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La justice retoque les battues de loup


Vendredi 4 Octobre 2013


Les 13 et 20 septembre derniers, le préfet des Alpes-Marirtimes avait autorisé par arrêté le tir de loup dans le cadre d'une battue au gibier. L'Aspas, Fne et Ferus avaient porté plainte pour destruction d'espèce protégée en bande organisée . La Justice les a entendus aujourd'hui.




Le 21 septembre dernier, un chasseur abat une louve sur la commune de Saint-Etienne de Tinée. Le 22 septembre, un autre loup est abattu sur la commune de Breuil. Ces deux jours, les tireurs agissent dans le cadre de battues aux grands gibiers autorisées par deux arrêtés pris par le préfet des Alpes Maritimes.

« Il est rappelé que ce tir s'inscrit dans le cadre de l'autorisation donnée par le ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie d'intégrer les sociétés de chasse dans le dispositif des tirs de prélèvement prévu par le plan loup. Cette autorisation a donné lieu, dans le département des Alpes-Maritimes, à des arrêtés préfectoraux en date des 13 et 20 septembre 2013 autorisant des tirs de prélèvement sur les zones des pré-Alpes de Grasse, de la Haute Vésubie, de la Haute Tinée, de la vallée du Cians, de Daluis-Villeneuve d'Entraunes, de Valdeblore-Rimplas et de Tende-la Brigue, expliquait la préfecture dans un communiqué le 21 septembre dernier.  »

Les associations demandent l'évaluation des mesures de protection des troupeaux avant d'engager des tirs contre les loups

Mais ces battues aux grands gibiers dont étaient victimes les loups ont aussitôt été décriées par les associations de protection de la nature. Et trois d'entre elles, l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (Aspas), France Nature Environnement (Fne) et Ferus sont montées au créneau et ont porté plainte auprès du procureur de la République de Nice pour destruction d'espèce protégée en bande organisée.

Après avoir les avoir entendus mercredi, le tribunal a pris sa décision aujourd'hui, vendredi : il a suspendu les deux arrêtés en question. « Le Juge a en effet estimé que les tirs en battue par les chasseurs, tels que prévus dans ces arrêtés, sans la présence et le contrôle technique des agents de l’ONCFS, bafouaient l’article 28 du plan loup et n’est pas dans l’esprit de la Directive Habitat. » déclarent les trois associations.

« L’autorisation de battues pour une espèce protégée au niveau européen constitue indéniablement un recul inacceptable en matière de protection de la nature, poursuivent-elles. Régression d’autant plus déplorable qu’aucun représentant officiel de l’État n’était censé encadrer ces battues, laissant ainsi carte blanche à des chasseurs. »

Les associations ont précisé « qu'elles déplorent de devoir avoir recours à la justice pour faire respecter la loi et éviter le carnage, quand elles y arrivent à temps… Les mesures de protection des troupeaux (gardiennage et surveillance) ne sont pas encore suffisamment appliquées et contrôlées en France. Les associations requérantes et partenaires (SFEPM, LPO Paca, WWF, One Voice… ) demandent qu'un protocole national, loin des pressions locales, soit mis en place pour évaluer l'efficacité de ces mesures pour chaque troupeau avant de recourir à l’abattage d’un loup. »

Virginie Bhat


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