, sérotines, grand rhinolophe et grand murin, mesurent 40 centimètres leurs ailes déployées.

E n France, comme ailleurs sur la planète, des chiroptères sont menacées. Certaines populations sont en déclin alarmant. Pourquoi ? Pêle-mêle : leurs gîtes disparaissent ou se modifient : fermeture des voies d’accès des clochers et greniers des églises et des bâtiments publics, aménagement des combles, fermeture des caves ou installation de chaufferie qui réchauffent leurs lieux d’hibernation...

Les chauves-souris ont un petit par an

Leurs milieux naturels se réduisent et se morcellent : densification du réseau routier, abandon du pâturage extensif pour la mise en place de cultures, destruction des haies et autres corridors, disparition des zones humides riches en insectes.... Sans compter les dérangements, la contamination chimique (traitement des charpentes, insecticides, antiparasitaires) et zoonoses.

Or les chauves-souris ont un cycle de vie et de reproduction qui ne leur permet pas toujours de compenser les pertes parmi leurs populations. Les chiroptères ne vivent qu’entre deux ans et cinq ans. Les femelles, en été, mettent au monde un seul petit, plus rarement deux. Des petits qui ne survivront pas toujours : le taux de mortalité chez les jeunes est important.

Acteurs importants de la lutte contre les ravageurs

Les chauves-souris sont une aide inconnue de l'agriculture. Ici une pipistrelle de Nathusius par François Schwaab
Les chauves-souris sont une aide inconnue de l'agriculture. Ici une pipistrelle de Nathusius par François Schwaab
Autant de raisons donc qui ont poussé les états à assurer leur protection. Car les chauves-souris jouent un rôle important dans le maintien de la biodiversité. Les unes insectivores, elles se nourrissent ainsi de nombreux insectes ravageurs de cultures. Ainsi à San Antonio au Texas, une colonie de molosse du Brésil de 20 millions d’individus vit dans une grotte préservée et consomme plus de 200 tonnes d’insectes nocturnes. Ces dernières se nourrissent principalement d’insectes ravageurs de cultures notamment des cotons locaux.

D’autres aident à la pollinisation de nombreuses plantes cultivées par les hommes. Dans l'est de l'Afrique, les chauves-souris se nourrissant de nectar sont essentielles à la production des fruits issus du baobab, parfois appelé l'arbre Africain de la vie à cause de l'exceptionnelle variété de faune qui en dépende pour se nourrir et s’abriter. Plus récemment, il a été renommé « l'arbre à vitamine » rappelait le Pnue lorsqu’en en janvier 2011 il déclarait 2011/2012 l’année de la chauve-souris.

Les chauves-souris sont utiles à la planète et les êtres qui la peuplent. Même la chauve-souris vampire commune d'Amérique latine s'est avérée être très utile. Un nouveau médicament, la Desmoteplase, développée à partir de recherche sur la salive de ce « vampire », semble améliorer considérablement l’état des victimes d'AVC. Il s’agit là d’une contribution potentiellement énorme pour le bien-être de l'homme. Qui aurait pensé qu'une chauve-souris – qualifiée de vampire - pourrait aider à sauver de nombreuses vies ? ajoutait le Pnue.

Des rencontres avec les chauves-souris ont été organisées au Pays Basque

Alors pour mieux connaître ces mammifères nocturnes, ce week-end « En France et dans les DOM-TOM, dans la pénombre des massifs forestiers, le long des haies, des ruisseaux ou des fleuves, sur les places des villages ou dans les salles obscures, les spécialistes des Chauves-Souris vont faire partager leur passion pour ces maîtresses de la nuit » explique la Sfepm (Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères), coordinateur de l’évènement en France.

C’est ainsi qu’au Pays Basque, les grottes de Sare qui abritent de nombreux chiroptères, ont invité à des animations cet été. A Ustaritz, le centre de sauvegarde de la faune sauvage Hegalaldia a organisé hier soir une rencontre avec les reines nocturnes.


A lire aussi, La Nuit européenne de la chauve-souris en 2011

Virginie Bhat


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