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La guerre contre le frelon asiatique sent le soufre


Mercredi 11 Septembre 2013


Le dioxyde de soufre interdit depuis 2007 est une arme efficace contre les nids de frelons asiatiques : sélectif, facile d'emploi, bon marché et impact plus limité que d'autres biocides sur les milieux naturels. A la demande des apiculteurs, les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont autorisé à l'utilisation du SO2 jusqu'au 5 janvier prochain. Une condition : la formation préalable car la substance est aussi toxique pour les hommes.




Les professionnels pourront utiliser le dioxyde de soufre pour détruire les nids de frelons en hauteur jusqu'au 5 janvier prochain ©V.B.
Les professionnels pourront utiliser le dioxyde de soufre pour détruire les nids de frelons en hauteur jusqu'au 5 janvier prochain ©V.B.
Si le temps exécrable au printemps dernier a contrarié de nombreuses activités humaines et les humeurs, il a eu le mérite de mettre un peu en sourdine la prolifération du frelon asiatique sur certains territoires. Une mise en sourdine favorisée par la mobilisation des apiculteurs devant leurs ruchers et l’implication de nombreuses collectivités locales. Ces dernières ont encouragé leurs administrés à poser des pièges afin de capturer les reines fondatrices avant qu’elles ne commencent à construire leurs nids.

Lees apiculteurs ont demandé d'utiliser le dioxyde de soufre, interdit depuis 2007

Pour autant, l’ennemi juré des abeilles domestiques n’a pas stoppé son invasion en France. L’espèce déclarée « exotique envahissante et nuisible en 2012 par le gouvernement a grignoté de nouveaux espaces. Selon l’Union nationale de l’apiculture française de nombreux départements du sud-est et du centre sont aujourd’hui à leur tour touchés.

Faute d’une arme fatale et sélective que les scientifiques cherchent dans leurs laboratoires, le monde des abeilles avait demandé au gouvernement français la possibilité d’utiliser le dioxyde de soufre pour détruire les nids des frelons aisatiques. Les professionnels ont souligné les propriétés de cette substance : action sélective et absence de persistance dans l’environnement, facilité d’emploi pour le traitement des nids en hauteur et faible coût.

Seul problème : le dioxyde de soufre était interdit depuis 2007pour cet usage. Ou plus exactement il n’appartenait pas à la liste des substances actives biocides insecticides autorisées, faute d’une demande d’une évaluation de son action. Sollicité par les apiculteurs pour une autorisation temporaire, le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, et du travail (Anses) afin de disposer d’une évaluation de l’efficacité et des impacts sur l’environnement et la santé humaine de l’utilisation du dioxyde de soufre vis à vis des autres produits biocides dûment autorisés.

Le dioxyde de soufre est toxique pour les frelons mais aussi pour l'homme

L’Anses a rendu son avis (1) le 23 juillet dernier : « L’utilisation du SO2 est une technique efficace de lutte contre le frelon asiatique. Elle permet d’accéder aux nids en hauteur. Les impacts sur l’environnement et en particulier les organismes non-cibles sont très limités comparés aux autres techniques de lutte chimique. En revanche, les dangers pour l’homme sont importants, ce qui implique une utilisation contrôlée dans le strict respect des consignes de sécurité. »

Et l'agence de poursuivre : « Dans le cas d’une dérogation d’autorisation temporaire du SO2, des mesures de gestion doivent également être mises en place pour limiter au maximum l’exposition des passants et des riverains. Un périmètre de sécurité doit être installé autour du nid au moment de l’application, et une information doit être faite auprès des personnes alentour. »

L’avis de l’Anses a été discuté au sein de la commission des produits chimiques et biocides le 29 juillet dernier. Le 21 août, les ministères chargés de l’écologie et de l’agriculture autorisaient par arrêté, à titre dérogatoire pendant 120 jours (jusqu’au 5 janvier 2014) l’utilisation du dioxyde de soufre pour la lutte contre le frelon asiatique et définissaient les mesures de prévention indispensables à une utilisation sûre de cette substance. L'arrêté a été publié le 7 septembre au Journal officiel.

« Ces travaux mettent en évidence que, par rapport aux alternatives identifiées, le dioxyde de soufre présente des dangers importants (toxicité aiguë par inhalation) pour les opérateurs lors de l’utilisation de la substances mais que cette substance présente un impact plus limité sur les milieux naturels (substances non rémanentes) ainsi que des avantages pour sa mise en œuvre (action sélective, traitement instantané) » ont annoncé aujourd'hui les ministères de l'Ecologie et de l'agriculture dans un communiqué commun.

Aux professionnels désormais d'obtenir une autorisation pérenne....

L'Unaf n'a pas tardé à réagir : « Les apiculteurs attendaient avec impatience l’autorisation de l’utilisation de ce produit et s’en réjouissent. Ils regrettent toutefois que cet arrêté ne soit pas paru plus tôt en saison et craignent que l’obligation de formation conditionnant son utilisation, toute indispensable qu’elle soit, ne retarde la destruction des nids au SO2. »

« Les pratiques de lutte contre le frelon asiatique développées par les apiculteurs et l’ensemble des citoyens concernés par cette question sont enfin reconnues par les pouvoirs publics, s'est de son côté félicité Richard Legrand, apiculteur en Dordogne, spécialiste de la question du frelon au sein de l’Unaf et auditionné par l’Anses. Cette reconnaissance permet d’éviter le recours aux insecticides de synthèse qui eux présentent un fort risque de toxicité pour l’environnement du fait de leur longue rémanence. » Reste aux opérateurs à se montrer prudents.

Les ministères leur laissent le soin désormais de « compléter l’évaluation de l’efficacité du produit et de ses risques pour la santé et l’environnement, afin d’obtenir une autorisation pérenne dans le cadre général de la réglementation biocide, au même titre que les autres substances » Le dioxyde de soufre sera-t-il la panacée contre le frelon asiatique ?

(1) Pour consulter l'avis de l'Anses, cliquez sur la pièce jointe ci-dessous.
bioc2013sa0110.pdf BIOC2013sa0110.pdf  (323.47 Ko)

Virginie Bhat


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